Et il est avéré. Quant à la première opinion, elle est confuse[1], car le terme « taqdîs » (sanctification) dérive de la notion de pureté et n’a, en l’espèce, aucun rapport.
Al-Thaʿlabî a dit : on emploie l’expression « Tabâraka Allâh » (Qu’Il soit Béni), mais l’on ne dit ni « mutabâraku » ni « mubârak », car, concernant Ses Noms et Ses Attributs, il convient de s’en tenir strictement à ce qui est établi par la Révélation.
Al-Ṭirimmaḥ a récité :
« Tu es Béni ; nul ne peut donner ce que Tu as refusé,
et nul ne peut empêcher ce que Tu as accordé, ô Seigneur. »
Un autre poète a dit :
« Tu es Béni ; tout ce que Tu décrètes advient, et à Toi la louange. »
Je dis : certains savants ont mentionné, parmi Ses Beaux Noms, « al-Mubârik » (Celui qui bénit), et nous l’avons également cité dans notre ouvrage. S’il s’avère qu’il existe un consensus interdisant cet emploi, nous nous conformons à l’unanimité. Mais s’il y a divergence, nombreux sont les Noms dont on discute l’inclusion, tel « ad-Dahr » et d’autres. Nous l’avons signalé en son lieu ; louange à Allâh.
« Al-Furqân » désigne le Coran. Il a aussi été dit que c’est un nom attribué à toute Révélation, comme dans Sa parole : « Nous avons certes donné à Mûsâ et Hârûn le Furqân »[2].
Deux raisons expliquent cette appellation : premièrement, parce qu’il distingue le vrai du faux et le croyant du mécréant ; deuxièmement, parce qu’il expose ce qu’Allâh a légiféré de licite et d’illicite, ainsi que le rapporte al-Naqqâsh.
« Sur Son serviteur » : il s’agit de Muḥammad — qu’Allâh prie sur lui et le salue.
« Afin qu’il soit un avertisseur pour les mondes » : le sujet implicite du verbe « soit » renvoie à « Son serviteur », ce qui est préférable car plus proche ; il est toutefois permis qu’il renvoie à « le Furqân ». ʿAbd Allâh ibn al-Zubayr a, quant à lui, lu : « sur Ses serviteurs ».
On dit anḏara lorsqu’on effraie ; cela a déjà été mentionné au début de la sourate al-Baqarah[3].
Le naḏîr est celui qui met en garde contre la perdition. Al-Jawharî précise : le naḏîr est l’avertisseur, et le terme naḏîr désigne aussi l’avertissement lui-même. Par « les mondes » on entend ici les hommes et les djinns, car le Prophète — paix et salut sur lui — fut envoyé à tous deux, en qualité de Messager et d’avertisseur, et il est le sceau des Prophètes. Aucun autre que lui n’a été investi d’une mission universelle, si ce n’est Nûḥ : après le Déluge, il fut envoyé à l’ensemble de l’humanité, car la création reprit avec lui.
Sa parole, exalté soit-Il : « Celui à qui appartient la royauté des cieux et de la terre » — Il magnifie, exalté soit-Il, Sa propre Essence.
« Et Il ne S’est point attribué d’enfant » — Il se déclare, glorifié et exalté soit-Il, au-dessus des assertions des polythéistes qui prétendent que les anges sont les enfants d’Allâh, c’est-à-dire Ses filles, exalté soit-Il ; ainsi qu’au-dessus de la parole des Juifs : « ʿUzayr est fils d’Allâh », — qu’Allâh soit glorifié ; et de la parole des chrétiens : « Le Messie est fils d’Allâh », — qu’Allâh soit très-haut au-dessus de cela.
« Et Il n’a point d’associé dans Sa royauté », contrairement aux prétentions des idolâtres.