«Il fit marcher les troupeaux vers les abreuvoirs de la nappe d’eau, recherchant… des chamelles encore jeunes, dont certaines étaient rétives, d’autres propres à la monte.»
Kacb ibn Zuhayr a dit :
«Devant lui, les fauves du vaste désert demeurent tapies, immobiles,
… et nul piéton n’ose parcourir ses vallées.»
— le verbe «tamshî» a ici le sens de «marcher».
Troisièmement : ce verset constitue un fondement qui légitime le recours aux causes secondes et la quête de subsistance par le commerce, l’artisanat et toute autre activité licite. Nous avons déjà abordé cette idée en plusieurs endroits, mais nous nous contenterons ici de ce qui est suffisant.
Un des cheikhs de notre époque me dit un jour, au cours d’une discussion : «Les prophètes — paix sur eux — n’ont été envoyés que pour instituer les causes (al-asbâb) au profit des faibles.»
Je lui répondis : «Cette parole ne peut émaner que d’ignorants obtus, de gens frustes et sots, ou d’un contempteur du Livre et de la Sublime Sunna. En effet, Allah — Très-Haut — a fait savoir dans Son Livre que Ses élus, Ses messagers et Ses prophètes recouraient aux causes et exerçaient des métiers. Il — et Sa parole est vérité — a dit :
«Nous lui avons enseigné la manufacture des cuirasses pour vous.» (21 : 80)
Et Il a dit :
«Nous n’avons envoyé avant toi aucun messager qui ne mangeât de la nourriture et ne circulât dans les marchés.» (25 : 20)
Les ulémas ont commenté : c’est-à-dire qu’ils commerçaient et exerçaient des professions.
Le Prophète — prières et salut sur lui — a dit : «Mon soutien (rizq) a été placé sous l’ombre de ma lance.»
Et Allah — Très-Haut — dit encore : «Mangez donc de ce que vous avez acquis en butin, licite et agréable.» (8 : 69)
Les Compagnons — qu’Allah les agrée — commerçaient, travaillaient de leurs mains et faisaient fructifier leurs biens ; et ils combattaient ceux des mécréants qui leur étaient hostiles. Les tiendriez-vous pour faibles ? Par Allah, ils étaient bel et bien les forts, et les pieux successeurs ont pris modèle sur eux ; leur voie est celle de la guidée et de la rectitude.
Il (le cheikh) répliqua : «Ils n’y ont eu recours que parce qu’ils sont les imams auxquels on s’attache ; ils l’ont donc fait directement en considération des faibles, mais, pour eux-mêmes, non.» Et de citer, pour étayer son propos, les Gens du Suffa.
Je répondis : «Si tel avait été le cas, il aurait incombé à ces Compagnons, et au Messager avec eux, d’en fournir l’explication, conformément à ce qui est établi dans le Coran :
«Nous avons fait descendre vers toi le Rappel afin que tu exposes clairement aux gens ce qui leur a été révélé.» (16 : 44)
Et Il dit : «Ceux qui cachent ce que Nous avons fait descendre de preuves évidentes et de guidée…» (2 : 159) — or ceci fait partie des éclaircissements de la guidée.
Quant aux Gens du Suffa, ils étaient, en réalité, les hôtes de l’Islam.»