[Sourate an-Nour (24) : verset 56]
« Accomplissez la prière, acquittez la Zakât et obéissez au Messager ; peut-être vous sera-t-il fait miséricorde. »
(Ce commandement a déjà été mentionné précédemment ; Allah le répète ici pour souligner, avec insistance, l’obligation de L’adorer.)
[Sourate an-Nour (24) : verset 57]
« Ne pense pas que les mécréants puissent Nous réduire à l’impuissance sur terre ; leur refuge sera le Feu, – et quelle déplorable destination ! »
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« Ne pense pas que les mécréants… » – Ce verset vient réconforter le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – et lui promettre la victoire.
La lecture adoptée par la grande majorité des récitateurs est : « taḥsabanna », avec le tâ adressé au Prophète.
Ibn ‘Âmir, Ḥamzah et Abû Ḥaywah lisent : « yaḥsabanna », avec le yâ ; le sens serait alors : « Que les mécréants ne s’imaginent pas qu’ils pourront frustrer Allah sur terre », le verbe « ḥasiba » réclamant deux compléments d’objet (c’est l’avis d’az-Zajjâj).
Al-Farrâ’ et Abû ‘Alî estiment qu’on peut aussi comprendre le verbe comme rattaché au Prophète : « Que Muhammad ne considère pas que les mécréants puissent se soustraire (à la puissance d’Allah) sur terre ». Dans cette lecture, « alladhîna » est le premier objet et « mu‘jizîn » (capables d’échapper) le second.
Selon la première analyse, « alladhîna kafarû » est sujet, « anfusahum » (sous-entendu) premier objet, et « mu‘jizîn » second objet.
An-Naḥḥâs rapporte : « Je ne connais aucun grammairien, ni de Baṣra ni de Kûfa, qui ne juge la lecture de Ḥamzah fautive ; certains la qualifient de solecisme, car un seul objet a été exprimé pour un verbe qui en exige deux ; parmi eux Abû Ḥâtim. »
Al-Farrâ’ la trouve faible, mais admissible si l’on admet l’omission du premier objet, ce qu’il a déjà expliqué.
An-Naḥḥâs ajoute : « J’ai entendu ‘Alî b. Sulaymân dire, à propos de cette lecture : ‘alladhîna kafarû’ serait à l’accusatif ; le sens deviendrait : “Que le mécréant ne pense pas que les mécréants pourront frustrer (Allah) sur terre.” »
L’auteur conclut : « Cette explication rejoint celle d’al-Farrâ’ et d’Abû ‘Alî, sauf que, chez eux, le sujet est le Prophète, tandis qu’ici c’est le mécréant. »
« Mu‘jizîn » signifie : “échappant, capables de mettre Allah en échec” – notion déjà traitée plus haut.
« Et leur refuge sera le Feu – quelle mauvaise destination ! » : c’est-à-dire leur lieu de retour et d’établissement.