Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sixièmement – Il s’agit d’un verset explicite, dont le caractère obligatoire demeure, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Tel est l’avis de la majorité des savants, parmi lesquels al-Qâsim, Jâbir b. Zayd et ach-Sha‘bî.

Cet avis est jugé plus solide que celui d’as-Sulamî, car en langue arabe le terme « alladhîna » (ceux qui) n’est pas employé pour les femmes ; pour celles-ci on utilise plutôt « allâtî » ou « allawâtî ». La parole d’Ibn ‘Umar recueille l’assentiment des spécialistes de la langue : en arabe, « alladhîna » désigne les hommes ; s’il arrive que les femmes soient incluses, c’est uniquement sur la base d’un indice extérieur, tandis que le discours, quant à lui, doit être compris selon son apparence première. On notera toutefois que la chaîne de transmission comporte Layth b. Abî Sulaym (1).

Quant à l’avis d’Ibn ‘Abbâs, Abû Dâwûd rapporte, d’après ‘Ubaydullâh b. Abî Yazîd, qu’il entendit Ibn ‘Abbâs dire : « Un verset dont la plupart des gens n’ont pas reçu l’ordre d’appliquer la teneur est celui relatif à la demande de permission ; et moi, j’ordonne à cette servante à moi de demander la permission avant d’entrer auprès de moi. » Abû Dâwûd ajoute : ‘Atâ’ le rapporte également d’Ibn ‘Abbâs, « qui, lui, en prescrivait l’application ».

Ikrima rapporte qu’un groupe d’Irakiens s’adressa à Ibn ‘Abbâs : « Ô Ibn ‘Abbâs, quel est ton avis au sujet de ce verset dont l’ordre nous a été donné, alors que nul ne le met en pratique ? Il s’agit de la parole d’Allâh Très-Haut :
« Ô vous qui avez cru ! Que vos esclaves que vous possédez et ceux d’entre vous qui n’ont pas encore atteint la puberté vous demandent permission trois fois : avant la prière de l’aube, quand vous retirez vos vêtements au moment de la sieste, et après la prière du ‘ichâ’. Ce sont là trois moments d’intimité pour vous… »

Abû Dâwûd précise : al-Qa‘nabî a récité jusqu’à « ‘Alîmun Hakîm » (Connaissant, Sage). Ibn ‘Abbâs déclara alors : « Allâh est Doux, Miséricordieux envers les croyants ; Il aime la discrétion. Les gens, à l’époque, n’avaient ni rideaux ni tentures dans leurs maisons. Il pouvait donc arriver qu’un serviteur, un enfant ou la pupille d’un homme entre alors que celui-ci se trouvait auprès de sa famille. Allâh leur ordonna alors de demander la permission aux heures d’intimité. Puis Allâh leur procura des rideaux et d’autres bienfaits. Or je n’ai vu personne appliquer ce commandement depuis lors. »

Je (l’auteur) dis : ce texte est bon ; il vient réfuter l’opinion de Sa‘îd et d’Ibn Jubayr. Il n’y a en effet dans ce récit aucune preuve d’abrogation du verset, mais simplement l’indication qu’il répondait à une situation qui, ensuite, a changé. Si cette situation se représente, son jugement demeure tel qu’il était. Mieux : son jugement reste valable aujourd’hui encore dans de nombreuses demeures de musulmans vivant dans les campagnes, les déserts et assimilés.

