Selon al-Thaʿlabî et d’autres exégètes :
« Et de nombreuses générations entre tout cela » – c’est-à-dire des peuples qu’Allah seul connaît, situés entre le peuple de Noé, ʿÂd, Ṯamûd et les Compagnons du Rass.
On rapporte de Rabîʿ b. Khayṯam qu’il tomba malade. On lui dit : « Ne veux-tu pas te soigner, alors que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – l’a recommandé ? » Il répondit : « J’y ai pensé, puis j’ai réfléchi en moi-même : ʿÂd, Ṯamûd, les Compagnons du Rass et tant d’autres générations, bien plus nombreuses que nous et bien plus avides d’amasser les richesses, comptaient parmi eux des médecins ; pourtant ni celui qui prescrivait ni celui à qui l’on prescrivait n’ont survécu. » Il refusa donc de se soigner et ne vécut que cinq jours avant de mourir – qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Sourate al-Furqân (25), verset 39]
« À chacun Nous avons proposé des paraboles et chacun Nous l’avons entièrement anéanti. »
Parole du Très-Haut :
« À chacun Nous avons proposé des paraboles. » Az-Zajjâj dit : c’est-à-dire : Nous avons averti chacun d’eux, Nous lui avons exposé les exemples et Nous lui avons clairement établi la preuve, sans recourir à des paraboles fallacieuses comme le font ces mécréants.
On a également dit que le terme est au cas accusatif par ellipse : « Nous avons rappelé chacun », car frapper des paraboles est un rappel et une exhortation – propos rapportés par al-Mahdawî. Le sens reste identique.
« Et chacun Nous l’avons anéanti d’un anéantissement total » : c’est-à-dire que Nous les avons fait périr par le châtiment. « Tabbartu la chose » signifie : je l’ai brisée.
Al-Mu’arrij et al-Akhfash ont dit : « Nous les avons détruits d’une destruction complète » ; la lettre tâ’ et la bâ’ tiennent ici la place du dâl et du mîm.
[Sourate al-Furqân (25), verset 40]
« Ils sont bien passés par la cité sur laquelle fut déversée une pluie funeste ; ne la voyaient-ils donc pas ? Au contraire, ils n’espéraient pas de résurrection. »
Parole du Très-Haut :
« Et ils sont bien passés par la cité » : c’est-à-dire les polythéistes de La Mecque. La cité est celle du peuple de Loth.
« La pluie funeste » : les pierres dont ils furent abreuvés.
« Ne la voyaient-ils donc pas ? » – lors de leurs voyages, afin qu’ils méditent.
Ibn ʿAbbâs a dit : Qurayš, dans ses caravanes commerciales vers le Šâm, passait par les cités du peuple de Loth, comme Allah – Très-haut – l’a dit : « Vous passez certes par elles au petit matin », et : « Les deux se trouvent sur une voie bien visible », comme cela a été mentionné.
« Au contraire, ils n’espéraient pas de résurrection » : c’est-à-dire qu’ils ne croyaient pas au relèvement des morts. Il est aussi possible que « espérer » prenne ici le sens de « craindre ».
On peut également conserver le sens premier, signifiant : au contraire, ils n’espéraient pas la récompense de l’au-delà.