Cela ne relève donc pas de sa compétence, car il n’est que le mandataire d’une partie des affaires religieuses, au nom de Celui qui occupe la place de la Prophétie.
On rapporte que ce verset fut révélé lors du creusement de la tranchée, quand les Quraychites – menés par Abû Sufyân – et les Ghatafân – conduits par ‘Uyaynah b. Ḥiṣn – vinrent assiéger Médine. Le Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – fit alors creuser la tranchée autour de la cité, au mois de Shawwâl de la cinquième année de l’Hégire. Les hypocrites s’esquivaient subrepticement du travail, avançant de faux prétextes. Un récit allant dans ce sens a été rapporté par Ashhab et Ibn ‘Abd al-Ḥakam d’après Mâlik, et c’est également l’avis de Muḥammad b. Isḥâq.
Muqâtil affirma : le verset concerna ‘Umar – qu’Allâh l’agrée – ; il demanda au Prophète – paix et bénédictions sur lui – la permission de retourner à Médine lors de l’expédition de Tabûk, et le Prophète la lui accorda en disant :
« Pars — par Allâh, tu n’es pas un hypocrite »,
afin que les hypocrites l’entendent.
Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh l’agrée, lui et son père – rapporte pour sa part que ‘Umar demanda la permission d’accomplir la ‘umrah. Lorsque le Prophète – paix et bénédictions sur lui – la lui accorda, il lui dit :
« Ô Abâ Ḥafṣ, ne nous oublie pas dans tes pieuses invocations. »
Je dis : l’avis correct est le premier, car il englobe toutes les versions. Ibn al-‘Arabî a retenu, quant à lui, ce qu’il a rapporté de Mâlik et d’Ibn Isḥâq, à savoir que la révélation est spécifique au contexte de la guerre. Il dit : deux arguments l’établissent clairement.
Premier argument : la parole d’Allâh dans un autre verset :
« Allâh connaît certes ceux d’entre vous qui se dérobent furtivement » (an-Nûr, 63).
En effet, les hypocrites se glissaient les uns derrière les autres, quittaient l’assemblée et abandonnaient le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui. Allâh ordonna donc à tous de ne point sortir avant que le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – ne leur en donne l’autorisation, ce qui permet de distinguer le croyant sincère.
Second argument : Sa parole :
« … ils ne s’en vont qu’après lui avoir demandé permission ».
Or, quelle permission demander pour un besoin physiologique alors que l’imâm prononce le sermon ? L’imâm n’a, de toute façon, ni le choix de l’empêcher ni celui de le retenir. Il est dit : « Si tu leur donnes la permission, j’irai avec eux », preuve que la question est limitée au contexte de la guerre.
Je dis : maintenir le sens général du texte est préférable, plus sûr, plus noble et plus élevé.
« Accorde donc permission à qui tu veux parmi eux » : le Prophète – paix et bénédictions sur lui – avait ainsi le choix, s’il le voulait il autorisait, s’il le voulait il refusait.
Qatâdah déclara : la parole divine « Accorde permission à qui tu veux parmi eux » est abrogée par celle-ci :
« Qu’Allâh te pardonne ! Pourquoi leur as-tu accordé permission ? » (at-Tawbah, 43),
c’est-à-dire lorsqu’ils quittèrent l’assemblée, à moins que tu ne leur connaisses une excuse valable.
« Allâh est, certes, Pardonneur et Miséricordieux. »