« … le sésame. »
Ce passage est cité par Razîn dans son ouvrage et authentifié par Ibn al-‘Arabî dans son Qabas. Il explique : « C’est-à-dire que ce cou de feu distinguera les criminels des autres créatures dans la connaissance, tout comme l’oiseau sépare la graine de sésame de la poussière. »
At-Tirmidhî l’a rapporté d’après Abû Hurayra — qu’Allâh l’agrée — qui a dit que le Messager d’Allâh, paix et bénédictions d’Allâh sur lui, a déclaré :
« Au Jour de la Résurrection, un cou surgira du Feu ; il aura deux yeux qui voient, deux oreilles qui entendent et une langue qui parle en disant : “Il m’a été confié trois catégories : tout tyran orgueilleux, quiconque a invoqué avec Allâh une autre divinité, et les faiseurs d’images.” »
Sur ce sujet, on rapporte également un hadith d’Abû Sa‘îd. Abû ‘Isâ (at-Tirmidhî) dit : « Ce hadith est bon, rare et authentique. »
Al-Kalbî commente : « Ils entendront de l’Enfer un grondement semblable à la colère des fils d’Adam et un cri comparable au braiement de l’âne. »
D’aucuns soutiennent qu’il y a dans le verset une inversion : il faut comprendre : « Ils entendront son halètement (zafîr) et saisiront sa fureur (taghayyuz). »
Qutrub dit : « La fureur ne s’entend pas, elle se voit. » Le sens est donc : « Ils verront sa fureur et entendront son halètement. »
Le poète dit en ce sens :
« Et j’ai vu ton époux, parmi les hommes,
ceint d’une épée et (portant) une lance. »
D’autres expliquent : « Sami‘û lahâ » signifie « en elle » ; ils entendront dans la Géhenne la fureur et le halètement réservés aux suppliciés, comme le Très-Haut dit : « Ils y auront un halètement et un râle. » Les prépositions « fî » (dans) et « lâm » se rapprochent ; l’on dit : « Je fais cela fî-Llâh (pour Allâh) » ou « li-Llâh (pour Allâh). »
Parole d’Allâh, Exalté soit-Il :
« Et lorsqu’ils y seront jetés en un lieu étroit, enchaînés les uns aux autres… »
Qatâda rapporte qu’Abd Allâh disait : « La Géhenne se resserrera sur le mécréant comme la douille de fer (az-zajj) se resserre sur la hampe de la lance. » Ibn al-Mubârak le mentionne dans ses Raqâ-iq. Ibn ‘Abbâs a tenu le même propos, comme l’ont rapporté ath-Tha‘labî et al-Qushayrî, et al-Mâwardî l’a cité d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr.
Le terme « muqarranîn » signifie « ligotés », explique Abû Sâlih. D’autres disent : « entravés, les mains liées à leur cou dans des chaînes » ; d’autres encore : « accouplés aux démons, chacun lié à son démon », selon Yahyâ ibn Sallâm. Cet avis a déjà été évoqué sous la sourate « Ibrâhîm ».
‘Amrû ibn Kulthûm a dit :
« Ils revinrent chargés de butin et de captifs,
et nous revînmes ramenant des rois ligotés. »
« Là, ils invoqueront la perdition (thubûrâ) » ; c’est-à-dire la destruction, dit ad-Dahhâk. Ibn ‘Abbâs dit : « Malheur à nous ! »
Il est rapporté du Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — qu’il a dit :
« Le premier à prononcer cette parole sera Iblîs, car il sera le premier à être revêtu d’une tunique de feu. »