Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et le salut fut adressé à Asmâʾ, fille du Véridique, lorsque celle-ci l’interrogea au sujet du sang menstruel qui atteint le vêtement : « Gratte-le, puis frotte-le (énergiquement) et lave-le ensuite à l’eau. »

C’est donc pour cela que l’on n’a pas assimilé à l’eau un autre liquide ; car procéder ainsi reviendrait à annuler le bienfait (que représente l’eau). L’impureté n’est pas une réalité sensible pour que l’on dise : « Tout ce qui l’élimine suffit à atteindre l’objectif. » L’impureté est un jugement légal pour lequel le Législateur a désigné l’eau ; rien d’autre ne peut donc lui être adjoint, puisqu’aucun autre liquide ne partage sa nature. Car, si on lui associait autre chose, on annulerait (par là même) la prescription ; or, lorsqu’une branche, en étant rattachée à sa racine, aboutit à l’abolir, la branche s’effondre elle-même. C’est pour cette raison que le « Tadj as-Sunna », Dhu l-ʿIzz Ibn al-Murtadâ ad-Dabûsî, le qualifiait de « progéniture illégitime ».

Je dis : Quant aux textes invoqués pour permettre l’usage du nabîdh, il ne s’agit que de traditions chancelantes et faibles ; aucune d’entre elles ne se dresse sur ses pieds. Ad-Dâraqutnî les a rapportées, puis les a déclarées faibles et l’a mentionné explicitement. A également été jugé faible le propos attribué à Ibn ʿAbbâs (mawqûf) : « Le nabîdh tient lieu d’ablution à celui qui ne trouve pas d’eau », car sa chaîne comporte Ibn Muḥriz, narrateur abandonné. De même, ce qui est rapporté dʿAlî – selon quoi « il n’y a pas de mal à accomplir les ablutions avec du nabîdh » – repose sur al-Ḥajjâj et Abû Laylâ, deux transmetteurs faibles. Le hadith d’Ibn Masʿûd fut aussi tenu pour faible, car il est rapporté uniquement par Ibn Lahîʿa, faible en matière de hadith.

On rapporte dʿAlqama b. Qays qu’il dit : « J’ai demandé à ʿAbdullâh b. Masʿûd : L’un de vous a-t-il assisté le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – la nuit où l’Appelant des djinns vint à lui ? » Il répondit : « Non. » Or cette chaîne est authentique ; l’intégrité de ses narrateurs ne fait l’objet d’aucune divergence.

At-Tirmidhî a rapporté le hadith d’Ibn Masʿûd disant : Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – me demanda : « Qu’y a-t-il dans ton outre ? » Je répondis : « Du nabîdh. » Il dit : « C’est une bonne datte et une eau purifiante. » Puis il effectua ses ablutions avec. Abû ʿIsâ dit : Ce hadith n’a été rapporté que par Abû Zayd, d’après ʿAbdullâh, d’après le Prophète – paix et bénédictions sur lui. Or Abû Zayd est un homme inconnu des gens du hadith ; nous ne lui connaissons de narration que celle-ci. Certains savants ont autorisé les ablutions au nabîdh, tels Sufyân et d’autres. D’autres, cependant, les ont interdites ; c’est l’avis d’ash-Shâfiʿî, d’Ahmad et d’Ishâq. Ishâq dit : « Si un homme s’y voit contraint et se purifie au nabîdh, qu’il joigne à cela le tayammum ; cela m’est plus agréable. »

Abû ʿIsâ conclut : L’avis de ceux qui soutiennent qu’on ne se purifie pas au nabîdh est plus conforme au Livre et à la Sunna et plus pertinent, car Allâh – Très-Haut – a dit : « Si vous ne trouvez pas d’eau, recourez alors à une terre pure. »