السَّادِسُ- أَنَّهَا مُحْكَمَةٌ وَاجِبَةٌ ثَابِتَةٌ عَلَى الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ، وَهُوَ قَوْلُ أَكْثَرِ أَهْلِ الْعِلْمِ، مِنْهُمِ الْقَاسِمُ وَجَابِرُ بْنُ زَيْدٍ وَالشَّعْبِيُّ. وَأَضْعَفَهَا قَوْلُ السُّلَمِيِّ لِأَنَّ " الَّذِينَ" لَا يَكُونُ لِلنِّسَاءِ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ، إِنَّمَا يَكُونُ لِلنِّسَاءِ اللَّاتِي وَاللَّوَاتِي. وَقَوْلُ ابْنِ عُمَرَ يَسْتَحْسِنُهُ أَهْلُ النَّظَرِ، لِأَنَّ " الَّذِينَ" لِلرِّجَالِ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ، وَإِنْ كَانَ يَجُوزُ أَنْ يَدْخُلَ مَعَهُمُ النِّسَاءُ فَإِنَّمَا يَقَعُ ذَلِكَ بِدَلِيلٍ، وَالْكَلَامُ عَلَى ظَاهِرِهِ، غَيْرَ أَنَّ فِي إِسْنَادِهِ لَيْثَ بْنَ أَبِي سُلَيْمٍ «١» . وَأَمَّا قَوْلُ ابْنِ عَبَّاسٍ فَرَوَى أَبُو دَاوُدَ عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي يَزِيدَ سَمِعَ ابْنَ عَبَّاسٍ يَقُولُ: آيَةٌ لَمْ يُؤْمَرْ بِهَا أَكْثَرُ النَّاسِ آيَةُ الِاسْتِئْذَانِ وَإِنِّي لَآمُرُ جَارِيَتِي هَذِهِ تَسْتَأْذِنُ عَلَيَّ. قَالَ أَبُو دَاوُدَ: وَكَذَلِكَ رَوَاهُ عَطَاءٌ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ " يَأْمُرُ بِهِ" . وَرَوَى عِكْرِمَةُ أَنَّ نَفَرًا مِنْ أَهْلِ الْعِرَاقِ قَالُوا: يَا ابْنَ عَبَّاسٍ، كَيْفَ تَرَى فِي هَذِهِ الْآيَةِ الَّتِي أُمِرْنَا فِيهَا بِمَا أُمِرْنَا وَلَا يَعْمَلُ بِهَا [أَحَدٌ «٢» ]، قَوْلُ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ: " يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لِيَسْتَأْذِنْكُمُ الَّذِينَ مَلَكَتْ أَيْمانُكُمْ وَالَّذِينَ لَمْ يَبْلُغُوا الْحُلُمَ مِنْكُمْ ثَلاثَ مَرَّاتٍ مِنْ قَبْلِ صَلاةِ الْفَجْرِ وَحِينَ تَضَعُونَ ثِيابَكُمْ مِنَ الظَّهِيرَةِ وَمِنْ بَعْدِ صَلاةِ الْعِشاءِ ثَلاثُ عَوْراتٍ لَكُمْ لَيْسَ عَلَيْكُمْ وَلا عَلَيْهِمْ جُناحٌ بَعْدَهُنَّ طَوَّافُونَ عَلَيْكُمْ" . قَالَ أَبُو دَاوُدَ: قَرَأَ الْقَعْنَبِيُّ إِلَى " عَلِيمٌ حَكِيمٌ" قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِنَّ اللَّهَ حَلِيمٌ رَحِيمٌ بِالْمُؤْمِنِينَ يُحِبُّ السَّتْرَ، وَكَانَ النَّاسُ لَيْسَ لِبُيُوتِهِمْ سُتُورٌ وَلَا حِجَالٌ «٣» ، فَرُبَّمَا دَخَلَ الْخَادِمُ أَوِ الْوَلَدُ أَوْ يَتِيمَةُ الرَّجُلِ وَالرَّجُلُ عَلَى أَهْلِهِ، فَأَمَرَهُمُ اللَّهُ بِالِاسْتِئْذَانِ فِي تِلْكَ الْعَوْرَاتِ، فَجَاءَهُمُ اللَّهُ بِالسُّتُورِ وَالْخَيْرِ، فَلَمْ أَرَ أَحَدًا يَعْمَلُ بِذَلِكَ [بَعْدُ «٤» ]. قُلْتُ: هَذَا مَتْنٌ حَسَنٌ، وَهُوَ يَرُدُّ قَوْلَ سَعِيدٍ وَابْنِ جُبَيْرٍ، فَإِنَّهُ لَيْسَ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى نَسْخِ الْآيَةِ، وَلَكِنْ عَلَى أَنَّهَا كَانَتْ عَلَى حَالٍ ثُمَّ زَالَتْ، فَإِنْ كَانَ مِثْلُ ذَلِكَ الْحَالِ فَحُكْمُهَا قَائِمٌ كَمَا كَانَ، بَلْ حُكْمُهَا لِلْيَوْمِ ثَابِتٌ فِي كَثِيرٍ مِنْ مَسَاكِنِ المسلمين في البوادي والصحارى ونحوها. وروى
(١). في تهذيب التهذيب:" قال ابن حبان اختلط في آخر عمره، فكان يقلب الأسانيد ويرفع المراسيل، ويأتي عن الثقات بما ليس من حديثهم. وقال البزار: كأن أحد العباد، إلا أنه أصابة اختلاط فاضطرب حديثه ... إلخ". (٢). زيادة عن سنن أبى داود. في ك: ولا نعمل بها. [ ..... ] (٣). الحجال: جمع الحجلة (بالتحريك) وهو بيت كالقبة يستر بالثياب ويكون له أزرار كبار. (٤). زيادة عن سنن أبى داود. في ك: ولا نعمل بها.

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