Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate Al-Fourqân (25) : versets 51-52]

51 – "Et si Nous avions voulu, Nous aurions suscité dans chaque bourgade un avertisseur."
52 – "Ne suis donc pas les mécréants ; et combats-les grâce à lui d’un grand combat."

Paroles du Très-Haut :

« Et si Nous avions voulu, Nous aurions suscité dans chaque bourgade un avertisseur » : c’est-à-dire un Messager chargé de les avertir. De même que Nous avons réparti la pluie, Nous aurions pu alléger pour toi les charges de la prophétie ; mais Nous ne l’avons pas fait. Nous t’avons établi avertisseur pour l’ensemble des hommes, afin que ton rang s’élève ; remercie donc Allâh pour la grâce qu’Il t’a accordée.

« Ne suis donc pas les mécréants » : ne leur obéis pas dans ce à quoi ils t’invitent, à savoir l’adoration de leurs idoles.

« Et combats-les grâce à lui » : Ibn ‘Abbâs a dit : par le Coran ; Ibn Zayd : par l’Islam. D’autres ont dit : par l’épée, mais cette opinion est éloignée, car la sourate est mecquoise et antérieure à l’ordre du combat armé.

« d’un grand combat » : un combat exempt de toute tiédeur.

[Sourate Al-Fourqân (25) : verset 53]

53 – « C’est Lui qui a laissé les deux mers se mêler : l’une, douce et agréablement potable, l’autre, salée et amère ; Il a placé entre elles une barrière et un obstacle infranchissable. »

Paroles du Très-Haut :

« C’est Lui qui a laissé les deux mers se mêler » : le discours revient à l’énumération des bienfaits. Le verbe « maraja » signifie : laisser libre, mêler, lancer.

Mujâhid a dit : Il les a mises en mouvement et l’une se répand dans l’autre.

Ibn ‘Arafa a commenté : « maraja al-bahrayni » – Il les a mélangées ; elles se rencontrent. On dit : « marajtuhu » lorsque je l’ai mêlé. « Maraja ad-dîn wal-amr » : la religion ou l’affaire est devenue confuse et agitée, d’où Sa parole : « dans une affaire confuse » (Q 50 : 5).

Il en est de même de la parole du Prophète – paix et salut sur lui – à ‘Abd Allâh b. ‘Amr b. al-‘Âs : « Lorsque tu verras les gens trahir leurs engagements, négliger leurs dépôts et se comporter ainsi et ainsi », puis il croisa ses doigts. Je lui demandai : « Que dois-je faire alors, qu’Allâh fasse de moi ta rançon ? » Il répondit : « Reste chez toi, maîtrise ta langue, tiens-toi à ce que tu connais et délaisse ce que tu désavoues ; préoccupe-toi exclusivement de toi-même et laisse l’affaire du commun. » Hadith rapporté par an-Nassâ’î, Abû Dâwûd et d’autres.

Al-Azharî a dit : « maraja al-bahrayni » – Il les a laissées libres ; on dit : « marajtu ad-dâbbata » lorsque je lâche la monture pour qu’elle paisse.

Tha‘lab a précisé : « al-marj » est le fait de faire couler, d’où « Il a fait couler les deux mers ».

Al-Akfash rapporte que certains disent « amara-ja al-bahrayni » avec le même sens que « maraja » ; les formes « fa‘ala » et « af‘ala » y sont équivalentes.

« Celle-ci est douce, très agréable à boire » : c’est-à-dire d’une extrême suavité.

