Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le sens de Son propos : « d’autres gens » désigne Abû Fakiha, l’affranchi des Banû l-Hadramî, ainsi que ‘Addâs et Jabr ; ces trois-là étaient issus des Gens du Livre. Leur nom a déjà été mentionné dans la sourate « An-Naḥl »¹.

« Ils sont donc venus avec une injustice », c’est-à-dire en commettant une injustice. D’aucuns ont dit : le sens est : « ils ont commis une iniquité » ; « et un mensonge patent ».

« Ils disent : ‘‘Ce ne sont que des contes d’anciens’’ ». Az-Zajjâj précise : le singulier de « asâṭîr » est « usṭûrah », comme on dit « uḥdûthah » et « aḥâdîth ». D’autres ont soutenu que « asâṭîr » est le pluriel de « asṭâr », au même titre que « aqwâl » et « aqâwîl ».

« Il les a fait écrire » : il s’agit de Muḥammad. « Elles sont dictées pour lui » : on les lui récite et on les lui lit, « au matin et au soir », jusqu’à ce qu’il les retienne. Le verbe « tumlâ » provient originellement de « tumlal(u) », dont la seconde lâm a été changée en yâ’ par assimilation, comme dans l’expression : « taqaḍḍa l-bâziyy » et autres emplois similaires.

Parole du Très-Haut : « Dis : l’a révélé Celui qui connaît le secret dans les cieux et sur la terre ». Autrement dit : dis, ô Muḥammad : ce Coran a été révélé par Celui qui connaît les secrets ; Il est le Savant de l’invisible et n’a donc nul besoin d’un maître. Il a mentionné « le secret » plutôt que ce qui est apparent, car qui connaît le secret est, a fortiori, plus savant encore de l’apparent. Si le Coran avait été emprunté aux Gens du Livre ou à d’autres, il ne les aurait pas dépassés ; or il est venu avec des genres littéraires qui leur sont étrangers : il n’en émane donc pas. De même, s’il provenait de ces gens, les polythéistes auraient pu eux aussi l’acquérir tout comme Muḥammad – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui ; pourquoi donc ne l’auraient-ils pas contredit ? Leur objection est ainsi réfutée sous tous ses aspects.

« Certes, Il est Pardonneur, Miséricordieux » : c’est-à-dire qu’Il pardonne à Ses alliés et leur fait miséricorde.

[Coran, sourate Al-Furqân (25), versets 7-8]

« Ils dirent : “Qu’a donc ce Messager ? Il mange de la nourriture et marche dans les marchés ! Pourquoi ne lui a-t-on pas fait descendre un ange qui serait, avec lui, avertisseur ? Ou bien ne lui est-il pas jeté un trésor ? Ou n’a-t-il pas un jardin dont il mangerait les fruits ?” » Et les injustes dirent : « Vous ne suivez qu’un homme ensorcelé ».

Parole du Très-Haut :

« Et ils dirent : “Qu’a donc ce Messager ? Il mange de la nourriture et marche dans les marchés” ».

Il y a, dans ce passage, deux questions.

Premièrement : Allâh – exalté soit-Il – dit : « Ils dirent », évoquant ainsi un autre de leurs griefs. Le pronom de « ils dirent » renvoie à Quraych ; il s’agit d’un siège notoire qu’ils tenaient avec le Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui –, comme cela a été précédemment exposé.

