Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Huitième point – Parole du Très-Haut : « Il ne vous sera fait aucun grief de manger ensemble ou séparément. »

On a dit que ce verset fut révélé au sujet des Banû Layth ibn Bakr, une branche des Banû Kinânah ; l’un d’eux refusait de manger seul et demeurait parfois plusieurs jours affamé jusqu’à ce qu’il trouve quelqu’un avec qui partager son repas. À ce propos, un poète dit :
« Lorsque tu apprêtes la provision, cherche-lui un convive, car je ne saurais la manger seul. »

Ibn ‘Atiyyah rapporte : Cette conduite leur était parvenue comme héritage d’Ibrâhîm – sur lui la paix –, lequel ne mangeait jamais seul. Certains Arabes, lorsqu’ils recevaient un hôte, ne prenaient leur repas qu’en sa présence. Le verset est donc descendu pour exposer la Sunna relative au repas, abolir tout usage arabe contraire et lever l’interdiction qu’ils s’étaient imposée de manger isolément, démarche qu’ils justifiaient par une recherche exacerbée de noblesse de caractère. Or, il est certes louable d’inviter un convive, sans toutefois rendre illicite le fait de manger seul.

Neuvième point – Parole du Très-Haut : « … ensemble ou séparément. »

« Ensemble » est à l’accusatif de relation circonstancielle ; « séparément » est le pluriel de shatt, la racine shatt signifiant « dispersion ». On dit : shatta al-qawmu – « les gens se sont dispersés ».

Al-Bukhârî a intitulé un chapitre de son Ṣaḥîḥ : « Chapitre : “Il n’y a point de gêne pour l’aveugle, ni pour le boiteux, ni pour le malade…” – et [sur] le nûhd et le fait de se réunir. »

Le but, comme l’ont expliqué nos savants, est d’indiquer la licéité de manger collectivement, même si les convives diffèrent quant à leur capacité ou leur manière de se nourrir. Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – l’a autorisé, et c’est devenu une Sunna lors des repas de groupe, qu’il s’agisse des contributions communes (nûhd), des banquets ou des situations de gêne en voyage. De même, ce à quoi tu as accès par confiance (dépôt de clés), par parenté ou par amitié, il t’est permis d’en manger avec le proche, l’ami, voire seul.

Le nûhd désigne la somme d’argent ou la provision que les compagnons de route mettent en commun selon un quota pour la dépense qu’ils partagent ; on dit qu’ils se sont « mutuellement cotisés ». Ibn Durayd commente : « Tanáhada al-qawmu – les gens ont partagé quelque chose entre eux. »

Al-Harawî rapporte, dans un hadith attribué à al-Ḥasan : « Sortez votre nûhd, car cela accroît la bénédiction et améliore vos caractères. » Le nûhd est ce que la compagnie contribue lors de la cotisation ; il s’agit d’une répartition égalitaire des dépenses, en voyage ou ailleurs. Les Arabes disaient : « Apporte ton nûhd », en cassant la lettre nûn.

Al-Muhallab précise : Le repas issu du nûhd n’est pas proposé aux participants pour qu’ils mangent strictement à parts égales ; chacun mange selon son appétit, et il arrive qu’une personne consomme davantage qu’une autre.

