« As-Sabt » désigne l’interruption ; ainsi, le sommeil est une coupure d’avec toute occupation, et c’est de là que vient le « Sabbat » des Juifs, en raison de l’arrêt de leurs travaux durant ce jour.
On a également dit : « As-Sabt » signifie le fait de demeurer en un lieu ; dès lors, le « subât» correspond à une forme de quiétude et de stabilité. Le sommeil est donc qualifié de « subât » en ce sens qu’il constitue un apaisement, un arrêt du mouvement et de l’agitation.
Al-Khalîl a, pour sa part, défini le « subât » comme un sommeil profond ; autrement dit : « Nous avons fait de votre sommeil un sommeil lourd afin que la détente et le repos soient complets. »
Quatrième point : Sa parole – Exalté soit-Il – :
« Et Il a fait du jour une résurrection (nushûr) »
renvoie à la dispersion des gens pour leurs moyens de subsistance ; le jour est ainsi la cause de la « revivification » par la sortie et la diffusion. L’état d’éveil y est comparé à la résurrection qui succède à la mort.
Lorsque le Prophète – paix et salut sur lui – se levait le matin, il disait : « Louange à Allâh qui nous a rendus la vie après nous avoir fait mourir, et c’est vers Lui que se tient la résurrection. »
[Coran, 25 : 48]
« Et c’est Lui qui a envoyé les vents comme annonciateurs, précédant Sa miséricorde, et Nous avons fait descendre du ciel une eau “tahûr” (d’une pureté parfaite). »
Sa parole – Exalté soit-Il – :
« Et c’est Lui qui a envoyé les vents comme annonciateurs précédant Sa miséricorde »
a été exposée en détail dans la sûrah « Al-Aʿrâf ».
Puis Il dit :
« Et Nous avons fait descendre du ciel une eau “tahûr”. »
Cette portion comporte quinze questions :
Premièrement : Sa parole :
« une eau “tahûr” »
– c’est-à-dire une eau avec laquelle on se purifie, tout comme on dit « wudûʾ » pour l’eau servant aux ablutions. Tout « tahûr » est pur en soi, alors que tout liquide pur n’est pas forcément « tahûr ». Le terme « ṭahûr » (avec un a ouvert) est un nom, de même que « wuḍûʾ » et « wuqûd » ; lorsqu’il est prononcé avec la ḍamma, il devient un nom d’action (maṣdar). C’est là l’usage reconnu en langue arabe, comme l’a précisé Ibn al-Anbârî.
Il ressort de ces explications que l’eau descendue du ciel est, par essence, pure et purificatrice pour d’autres, car la forme « faʿûl » sert ici d’intensif de « ṭâhir » ; cette emphase implique donc qu’elle est, à la fois, pure et apte à purifier. Tel est l’avis de la majorité des savants.
D’aucuns ont toutefois soutenu que le terme « ṭahûr » signifie simplement « pur » ; c’est notamment l’opinion d’Abû Ḥanîfa, laquelle s’appuie sur la parole divine :
« Et leur Seigneur les abreuvera d’une boisson “ṭahûr”. »
Autrement dit : une boisson pure.