[Sourate an-Nûr (24), verset 63]
« Ne faites pas de l’appel du Messager parmi vous un appel semblable à celui que vous adressez les uns aux autres. Allah connaît certes ceux d’entre vous qui se glissent furtivement. Que ceux qui contreviennent à Son ordre prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne ou qu’un châtiment douloureux ne les frappe. » (63)
Parole du Très-Haut :
« Ne faites pas de l’appel du Messager parmi vous un appel semblable à celui que vous adressez les uns aux autres » ; c’est-à-dire : que l’on ne crie pas de loin : « Ô Abû-l-Qâsim ! ». Au contraire, honorez-le, comme Il a dit dans la sourate al-Hujurât : « Ceux qui baissent leurs voix auprès du Messager d’Allah… » (49 : 3).
Saʿîd ibn Jubayr et Mujâhid disent : le sens est : dites « Ô Messager d’Allah » avec douceur et délicatesse, et ne dites pas « Ô Muhammad » d’un ton dur.
Qatâdah rapporte : Il leur ordonne de l’exalter et de le magnifier.
Ibn ʿAbbâs dit : ne vous exposez pas à ce que le Messager invoque contre vous en le courrouçant, car son invocation est exaucée.
« Allah connaît certes ceux d’entre vous qui se glissent furtivement » : at-tasallul et al-insilâl signifient sortir discrètement. Al-liwâdh provient de la racine mulâwadhah, qui est le fait de se dissimuler derrière quelque chose de peur d’être vu. Les hypocrites sortaient ainsi de la prière du vendredi.
« Furtivement » est un masdar placé à la place du hâl : mutalâwidhîn, c’est-à-dire que les uns se couvrent des autres, se collant à eux pour se cacher du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui. Rien n’était plus pesant pour les hypocrites que le jour du vendredi et la présence au sermon, rapporte an-Naqqâsh ; il en a déjà été question.
On a également dit : ils se dérobaient au combat, rebroussant chemin, les uns se couvrant des autres.
Al-Hassan a dit : « furtivement » c’est-à-dire en fuyant le jihad.
De là ces vers de Hassan :
« Et Quraych tournoyait autour de nous, furtivement…
Ils n’observèrent point [leurs engagements] et leurs esprits faiblirent. »
La voyelle de la lettre wâw y est demeurée, du fait de son mouvement dans le verbe lâwadha. On dit : lâwadha – yulâwidhu – mulâwadhatan wa liwâdhan ; et lâdha – yalûdhu [lawdhan] wa liyâdhan. La wâw s’est muée en yâ’ à cause de la kasrah précédente, par assimilation au verbe lâdha quant à l’infirmité phonétique ; mais lorsque le terme est le masdar de la forme fâʿala, il ne subit pas ce changement, car un verbe à la forme fâʿala ne saurait être soumis à la contraction.
Parole du Très-Haut :
« Que ceux qui contreviennent à Son ordre prennent garde » : c’est sur ce verset que les juristes se sont appuyés pour affirmer que l’ordre implique l’obligation. En effet, Allah – Béni et Très-Haut soit-Il – a mis en garde contre la transgression de Son ordre et a menacé