Il (l’imam en question) ordonna alors que l’on obture (l’ouverture) du Rukn avec des étoffes coptes raffinées et des manteaux brodés, jusqu’à ce qu’ils eussent entièrement puisé l’eau ; lorsqu’ils eurent fini de l’épuiser, la source se remit aussitôt à jaillir.
Ad-Dâraquṭnî rapporte également d’après Abû ṭ-Ṭufayl qu’un jeune garçon était tombé dans le puits de Zamzam et que l’on en avait donc retiré l’eau. Il se peut que, dans ce cas, l’eau se fût altérée – Allah est plus Savant.
Shuʿbah rapporte de Mughîrah, d’après Ibrâhîm, que celui-ci disait : « Toute créature ayant du sang qui s’écoule (quand on la saigne) rend l’eau impropre aux ablutions lorsqu’elle y meurt. Néanmoins, il a été accordé une dispense concernant les scarabées, les scorpions, les sauterelles et les grillons lorsque ceux-ci tombent dans les outres ; il n’y a alors aucun inconvénient à utiliser cette eau. »
Shuʿbah ajouta : « Il me semble qu’il mentionna aussi le lézard des murs. » Ce récit a été transmis par ad-Dâraquṭnî – Ḥusayn ibn Ismâʿîl nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn al-Walîd nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, disant : Shuʿbah… puis il en donna le détail.
Huitièmement : La majorité des Compagnons, des jurisconsultes des différents centres d’apprentissage, ainsi que l’ensemble des tabiʿîn du Ḥijâz et de l’Irak, estiment que l’eau dont le chat a bu est pure et qu’il n’y a aucun mal à faire les ablutions avec le reste de sa boisson, conformément au ḥadith d’Abû Qatâdah, rapporté par Mâlik et d’autres. Un avis contraire est toutefois rapporté d’Abû Hurayrah. ʿAṭâʾ ibn Abî Rabâḥ, Saʿîd ibn al-Musayyab et Muḥammad ibn Sîrîn ont, quant à eux, ordonné de jeter l’eau où le chat a bu et de laver le récipient ; les propos rapportés de al-Ḥasan à ce sujet divergent, ce qui peut s’expliquer par le fait qu’il aurait constaté une souillure dans la gueule de l’animal, ce qui concilie les deux versions.
At-Tirmidhî, après avoir cité le ḥadith selon la voie de Mâlik, déclara : « Ont également rapporté (sur ce sujet) ʿÂʾishah et Abû Hurayrah ; ce ḥadith est bon et authentique. C’est l’avis de la plupart des gens de science parmi les Compagnons du Prophète – paix et salut sur lui –, des tabiʿîn et de ceux qui leur ont succédé, tels que ash-Shâfiʿî, Aḥmad et Isḥâq ; ils ne voyaient aucun inconvénient à utiliser le reste de boisson du chat. C’est le meilleur texte existant dans ce chapitre ; Mâlik l’a parfaitement transmis de Isḥâq ibn ʿAbdillâh ibn Abî Ṭalḥah, et nul ne l’a rapporté de manière plus complète que Mâlik. »
Al-Ḥâfiẓ Abû ʿUmar dit : « Lorsque surgissent divergence et désaccord, la preuve décisive est la Sunna du Messager d’Allah – paix et salut sur lui ; or il est avéré, d’après le ḥadith d’Abû Qatâdah, qu’il pencha le récipient pour que le chat boive. C’est là-dessus que se fondent les jurisconsultes de toutes les contrées, à l’exception d’Abû Ḥanîfah et de ceux qui partagent son avis, car il jugeait répréhensible le reste de boisson du chat. Il disait toutefois : « Si quelqu’un fait ses ablutions avec cette eau, cela est valable. » Je ne connais pas d’argument plus solide pour ceux qui réprouvent les ablutions avec le reste de boisson du chat que le fait qu’ils n’ont pas eu connaissance du ḥadith d’Abû Qatâdah et qu’ils ont reçu le ḥadith d’Abû Hurayrah concernant le chien, assimilant dès lors le chat à celui-ci, alors que la Sunna distingue clairement entre les deux dans ce domaine.»