Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La dixième question – L’imâm Mâlik et ses disciples n’ont opéré aucune distinction entre le cas où une impureté tombe dans l’eau et celui où l’on verse de l’eau sur une impureté, que l’eau soit stagnante ou courante. Ils se fondent sur la parole du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui : « L’eau n’est souillée par rien, hormis ce qui la domine au point d’en changer le goût, la couleur ou l’odeur. »

Les shâfi‘ites, eux, ont établi une différence : si l’impureté se déverse sur l’eau, celle-ci devient impure. Cette opinion a été choisie par Ibn al-‘Arabî, qui précise : « Parmi les principes de la Sharî‘ah relatifs aux règles de l’eau figure le fait que l’arrivée de l’impureté sur l’eau n’est pas comparable à l’arrivée de l’eau sur l’impureté. » Il cite à l’appui la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Lorsque l’un de vous se réveille de son sommeil, qu’il ne plonge pas sa main dans le récipient avant de l’avoir lavée trois fois, car nul ne sait où sa main a passé la nuit. » Il a donc interdit d’introduire la main dans l’eau et ordonné de faire venir l’eau sur la main. Voilà un principe remarquable dans ce domaine : sans que l’eau vienne sur l’impureté – fût-elle minime ou importante – il n’y aurait pas de purification possible.

Il est également établi du Prophète – paix et bénédictions sur lui – qu’il dit au sujet de l’urine du Bédouin dans la mosquée : « Versez dessus un seau (dhanoûb) d’eau. »

Notre shaykh Abû al-‘Abbâs a encore argumenté par le ḥadîth des « deux qullah » (environ deux jarres) : « Si l’eau est inférieure à deux qullah et qu’une impureté y parvient, elle devient impure même si elle n’en change pas les caractéristiques. Mais si cette même quantité arrive sur l’impureté et en fait disparaître la substance, l’eau demeure pure et l’impureté est éliminée. » Ceci constitue une contradiction, car dans les deux situations il y a mélange. Leur distinction entre l’arrivée de l’eau sur l’impureté et l’arrivée de l’impureté sur l’eau n’est qu’une différence formelle, sans fondement juridique ; la question ne relève pas du domaine des actes purement cultuels, mais de considérations rationnelles liées à l’élimination de l’impureté et à ses jugements.

Tout cela est réfuté par la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « L’eau est purifiante ; rien ne la rend impure si ce n’est ce qui en change la couleur, le goût ou l’odeur. »

Je dis : ce ḥadîth a été rapporté par ad-Dâraqutnî, d’après Rishdîn ibn Sa‘d Abû al-Ḥajjâj, d’après Mu‘âwiyah ibn Ṣâliḥ, d’après Râshid ibn Sa‘d, d’après Abû Umâmah al-Bâhilî et Thawbân, qu’ils attribuent au Prophète – paix et bénédictions sur lui –, sans toutefois mentionner la couleur. Ad-Dâraqutnî ajoute : « Personne ne l’a relié (marfû‘) au Prophète si ce n’est Rishdîn ibn Sa‘d par la voie de Mu‘âwiyah ibn Ṣâliḥ, et il n’est pas solide. »

Plus probant, pour l’argumentation, est ce qu’a rapporté Abû Usâmah, d’après al-Walîd ibn Kathîr, d’après Muḥammad ibn Ka‘b, d’après ‘Ubaydullâh ibn ‘Abdillâh ibn Râfi‘ ibn Khadîj, d’après Abû Sa‘îd al-Khuḍrî, lequel dit : « On demanda : Ô Messager d’Allah,…"