[سورة الفرقان (٢٥) : الآيات ٥١ الى ٥٢] وَلَوْ شِئْنا لَبَعَثْنا فِي كُلِّ قَرْيَةٍ نَذِيراً (٥١) فَلا تُطِعِ الْكافِرِينَ وَجاهِدْهُمْ بِهِ جِهاداً كَبِيراً (٥٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَوْ شِئْنا لَبَعَثْنا فِي كُلِّ قَرْيَةٍ نَذِيراً) أَيْ رَسُولًا يُنْذِرُهُمْ كَمَا قَسَمْنَا المطر ليخف عَلَيْكَ أَعْبَاءُ النُّبُوَّةِ، وَلَكِنَّا لَمْ نَفْعَلْ بَلْ جَعَلْنَاكَ نَذِيرًا لِلْكُلِّ لِتَرْتَفِعَ دَرَجَتُكَ فَاشْكُرْ نِعْمَةَ اللَّهِ عَلَيْكَ. (فَلا تُطِعِ الْكافِرِينَ) أَيْ فِيمَا يَدْعُونَكَ إِلَيْهِ مِنْ اتِّبَاعِ آلِهَتِهِمْ. (وَجاهِدْهُمْ بِهِ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ بِالْقُرْآنِ. ابْنُ زَيْدٍ: بِالْإِسْلَامِ. وَقِيلَ: بِالسَّيْفِ، وَهَذَا فِيهِ بُعْدٌ، لِأَنَّ السُّورَةَ مَكِّيَّةٌ نَزَلَتْ قَبْلَ الْأَمْرِ بِالْقِتَالِ. (جِهاداً كَبِيراً) لا يخالطه فتور. [[سورة الفرقان (٢٥) : آية ٥٣]] وَهُوَ الَّذِي مَرَجَ الْبَحْرَيْنِ هَذَا عَذْبٌ فُراتٌ وَهذا مِلْحٌ أُجاجٌ وَجَعَلَ بَيْنَهُما بَرْزَخاً وَحِجْراً مَحْجُوراً (٥٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَهُوَ الَّذِي مَرَجَ الْبَحْرَيْنِ) عَادَ الْكَلَامَ إِلَى ذِكْرِ النِّعَمِ. وَ " مَرَجَ" خَلَّى وَخَلَطَ وَأَرْسَلَ. قَالَ مُجَاهِدٌ: أَرْسَلَهُمَا وَأَفَاضَ أَحَدَهُمَا فِي الْآخَرِ. قَالَ ابْنُ عَرَفَةَ: " مَرَجَ الْبَحْرَيْنِ" أَيْ خَلَطَهُمَا فَهُمَا يَلْتَقِيانِ، يُقَالُ: مَرَجْتُهُ إِذَا خَلَطْتُهُ. وَمَرَجَ الدِّينُ وَالْأَمْرُ اخْتَلَطَ وَاضْطَرَبَ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " فِي أَمْرٍ مَرِيجٍ" . وَمِنْهُ قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ عمرو بن العاصي «١» : " إِذَا رَأَيْتَ النَّاسَ مَرِجَتْ عُهُودُهُمْ وَخَفَّتْ أَمَانَاتُهُمْ وَكَانُوا هَكَذَا وَهَكَذَا" وَشَبَّكَ بَيْنَ أَصَابِعِهِ فَقُلْتُ لَهُ: كَيْفَ أَصْنَعُ عِنْدَ ذَلِكَ، جَعَلَنِي اللَّهُ فِدَاكَ! قَالَ: " الْزَمْ بَيْتَكَ وَامْلِكْ عَلَيْكَ لِسَانَكَ وَخُذْ بِمَا تَعْرِفُ وَدَعْ مَا تُنْكِرُ وَعَلَيْكَ بِخَاصَّةِ أَمْرِ نَفْسِكَ وَدَعْ عَنْكَ أَمْرَ الْعَامَّةِ" خَرَّجَهُ النَّسَائِيُّ وَأَبُو دَاوُدَ وَغَيْرُهُمَا. وَقَالَ الْأَزْهَرِيُّ: " مَرَجَ الْبَحْرَيْنِ" خَلَّى بَيْنَهُمَا، يُقَالُ مَرَجْتُ الدَّابَّةَ إِذَا خَلَّيْتُهَا تَرْعَى. وَقَالَ ثَعْلَبٌ: الْمَرْجُ الْإِجْرَاءُ، فَقَوْلُهُ: " مَرَجَ الْبَحْرَيْنِ" أَيْ أَجْرَاهُمَا. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: يَقُولُ قَوْمٌ أَمْرَجَ الْبَحْرَيْنِ مِثْلَ مَرَجَ فَعَلَ وَأَفْعَلَ بِمَعْنًى. (هَذَا عَذْبٌ فُراتٌ) أَيْ حُلْوٌ شديد العذوبة.
(١). الحديث في الفتنة.

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