وَالسَّلَامُ لِأَسْمَاءَ بِنْتِ الصِّدِّيقِ حِينَ سَأَلَتْهُ عَنْ دَمِ الْحَيْضِ يُصِيبُ الثَّوْبَ: " حُتِّيهِ ثُمَّ اقْرُصِيهِ ثُمَّ اغْسِلِيهِ بِالْمَاءِ" . فَلِذَلِكَ لَمْ يَلْحَقْ غَيْرُ الْمَاءِ بِالْمَاءِ لِمَا فِي ذَلِكَ مِنْ إِبْطَالِ الِامْتِنَانِ، وَلَيْسَتِ النَّجَاسَةُ مَعْنًى مَحْسُوسًا حَتَّى يُقَالَ كُلُّ مَا أَزَالَهَا فَقَدْ قَامَ بِهِ الْغَرَضُ، وَإِنَّمَا النَّجَاسَةُ حُكْمٌ شَرْعِيٌّ عَيَّنَ لَهُ صَاحِبُ الشَّرْعِ الْمَاءَ فَلَا يَلْحَقُ بِهِ غَيْرُهُ، إِذْ لَيْسَ فِي مَعْنَاهُ، وَلِأَنَّهُ لَوْ لَحِقَ بِهِ لا سقطه، وَالْفَرْعُ إِذَا عَادَ إِلْحَاقُهُ بِالْأَصْلِ فِي إِسْقَاطِهِ سَقَطَ فِي نَفْسِهِ. وَقَدْ كَانَ تَاجُ السُّنَّةِ ذو العز ابن الْمُرْتَضَى الدَّبُوسِيُّ يُسَمِّيهِ فَرْخُ زِنًى. قُلْتُ: وَأَمَّا مَا اسْتُدِلَّ بِهِ عَلَى اسْتِعْمَالِ النَّبِيذِ فَأَحَادِيثُ واهية، ضعاف لا يقوم شي مِنْهَا عَلَى سَاقٍ، ذَكَرَهَا الدَّارَقُطْنِيُّ وَضَعَّفَهَا وَنَصَّ عَلَيْهَا. وَكَذَلِكَ ضُعِّفَ مَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ مَوْقُوفًا " النَّبِيذُ وَضُوءٌ لِمَنْ لَمْ يَجِدِ الْمَاءَ" . فِي طَرِيقِهِ ابْنُ مُحْرِزٍ مَتْرُوكُ الْحَدِيثِ. وَكَذَلِكَ مَا رُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ أَنَّهُ قَالَ: لَا بَأْسَ بِالْوُضُوءِ بِالنَّبِيذِ. الْحَجَّاجُ وَأَبُو لَيْلَى ضَعِيفَانِ. وَضُعِّفَ حَدِيثُ ابْنِ مَسْعُودٍ وَقَالَ: تَفَرَّدَ بِهِ ابْنُ لَهِيعَةَ وَهُوَ ضَعِيفُ الْحَدِيثِ. وَذُكِرَ عَنْ عَلْقَمَةَ بْنِ قَيْسٍ قَالَ: قُلْتُ لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ: أَشَهِدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَحَدٌ مِنْكُمْ لَيْلَةَ أَتَاهُ دَاعِي الْجِنِّ؟ فَقَالَ لَا. قُلْتُ: هَذَا إِسْنَادٌ صَحِيحٌ لَا يُخْتَلَفُ فِي عَدَالَةِ رُوَاتِهِ. وَأَخْرَجَ التِّرْمِذِيُّ حَدِيثَ ابْنِ مَسْعُودٍ قَالَ: سَأَلَنِي النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " مَا فِي إداوتك «١» " فقلت: نبيذ. فقال: " تمرة طَيِّبَةٌ وَمَاءٌ طَهُورٌ" قَالَ: فَتَوَضَّأَ مِنْهُ. قَالَ أَبُو عِيسَى وَإِنَّمَا رُوِيَ هَذَا الْحَدِيثُ عَنْ أَبِي زَيْدٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأَبُو زَيْدٍ رَجُلٌ مَجْهُولٌ عِنْدَ أَهْلِ الْحَدِيثِ لَا نَعْرِفُ لَهُ رِوَايَةً. غَيْرَ هَذَا الْحَدِيثِ، وَقَدْ رَأَى بَعْضُ أَهْلِ الْعِلْمِ الْوُضُوءَ بِالنَّبِيذِ، مِنْهُمْ سُفْيَانُ وَغَيْرُهُ، وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ الْعِلْمِ: لَا يُتَوَضَّأُ بِالنَّبِيذِ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ وَأَحْمَدَ وَإِسْحَاقَ، وَقَالَ إِسْحَاقُ: إِنِ ابْتُلِيَ رَجُلٌ بِهَذَا فَتَوَضَّأَ بِالنَّبِيذِ وَتَيَمَّمَ أَحَبُّ إِلَيَّ. قَالَ أَبُو عِيسَى: وَقَوْلُ مَنْ يَقُولُ لَا يُتَوَضَّأُ بِالنَّبِيذِ أَقْرَبُ إِلَى الْكِتَابِ وَالسُّنَّةِ وَأَشْبَهُ، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَالَ: " فَلَمْ تَجِدُوا ماءً فَتَيَمَّمُوا صَعِيداً طَيِّباً"
(١). الإداوة (بالكسر): إناء صغير من جلد يتخذ للماء. [ ..... ]

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