Jusqu’à Sa parole : « … ou que tu fasses venir Allah et les anges face à nous ».
Allah – Très-Haut – dit :
« Ils se sont, certes, enflés d’orgueil en eux-mêmes et se sont livrés à une arrogance extrême. »
Ils ont, en effet, demandé à Allah l’excès même, car les anges ne se voient que lors de l’agonie ou à la descente du châtiment, tandis qu’Allah – exalté soit-Il – n’est point atteint par les regards, alors que Lui embrasse tous les regards ; nul œil ne Le voit.
Muqâtil a dit : « ʿataw » signifie : ils se sont élevés (par orgueil) sur terre. Le « ʿutuww » est la forme la plus grave de la mécréance et la plus odieuse des injustices. S’ils ne se satisfont pas des miracles déjà manifestés, de ce Coran même, comment se contenteraient-ils de (la vue de) anges ? D’autant qu’ils ne sauraient les distinguer des démons et qu’il leur faudrait encore un prodige par lequel celui qui prétend être un ange prouverait sa prétention, alors qu’aucune nouvelle preuve ne leur est due après qu’ils ont vu la précédente.
Quant à Sa parole : « Le Jour où ils verront les anges, point ce jour-là de bonne nouvelle pour les criminels », elle signifie que personne ne voit les anges si ce n’est à l’instant de la mort ; ils annoncent alors aux croyants le Paradis, tandis qu’ils frappent les associateurs et les mécréants de massues de fer jusqu’à ce que leurs âmes s’arrachent.
« Et (les anges) diront : ḥijran maḥjûrâ », c’est-à-dire : « Interdit, strictement interdit, d’entrer au Paradis, sauf pour celui qui aura proclamé : “La ilâha illallâh” et observé ses prescriptions », d’après Ibn ʿAbbâs et d’autres.
On a également dit que cela se produira le Jour de la Résurrection ; c’est l’avis de Mujâhid et de ʿAṭiyya al-ʿAwfî. ʿAṭiyya a dit : « Le Jour de la Résurrection, l’ange vient au croyant avec l’heureuse annonce ; lorsque le mécréant voit cela, il la convoite, mais aucun ange ne la lui apporte. »
L’expression « le Jour où ils verront » est à l’accusatif par l’implicite : « Il n’y aura pas de bonne nouvelle pour les criminels le Jour où ils verront les anges ». « Ce jour-là » vient confirmer « le Jour où ils verront ».
An-Naḥḥâs dit : il n’est pas admissible que « le Jour où ils verront » soit régi par « bushrâ », car ce qui est inclus dans une tournure négative n’agit pas sur ce qui précède. Le sens implicite est plutôt : « Ils seront privés de l’heureuse annonce le Jour où ils verront les anges » ; l’ellipse est indiquée par ce qui suit.
Il est également permis d’entendre : « Il n’existe aucune bonne nouvelle le Jour où ils verront les anges », et « ce jour-là » sert alors de confirmatif.
Ou encore : l’intention est : « Rappelle (toi) le Jour où ils verront les anges », puis débute l’énoncé : « Ce jour-là, point de bonne nouvelle pour les criminels, et (les anges) diront : ḥijran maḥjûrâ », c’est-à-dire : « Interdiction absolue que l’heureuse annonce leur parvienne, sauf aux croyants. »
Ainsi le poète a dit :
« Ne vois-tu pas qu’Asmâ’ est devenue un sanctuaire inviolable,
et que le plus proche de ses remparts est devenu une protection ? »
Il voulait dire : « Asmâ’ est désormais un espace sacré, strictement interdit. »