Quinzièmement – Tout récipient propre convient pour faire les ablutions, à l’exception des récipients en or et en argent, car le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a interdit d’en faire usage. Et cela – Allah est Plus Savant – vise à empêcher l’imitation des peuples étrangers et des tyrans, et non point parce qu’il y aurait en eux quelque impureté. Celui qui accomplit ses ablutions dans l’un de ces deux récipients voit ses ablutions reconnues valides, mais il commet un péché du fait même de leur utilisation. D’aucuns ont toutefois soutenu que les ablutions accomplies dans l’un d’eux ne sont pas valides ; cependant, la première opinion est la plus répandue, ainsi que l’a rapporté Abû ‘Umar.
Tout cuir provenant d’un animal licitement égorgé est autorisé à l’usage, que ce soit pour les ablutions ou pour d’autres fins. Mâlik réprouvait néanmoins les ablutions dans un récipient fait de la peau d’une bête morte, même après tannage, et l’on trouve à ce propos plusieurs avis rapportés de lui. Cette question a déjà été évoquée dans le commentaire de la sourate « An-Naḥl » (note 1).
Parole d’Allah, Très-Haut : « afin que Nous fassions revivre, par elle, une contrée morte et que Nous en abreuvions, de ce que Nous avons créé, bétail et êtres humains en grand nombre » (verset 49).
(Linuhyiya bihi) : c’est-à-dire par la pluie.
(Baldatan maytan) : terre desséchée, frappée de sécheresse, dépourvue de végétation. Ka‘b a dit : « La pluie est l’âme de la terre, par laquelle Allah la fait revivre. » Le terme « maytan » – et non « mayyitatan » – est employé parce que les mots « balda » et « balad » partagent le même sens, ainsi que l’a expliqué Az-Zajjâj. D’autres ont précisé qu’il visait par « balad » l’endroit même.
(wa nusqiyahu) : la lecture courante est avec la nûn damma. ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, ‘Âṣim et al-A‘mach – d’après le récit d’al-Mufaḍḍal – ont lu « nasqiyahu » avec la nûn fatiḥa.
(mimmâ khalaqnâ an‘âman wa anâsiyya kathîran) : c’est-à-dire un grand nombre d’êtres humains. Le mot « anâsî » est le pluriel de « insî », à l’exemple du pluriel de « qarqûr » qui est « qarâqîr » ou « qarâqir », selon al-Akhfash, al-Mubarrid et l’un des deux avis d’al-Farrâ’. Il en a un second, à savoir que le singulier serait « insân », puis la nûn est remplacée par un yâ’, d’où « anâsî » ; l’original serait donc « anâsîn », comme « sirḥân » – « sarâḥîn », ou « bustân » – « basâtîn ». Le yâ’ se substitue ainsi à la nûn ; sur ce modèle on pourrait dire « sarâḥiyy », « basâtiyy », sans différence.
Al-Farrâ’ a également admis la forme « anâsî » avec allègement du yâ’ qui se trouve entre la troisième et la deuxième racine du verbe, de la même manière que « qarâqîr » et « qarâqir ». Le terme « kathîran » est utilisé, et non « kathîrîn », car la forme « fa‘îl » peut, à elle seule, exprimer l’idée de multiplicité, comme dans le verset : « … et quel excellent compagnon ils furent » (4 : 69).