Et l’on a dit également que

الثَّامِنَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَيْسَ عَلَيْكُمْ جُناحٌ أَنْ تَأْكُلُوا جَمِيعاً أَوْ أَشْتاتاً) قِيلَ: إِنَّهَا نَزَلَتْ فِي بَنِي لَيْثِ بْنِ بَكْرٍ، وَهُمْ حَيٌّ مِنْ بَنِي كِنَانَةَ، وَكَانَ الرَّجُلُ مِنْهُمْ لَا يَأْكُلُ وَحْدَهُ وَيَمْكُثُ أَيَّامًا جَائِعًا حَتَّى يَجِدَ مَنْ يُؤَاكِلُهُ. وَمِنْهُ قَوْلُ بَعْضِ الشُّعَرَاءِ: إِذَا مَا صَنَعْتِ الزَّادَ فَالْتَمِسِي لَهُ ... أَكِيلًا فَإِنِّي لَسْتُ آكِلَهُ وَحْدِي قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَكَانَتْ هَذِهِ السِّيرَةُ مَوْرُوثَةً عِنْدَهُمْ عَنْ إِبْرَاهِيمَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَإِنَّهُ كَانَ لَا يَأْكُلُ وَحْدَهُ. وَكَانَ بَعْضُ الْعَرَبِ إِذَا كَانَ لَهُ ضَيْفٌ لَا يَأْكُلُ إِلَّا أَنْ يَأْكُلَ مَعَ ضَيْفِهِ، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ مُبَيِّنَةً سُنَّةَ الْأَكْلِ، وَمُذْهِبَةً كُلَّ مَا خَالَفَهَا مِنْ سِيرَةِ الْعَرَبِ، وَمُبِيحَةً مِنْ أَكْلِ الْمُنْفَرِدِ مَا كَانَ عِنْدَ الْعَرَبِ مُحَرَّمًا، نَحَتْ بِهِ نَحْوَ كَرَمِ الْخُلُقِ، فَأَفْرَطَتْ فِي إِلْزَامِهِ، وَإِنَّ إِحْضَارَ الْأَكِيلِ لَحَسَنٌ، وَلَكِنْ بِأَلَّا يَحْرُمَ الِانْفِرَادُ. التَّاسِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (جَمِيعاً أَوْ أَشْتاتاً) " جَمِيعًا" نُصِبَ عَلَى الْحَالِ. وَ " أَشْتاتاً" جَمْعُ شَتٍّ، وَالشَّتُّ الْمَصْدَرُ بِمَعْنَى التَّفَرُّقِ، يُقَالُ: شَتَّ الْقَوْمُ أَيْ تَفَرَّقُوا. وَقَدْ تَرْجَمَ الْبُخَارِيُّ فِي صَحِيحِهِ (بَابَ- لَيْسَ عَلَى الْأَعْمَى حَرَجٌ وَلَا عَلَى الْأَعْرَجِ حَرَجٌ وَلَا عَلَى المريض حرج) الآية. و (والنهد وَالِاجْتِمَاعُ) . وَمَقْصُودُهُ فِيمَا قَالَهُ عُلَمَاؤُنَا فِي هَذَا الْبَابِ: إِبَاحَةُ الْأَكْلِ جَمِيعًا وَإِنِ اخْتَلَفَتْ أَحْوَالُهُمْ فِي الْأَكْلِ. وَقَدْ سَوَّغَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَلِكَ، فَصَارَتْ تِلْكَ سُنَّةً فِي الْجَمَاعَاتِ الَّتِي تُدْعَى إِلَى الطَّعَامِ فِي النِّهْدِ وَالْوَلَائِمِ وَفِي الْإِمْلَاقِ فِي السَّفَرِ. وَمَا مَلَكْتَ مَفَاتِحَهُ بِأَمَانَةٍ أَوْ قَرَابَةٍ أَوْ صَدَاقَةٍ فَلَكَ أَنْ تَأْكُلَ مَعَ الْقَرِيبِ أَوِ الصَّدِيقِ وَوَحْدَكَ. وَالنِّهْدُ: مَا يَجْمَعُهُ الرُّفَقَاءُ مِنْ مَالٍ أَوْ طَعَامٍ عَلَى قَدْرٍ فِي النَّفَقَةِ يُنْفِقُونَهُ بَيْنَهُمْ، وَقَدْ تَنَاهَدُوا، عَنْ صَاحِبِ الْعَيْنِ. وَقَالَ ابْنُ دُرَيْدٍ: يُقَالُ مِنْ ذَلِكَ: تَنَاهَدَ الْقَوْمُ الشَّيْءَ بَيْنَهُمْ. الْهَرَوِيُّ: وَفِي حَدِيثِ الْحَسَنِ (أَخْرِجُوا نِهْدَكُمْ فَإِنَّهُ أَعْظَمُ لِلْبَرَكَةِ وَأَحْسَنُ لِأَخْلَاقِكُمْ) . النِّهْدُ: مَا تُخْرِجُهُ الرُّفْقَةُ عِنْدَ الْمُنَاهَدَةِ، وَهُوَ اسْتِقْسَامُ النَّفَقَةِ بِالسَّوِيَّةِ فِي السَّفَرِ وَغَيْرِهِ. وَالْعَرَبُ تَقُولُ: هَاتِ نِهْدَكَ، بِكَسْرِ النُّونِ. قَالَ الْمُهَلَّبُ: وَطَعَامُ النِّهْدِ لَمْ يُوضَعْ لِلْآكِلِينَ عَلَى أَنَّهُمْ يَأْكُلُونَ بِالسَّوَاءِ، وَإِنَّمَا يَأْكُلُ كُلُّ وَاحِدٍ عَلَى قَدْرِ نَهْمَتِهِ، وَقَدْ يَأْكُلُ الرَّجُلُ أَكْثَرَ مِنْ غَيْرِهِ. وَقَدْ قيل: إن

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies