Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il comporte onze questions :

Première question – La parole du Très-Haut : « Il n’y a pas de faute pour l’aveugle ».

Les savants ont divergé quant à l’interprétation de ce verset en huit opinions. Les plus importantes portent sur la question de savoir s’il est abrogé, abrogeant ou bien maintenu tel quel (muḥkam). On distingue donc trois avis :

  1. Qu’il est abrogé à partir de Sa parole : « …et pas davantage pour vous-mêmes… » jusqu’à la fin du verset. Tel est l’avis de ʿAbd ar-Raḥmân b. Zayd. Il dit : « Cela relevait d’une situation révolue. Au début de l’Islam, les portes des maisons n’étaient pas fermées par des verrous et l’on se contentait de rideaux. Il arrivait qu’un homme, pris de faim, entre dans une maison vide ; Allāh — Puissant et Majestueux — lui avait alors accordé la permission d’y manger. Plus tard, les maisons furent munies de serrures et il ne fut plus licite d’en forcer l’accès ; cette autorisation disparut et cessa. » Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — a dit : « Que nul ne trait le bétail d’autrui sans sa permission… » (ḥadith rapporté par les Imâms).

  2. Qu’il est abrogeant. C’est l’avis d’un groupe. ʿAlī b. Abī Ṭalḥah rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : lorsque Allāh — Puissant et Majestueux — fit descendre : « Ô vous qui croyez ! Ne dévorez pas vos biens entre vous injustement » (4 : 29), les musulmans dirent : « Allāh nous a interdit de nous approprier mutuellement nos biens de manière illicite, et la nourriture est le bien le plus précieux ; il n’est donc pas permis à l’un de nous de manger chez autrui. » Les gens s’en abstinrent donc. Allāh — Puissant et Majestueux — révéla alors : « Il n’y a pas de faute pour l’aveugle… » jusqu’à « …ou ce dont vous possédez les clefs ». Il s’agit, dit-il, de l’homme qui mandate quelqu’un pour s’occuper de son domaine.

Je (l’auteur) dis : cet ʿAlī b. Abī Ṭalḥah est le mawla des Banû Hâchim, établi en Syrie, connu sous la kunya Abû l-Ḥasan — d’aucuns disent Abû Muḥammad. Son tafsîr a été contesté : il se peut, dit-on, qu’il n’ait jamais rencontré Ibn ʿAbbâs — Allāh sait mieux.

  1. Qu’il demeure inchangé (muḥkam). C’est l’opinion d’un groupe de savants de référence, parmi lesquels Saʿîd b. al-Musayyib et ʿUbaydullâh b. ʿAbdillâh b. ʿUtbah b. Masʿūd. Az-Zuhrī rapporte, d’après ʿUrwah, d’après ʿÂʾishah — qu’Allāh l’agrée — : « Les musulmans partaient en grand nombre pour les expéditions avec le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. Ils remettaient leurs clefs aux gens impotents restés chez eux, en leur disant : “Si vous en avez besoin, mangez.” Ceux-ci répondaient : “Ils ne nous l’ont permis qu’à contrecœur.” Allāh — Puissant et Majestueux — fit alors descendre : “Et il n’y a pas non plus de faute pour vous-mêmes à manger dans vos maisons, ou dans celles de vos pères…” jusqu’à la fin du verset. »

An-Naḥḥâs dit : « Le terme “yûʿibûna” signifie : ils partaient tous ensemble au combat. »

فِيهِ إِحْدَى عَشْرَةَ مَسْأَلَةً: الْأُولَى: قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَيْسَ عَلَى الْأَعْمى حَرَجٌ) اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي تَأْوِيلِ هَذِهِ الْآيَةِ عَلَى أَقْوَالٍ ثَمَانِيَةٍ. أَقْرَبُهَا- هَلْ هِيَ مَنْسُوخَةٌ أَوْ نَاسِخَةٌ أَوْ مُحْكَمَةٌ، فَهَذِهِ ثَلَاثَةُ أَقْوَالٍ: الْأَوَّلُ- أَنَّهَا مَنْسُوخَةٌ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: " وَلا عَلى أَنْفُسِكُمْ" إِلَى آخِرِ الآية، قاله عبد الرحمن ابن زيد، قال: هذا شي انْقَطَعَ، كَانُوا فِي أَوَّلِ الْإِسْلَامِ لَيْسَ عَلَى أَبْوَابِهِمْ أَغْلَاقٌ، وَكَانَتِ السُّتُورُ مُرْخَاةً، فَرُبَّمَا جَاءَ الرَّجُلُ فَدَخَلَ الْبَيْتَ وَهُوَ جَائِعٌ وَلَيْسَ فِيهِ أَحَدٌ، فَسَوَّغَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَنْ يَأْكُلَ مِنْهُ، ثُمَّ صَارَتِ الْأَغْلَاقُ عَلَى الْبُيُوتِ فَلَا يَحِلُّ لِأَحَدٍ أَنْ يَفْتَحَهَا، فَذَهَبَ هَذَا وَانْقَطَعَ. قَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (لَا يَحْتَلِبَنَّ أَحَدٌ مَاشِيَةَ أَحَدٍ إِلَّا بِإِذْنِهِ .. ) الْحَدِيثَ. خَرَّجَهُ الْأَئِمَّةُ. الثَّانِي- أَنَّهَا نَاسِخَةٌ، قَالَهُ جَمَاعَةٌ. رَوَى عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: لَمَّا أَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: " يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَأْكُلُوا أَمْوالَكُمْ بَيْنَكُمْ بِالْباطِلِ" «١» قَالَ الْمُسْلِمُونَ: إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ قَدْ نَهَانَا أَنْ نَأْكُلَ أَمْوَالَنَا بَيْنَنَا بِالْبَاطِلِ، وَأَنَّ الطَّعَامَ مِنْ أَفْضَلِ الْأَمْوَالِ، فَلَا يَحِلُّ لِأَحَدٍ مِنَّا أَنْ يَأْكُلَ عِنْدَ أَحَدٍ، فَكَفَّ النَّاسُ عَنْ ذَلِكَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: " لَيْسَ عَلَى الْأَعْمى حَرَجٌ" - إِلَى- " أَوْ مَا مَلَكْتُمْ مَفاتِحَهُ" . قَالَ: هُوَ الرَّجُلُ يُوَكِّلُ الرَّجُلَ بِضَيْعَتِهِ. قُلْتُ: عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ هَذَا هُوَ مَوْلَى بَنِي هَاشِمٍ سَكَنَ الشَّامَ، يُكَنَّى أَبَا الْحَسَنِ وَيُقَالُ أَبَا مُحَمَّدٍ، اسْمُ أَبِيهِ أبى طَلْحَةَ سَالِمٌ، تُكُلِّمَ فِي تَفْسِيرِهِ، فَقِيلَ: إِنَّهُ لَمْ يَرَ ابْنَ عَبَّاسٍ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الثَّالِثُ- أَنَّهَا مُحْكَمَةٌ، قَالَهُ جَمَاعَةٌ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ ممن يقتدي بقولهم، منهم سعيد ابن الْمُسَيَّبِ وَعُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ. وَرَوَى الزُّهْرِيِّ عَنْ عُرْوَةَ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: كَانَ الْمُسْلِمُونَ يُوعِبُونَ فِي النَّفِيرِ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَكَانُوا يَدْفَعُونَ مَفَاتِيحَهُمْ إِلَى ضَمْنَاهُمْ وَيَقُولُونَ: إِذَا احْتَجْتُمْ فَكُلُوا، فَكَانُوا يَقُولُونَ إِنَّمَا أَحَلُّوهُ لَنَا عَنْ غَيْرِ طِيبِ نَفْسٍ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: " وَلا عَلى أَنْفُسِكُمْ أَنْ تَأْكُلُوا مِنْ بُيُوتِكُمْ أَوْ بُيُوتِ آبائِكُمْ" إِلَى آخِرِ الْآيَةِ. قَالَ النَّحَّاسُ: " يُوعِبُونَ" أي يخرجون بأجمعهم في المغازي،
(١). راجع ج ٢ ص ٣٣٧.

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