Sourate al-Furqân (25) – versets 27 à 29
- Et le Jour où l’injuste se mordra les deux mains, il dira : « Hélas pour moi ! Que n’ai-je pris, avec le Messager, un chemin ! »
- « Malheur à moi ! Si seulement je n’avais pas pris Un-tel pour intime ami ! »
- « Il m’a assurément écarté du Rappel après qu’il me soit parvenu ; et le Diable s’est toujours montré, pour l’homme, délaissant (traître). »
Paroles du Très-Haut :
« Et le Jour où l’injuste se mordra les deux mains… »
Le passé du verbe est ʿaḍaḍtu ; al-Kisâʾî rapporte la vocalisation ʿaḍaḍtu, avec l’ouverture de la première ḍâd.
Une indication venue des exégètes – parmi eux Ibn ʿAbbâs et Saʿîd b. al-Musayyib – veut que « l’injuste » désigne ici ʿUqbah b. Abî Muʿayṭ, et que son compagnon intime (khalîl) soit Umayyah b. Khalaf. ʿUqbah fut mis à mort par ʿAlî b. Abî Tâlib – qu’Allâh l’agrée – : il se trouvait parmi les prisonniers de la bataille de Badr, et le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – ordonna son exécution.
Il protesta : « Serais-je tué alors que les autres sont épargnés ? » Le Prophète répondit : « Oui, à cause de ta mécréance et de ton arrogance. » Il demanda : « Qui veillera sur mes enfants ? » – « Le Feu », répondit le Prophète. ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – se leva alors et l’exécuta.
Quant à Umayyah, c’est le Prophète – paix et bénédictions sur lui – qui le tua. Ceci constitue un signe manifeste de la prophétie : il avait annoncé leur sort, et tous deux furent effectivement tués dans la mécréance. Le verset ne les nomme pas, car l’enseignement en devient plus général : tel est le destin de tout injuste qui suit autrui dans la désobéissance à Allâh, exalté soit-Il.
Ibn ʿAbbâs, Qatâdah et d’autres précisent que ʿUqbah envisageait d’embrasser l’islam, mais qu’Ubayy b. Khalaf l’en détourna ; les deux hommes étaient des compagnons inséparables. Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – les tua l’un et l’autre : ʿUqbah fut exécuté prisonnier le jour de Badr, et Ubayy b. Khalaf périt en duel le jour d’Uḥud – ainsi le rapportent al-Qushayrî et ath-Thaʿlabî, et an-Naḥḥâs confirme la première version.
As-Suhaylî dit : Le propos divin « le Jour où l’injuste se mordra les deux mains » vise ʿUqbah b. Abî Muʿayṭ. Il était l’ami intime d’Umayyah b. Khalaf al-Jumaḥî – certaines variantes parlent d’Ubayy b. Khalaf, frère d’Umayyah. ʿUqbah prépara un banquet, invita Qurayš au complet et convia le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui. Celui-ci refusa d’y venir avant qu’ʿUqbah ne se convertisse. Or, ʿUqbah répugnait à ce qu’aucun des notables de Qurayš ne prît part à son festin ; il embrassa donc l’islam et prononça les deux attestations. Le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – vint alors et mangea de son repas.
À son retour, son ami intime, Umayyah (ou Ubayy) b. Khalaf, le lui reprocha. ʿUqbah expliqua : « J’ai trouvé inconvenant qu’un homme de l’élite de Qurayš ne participe pas à mon repas. » Son ami lui rétorqua : « Je ne serai satisfait que si tu renies, que tu craches au visage du Prophète, que tu piétines sa nuque et que tu prononces telles et telles paroles. » Et ʿUqbah s’exécuta