On a dit : il s’agit de l’arrivée des anges ; Allah – qu’Il soit exalté – en a fait le récit en se plaçant Lui-même au rang de sujet de l’action.
« Nous l’avons alors réduit en poussière éparpillée » : c’est-à-dire qu’il n’en résulte aucun profit ; nous l’avons rendu caduc par la mécréance. Le mot « habâ’an » n’appartient pas à l’origine aux termes comportant un hamza ; celui-ci n’a été introduit qu’en raison de la rencontre de deux consonnes muettes. Son diminutif est « hubayy-un », au nominatif. Certains grammairiens disent « hubayy-u » (au même cas), comme le rapporte an-Nahhâs. Son singulier est « habâtun » et son pluriel « ahbâ’un ».
Al-Hârith ibn Hillizah, décrivant une chamelle, a dit :
« Tu vois derrière elle, soulevé par le retour de ses pas et le choc de ses sabots,
un nuage ténu comme si c’étaient des particules de poussière. »
Al-Hârith rapporte d’après ‘Alî – qu’Allah l’agrée – que « l’habâ’ dispersé » désigne les rayons du soleil qui pénètrent à travers l’ouverture d’un toit.
Al-Azhari ajoute : l’habâ’ est ce qui apparaît dans la lumière solaire entrant par une lucarne, semblable à de fines particules de poussière.
L’interprétation est donc qu’Allah, Très-Haut, a anéanti leurs œuvres jusqu’à ce qu’elles soient devenues semblables à cette poussière dissipée.
Quant à « l’habâ’ éparpillé », c’est la poussière soulevée par les sabots des chevaux ; « munbathth » signifie « dispersé ».
Ibn ‘Arafah dit : « al-habwah » et « al-habâ’ » désignent la poussière très fine.
Al-Jawharî précise : lorsque cette poussière s’élève, on dit « habâ yahbu habwan » ; et l’on dit aussi « ahbaytuhu » (je l’ai fait s’élever). « Al-habwah », c’est la poussière légère.
Rou’bah a dit :
« Ses repères nous apparaissent après le reflux,
au travers de la réverbération et des nuages de poussière fine. »
On parle également d’un lieu « hâbî-t-turâb », c’est-à-dire dont la terre est aussi légère et subtile que l’habâ’.
Selon une autre opinion, il s’agit de ce que les vents emportent des feuilles desséchées des arbres – avis rapporté de Qatâdah et d’Ibn ‘Abbâs.
Ibn ‘Abbâs a également dit : il s’agit de l’eau répandue.
D’aucuns ont soutenu qu’il s’agit de la cendre, avis attribué à ‘Ubayd ibn Ya‘lâ.
Parole du Très-Haut :
« Ceux qui seront les gens du Paradis, ce jour-là, seront meilleurs quant à la demeure et plus agréables quant au lieu de repos. »
Nous avons déjà traité cette question au verset : « Dis : Est-ce cela qui est meilleur, ou bien le Jardin d’éternité qui a été promis aux pieux ? »
An-Nahhâs dit : les Koufiens jugent recevable l’expression : « Le miel est plus doux que le vinaigre » ; or cette opinion est rejetée, car le sens de « untel est meilleur qu’untel » est qu’il possède davantage de bien que lui, alors qu’il n’existe aucune douceur dans le vinaigre.
De même, il n’est pas permis de dire : « Le chrétien est meilleur que le juif », car il n’y a aucun bien en l’un ou l’autre qui permettrait de dire que l’un excéderait l’autre en bien ; on dira plutôt : « Le juif est plus mauvais… »