Parole du Très-Haut :
« N’as-tu pas vu vers ton Seigneur comment Il a étendu l’ombre ? »
Cette « vision » peut relever de la vue de l’œil, comme elle peut relever de la science intérieure.
Al-Hassan, ainsi que d’autres, ont dit : « Il a étendu l’ombre depuis l’apparition de l’aube jusqu’au lever du soleil. »
D’autres ont affirmé qu’elle s’étend du coucher du soleil jusqu’à son lever. La première opinion est la plus juste, et la preuve en est qu’il n’existe pas d’heure plus agréable que celle-là : le malade y goûte le réconfort, le voyageur également, ainsi que toute personne éprouvée. C’est durant cet instant que les âmes des morts sont rendues à leurs corps et que les âmes des vivants s’apaisent. Cette particularité n’existe plus après le crépuscule.
Abû Al-‘Âliyah a dit : « Le jour du Paradis est ainsi », et il désigna l’heure où l’on accomplit la prière de l’aube.
Abû ‘Ubaydah a déclaré : « On appelle zill (ombre) celle du matin, et fey’ celle de l’après-midi, parce qu’elle revient après le déclin du soleil ; on l’a nommée fey’ parce qu’elle revient (fâ’a) de l’Orient vers le côté de l’Occident. »
Le poète Humayd ibn Thur, décrivant un grand arbre — allusion à une femme — a dit :
« Tu ne saurais supporter la fraîcheur de l’ombre au cœur de la matinée,
Ni goûter la douceur du fey’ dans la fraîcheur du soir. »
Ibn as-Sikkît a dit : « Le zill est l’ombre que le soleil efface, tandis que le fey’ est ce qui efface le soleil. »
Abû ‘Ubaydah rapporte, d’après Ru’yah : « Tout endroit où le soleil s’est trouvé puis qu’il a quitté relève du fey’, et tout ce sur quoi le soleil n’a jamais brillé est un zill. »
« Et s’Il avait voulu, Il l’aurait rendu immobile » : c’est-à-dire permanent, fixe, que le soleil n’effacerait jamais.
Ibn ‘Abbâs a dit : « C’est-à-dire jusqu’au Jour de la Résurrection. »
On a également dit : le sens est : « S’Il avait voulu, Il aurait empêché le soleil de se lever. »
« Puis Nous avons fait du soleil un indice à son sujet » : Nous avons fait du soleil, par le fait qu’il dissipe l’ombre lorsqu’il paraît, un indicateur montrant que l’ombre est une chose distincte et réelle, car les choses se connaissent par leurs contraires : sans le soleil, on n’aurait pas connu l’ombre, et sans la lumière, on n’aurait pas connu l’obscurité. Le terme dalîl, de la forme fa‘îl, est ici au sens d’« agent ».
Il a aussi été dit qu’il est au sens de « patient », comme qatîl (tué), dahîn et khadîb ; c’est-à-dire : Nous avons fait en sorte que le soleil indique l’ombre jusqu’à ce qu’il la fasse disparaître — Nous l’avons donc fait suivre le soleil. Le soleil est ainsi un indice, c’est-à-dire une preuve et un argument qui dévoile ce qui est obscur et le clarifie. Le mot dalîl n’a pas été féminisé, bien qu’il qualifie le soleil, parce qu’il est employé comme un nom, tout comme on dit : « Le soleil est un argument », « le soleil est vérité. »
« Ensuite Nous la saisissons » : il s’agit de cette ombre étendue.
« Vers Nous, d’une saisie aisée » : c’est-à-dire qu’il Nous est facile de la faire disparaître ; toute affaire relevant de notre Seigneur est aisée. Ainsi, l’ombre subsiste dans cette atmosphère durant la période correspondant au lever