L’eau n’est rendue impure par rien, si ce n’est par une souillure apparente qui y tombe ou qui y prédomine ; il n’y a donc pas lieu de s’attarder sur des récits ou des propos qui ne sont pas authentiquement établis. Et c’est d’Allah que vient le secours.
At-Tirmidhî a rapporté d’après Ibn ‘Abbâs, lequel a dit : « Maymûna m’a raconté : le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – et moi, nous nous lavions de la janâba dans un seul récipient. » Il a déclaré : « Ce hadith est bon et authentique. »
Al-Bukhârî a rapporté d’après ‘Â’isha : « Le Prophète – paix et salut sur lui – et moi, nous nous lavions dans un même récipient qu’on appelait “al-Faraq”¹. »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté d’après Ibn ‘Abbâs que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – se lavait avec l’eau restante de Maymûna.
At-Tirmidhî a encore rapporté d’après Ibn ‘Abbâs : « L’une des épouses du Prophète – paix et salut sur lui – se lava dans une cuvette. Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – voulut alors faire ses ablutions avec cette eau. Elle lui dit : “Ô Messager d’Allah, j’étais en état de janâba.” Il répondit : “L’eau ne contracte pas la janâba.” » Il ajouta : « Ce hadith est bon et authentique », et c’est également l’avis de Sufyân ath-Thawrî, Mâlik et ash-Shâfi‘î.
Ad-Dâraqutnî a rapporté par la voie de ‘Amra d’après ‘Â’isha – qu’Allah l’agrée – : « Le Prophète – paix et salut sur lui – et moi faisions nos ablutions dans un seul récipient qu’un chat avait auparavant touché. » Il dit : « Ce hadith est bon et authentique. »
Il est aussi rapporté d’un homme des Banû Ghifâr que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a interdit d’utiliser l’eau résiduelle de la purification d’une femme. Dans ce chapitre, on trouve également un hadith d’Abdullâh ibn Sarjis. Certains fuqahâ’ ont répugné à utiliser cette eau résiduelle ; c’est l’opinion d’Ahmad et d’Ishâq.
Quatorzièmement : Ad-Dâraqutnî rapporte d’après Zayd ibn Aslam, l’affranchi de ‘Umar ibn al-Khattâb, que ‘Umar faisait chauffer de l’eau dans une qomqoma² et se lavait avec. Il dit : « Cette chaîne de transmission est authentique. »
Il est rapporté encore d’après ‘Â’isha : « Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – entra chez moi tandis que j’avais fait chauffer de l’eau au soleil. Il dit : “Ne fais pas cela, ô Ḥumayrâ’, car cela provoque la lèpre.” » Ce hadith a été rapporté par Khâlid ibn Ismâ‘îl al-Makhzûmî, d’après Hishâm ibn ‘Urwa, d’après son père, d’après ‘Â’isha ; or il est abandonné (matrûk). Il a également été rapporté par ‘Amr ibn Muḥammad al-A‘sham, d’après Fulayḥ, d’après az-Zuhrî, d’après ‘Urwa, d’après ‘Â’isha : ce récit est désavoué (munkar) et nul ne l’a rapporté d’après Fulayḥ en dehors de lui, de sorte qu’il n’est pas authentique d’après az-Zuhrî, comme l’a précisé ad-Dâraqutnî.
¹ Al-Faraq : récipient d’une contenance d’environ seize rôtls.
² Qomqoma : récipient, généralement en cuivre, dans lequel on chauffe l’eau.