الْعَاشِرَةُ- لَمْ يُفَرِّقْ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ بَيْنَ الْمَاءِ تقع فيه النجاسة وبين النجاسة يرد عليه الْمَاءُ، رَاكِدًا كَانَ الْمَاءُ أَوْ غَيْرَ رَاكِدٍ، لِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " الماء لا ينجسه شي إِلَّا مَا غَلَبَ عَلَيْهِ فَغَيَّرَ طَعْمَهُ أَوْ لَوْنَهُ أَوْ رِيحَهُ" . وَفَرَّقَتِ الشَّافِعِيَّةُ فَقَالُوا: إِذَا وَرَدَتِ النَّجَاسَةُ: عَلَى الْمَاءِ تَنَجَّسَ، وَاخْتَارَهُ ابْنُ الْعَرَبِيِّ. وَقَالَ: مِنْ أُصُولِ الشَّرِيعَةِ فِي أَحْكَامِ المياه أَنَّ وُرُودَ النَّجَاسَةِ عَلَى الْمَاءِ لَيْسَ كَوُرُودِ الْمَاءِ عَلَى النَّجَاسَةِ، لِقَوْلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " إِذَا اسْتَيْقَظَ أَحَدُكُمْ مِنْ نَوْمِهِ فَلَا يَغْمِسْ يَدَهُ فِي الْإِنَاءِ حَتَّى يَغْسِلَهَا ثَلَاثًا فَإِنَّ أَحَدَكُمْ لَا يَدْرِي أَيْنَ بَاتَتْ يَدُهُ" . فَمَنَعَ مِنْ وُرُودِ الْيَدِ عَلَى الْمَاءِ، وَأَمَرَ بِإِيرَادِ الْمَاءِ عَلَيْهَا، وَهَذَا أَصْلٌ بَدِيعٌ فِي الْبَابِ، وَلَوْلَا وُرُودُهُ عَلَى النَّجَاسَةِ- قَلِيلًا كَانَ أَوْ كَثِيرًا- لَمَا طَهُرَتْ. وَقَدْ ثَبَتَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ فِي بَوْلِ الْأَعْرَابِيِّ فِي الْمَسْجِدِ: " صُبُّوا عَلَيْهِ ذَنُوبًا «١» مِنْ مَاءٍ" . قَالَ شَيْخُنَا أَبُو الْعَبَّاسِ: وَاسْتَدَلُّوا أَيْضًا بِحَدِيثِ الْقُلَّتَيْنِ، فَقَالُوا: إِذَا كَانَ الْمَاءُ دُونَ الْقُلَّتَيْنِ فَحَلَّتْهُ نَجَاسَةٌ تَنَجَّسَ وَإِنْ لَمْ تُغَيِّرْهُ، وَإِنْ وَرَدَ ذَلِكَ الْقَدْرُ فأقبل عَلَى النَّجَاسَةِ فَأَذْهَبَ عَيْنَهَا بَقِيَ الْمَاءُ عَلَى طَهَارَتِهِ وَأَزَالَ النَّجَاسَةَ وَهَذِهِ مُنَاقَضَةٌ، إِذِ الْمُخَالَطَةُ قَدْ حَصَلَتْ فِي الصُّورَتَيْنِ، وَتَفْرِيقُهُمْ بِوُرُودِ الْمَاءِ عَلَى النَّجَاسَةِ وَوُرُودِهَا عَلَيْهِ فَرْقٌ صُورِيٌّ لَيْسَ فيه من الفقه شي، فَلَيْسَ الْبَابُ بَابَ التَّعَبُّدَاتِ بَلْ مِنْ بَابِ عَقْلِيَّةِ الْمَعَانِي، فَإِنَّهُ مِنْ بَابِ إِزَالَةِ النَّجَاسَةِ وَأَحْكَامِهَا. ثُمَّ هَذَا كُلُّهُ مِنْهُمْ يَرُدُّهُ قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: " الْمَاءُ طَهُورٌ لَا يُنَجِّسُهُ شي إِلَّا مَا غَيَّرَ لَوْنَهُ أَوْ طَعْمَهُ أَوْ رِيحَهُ" . قُلْتُ: هَذَا الْحَدِيثُ أَخْرَجَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ عَنْ رِشْدِينَ بْنِ سَعْدٍ أَبِي الْحَجَّاجِ عَنْ مُعَاوِيَةَ بْنِ صَالِحٍ عَنْ رَاشِدِ بْنِ سَعْدٍ عَنْ أبى أمامة البالهى وَعَنْ ثَوْبَانَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَلَيْسَ فِيهِ ذِكْرُ اللَّوْنِ. وَقَالَ: لَمْ يَرْفَعْهُ غَيْرُ رِشْدِينَ بْنِ سَعْدٍ عَنْ مُعَاوِيَةَ بْنِ صَالِحٍ وَلَيْسَ بِالْقَوِيِّ، وَأَحْسَنُ مِنْهُ فِي الِاسْتِدْلَالِ مَا رَوَاهُ أَبُو أُسَامَةَ عَنِ الْوَلِيدِ بْنِ كَثِيرٍ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ كَعْبٍ عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ رَافِعِ بْنِ خَدِيجٍ عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ قَالَ قيل: يا رسول الله،
(١). الذنوب (بالفتح): الدلو.

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