الْمُرَادُ بِقَوْلِهِ: " قَوْمٌ آخَرُونَ" أَبُو فَكِيهَةَ مَوْلَى بَنِي الْحَضْرَمِيِّ وَعَدَّاسٌ وَجَبْرٌ، وَكَانَ هَؤُلَاءِ الثَّلَاثَةُ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ. وَقَدْ مَضَى فِي " النَّحْلِ" «١» ذكرهم. (فَقَدْ جاؤُ ظُلْماً) أَيْ بِظُلْمٍ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى فَقَدْ أَتَوْا ظُلْمًا. (وَزُوراً. وَقالُوا أَساطِيرُ الْأَوَّلِينَ) قَالَ الزَّجَّاجُ: وَاحِدُ الْأَسَاطِيرِ أُسْطُورَةٌ، مِثْلُ أُحْدُوثَةٍ وَأَحَادِيثَ. وَقَالَ غَيْرُهُ: أَسَاطِيرُ جَمْعُ أَسْطَارٍ، مِثْلُ أَقْوَالٍ وَأَقَاوِيلَ. (اكْتَتَبَها) يَعْنِي محمدا. (فَهِيَ تُمْلى عَلَيْهِ) أي تلقى عليه وتقرأ. (بُكْرَةً وَأَصِيلًا) حَتَّى تُحْفَظَ. وَ " تُمْلى " أَصْلُهُ تُمْلَلُ، فَأُبْدِلَتِ اللَّامُ الْأَخِيرَةُ يَاءً مِنَ التَّضْعِيفِ: كَقَوْلِهِمْ: تَقَضَّى الْبَازِيَّ، وَشَبَهُهُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قُلْ أَنْزَلَهُ الَّذِي يَعْلَمُ السِّرَّ فِي السَّماواتِ وَالْأَرْضِ) أَيْ قُلْ يَا مُحَمَّدُ أَنْزَلَ هَذَا الْقُرْآنَ الَّذِي يَعْلَمُ السِّرَّ، فَهُوَ عَالِمُ الْغَيْبِ، فَلَا يَحْتَاجُ إِلَى مُعَلِّمٍ. وَذَكَرَ " السِّرَّ" دُونَ الْجَهْرِ، لِأَنَّهُ مَنْ عَلِمَ السِّرَّ فَهُوَ فِي الْجَهْرِ أَعْلَمُ. وَلَوْ كَانَ الْقُرْآنُ مَأْخُوذًا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَغَيْرِهِمْ لَمَا زَادَ عَلَيْهَا، وَقَدْ جَاءَ بِفُنُونٍ تَخْرُجُ عَنْهَا، فَلَيْسَ مَأْخُوذًا مِنْهَا. وَأَيْضًا وَلَوْ كَانَ مَأْخُوذًا مِنْ هَؤُلَاءِ لَتَمَكَّنَ الْمُشْرِكُونَ مِنْهُ أَيْضًا كَمَا تَمَكَّنَ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَهَلَّا عَارَضُوهُ فَبَطَلَ اعْتِرَاضُهُمْ مِنْ كُلِّ وَجْهٍ. (إِنَّهُ كانَ غَفُوراً رَحِيماً) يُرِيدُ غَفُورًا لِأَوْلِيَائِهِ رحيما بهم. [سورة الفرقان (٢٥) : الآيات ٧ الى ٨] وَقالُوا مالِ هذَا الرَّسُولِ يَأْكُلُ الطَّعامَ وَيَمْشِي فِي الْأَسْواقِ لَوْلا أُنْزِلَ إِلَيْهِ مَلَكٌ فَيَكُونَ مَعَهُ نَذِيراً (٧) أَوْ يُلْقى إِلَيْهِ كَنْزٌ أَوْ تَكُونُ لَهُ جَنَّةٌ يَأْكُلُ مِنْها وَقالَ الظَّالِمُونَ إِنْ تَتَّبِعُونَ إِلاَّ رَجُلاً مَسْحُوراً (٨) قَوْلُهُ تعالى: (وَقالُوا مالِ هذَا الرَّسُولِ يَأْكُلُ الطَّعامَ وَيَمْشِي فِي الْأَسْواقِ) . فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَقالُوا" ذَكَرَ شَيْئًا آخَرَ مِنْ مَطَاعِنِهِمْ. وَالضَّمِيرُ فِي " قالُوا" لِقُرَيْشٍ، وَذَلِكَ أَنَّهُمْ كَانَ لَهُمْ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَجْلِسٌ مَشْهُورٌ، وَقَدْ تقدم
(١). راجع ج ١٠ ص ١٧٧ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية. [ ..... ]

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