aux croyants, leur a légué leur terre, leurs demeures et leurs biens ; tel est le sens de Sa parole : « Il leur donnera sûrement la succession sur la terre. »
Quant à Sa parole : « comme Il a établi dans la succession ceux qui les ont précédés », il s’agit des Fils d’Israël, lorsque Allah anéantit les tyrans d’Égypte et leur transmit leur pays et leurs maisons, comme Il dit : « Nous fîmes hériter au peuple qu’on opprimait les contrées d’Orient et d’Occident » (al-Aʿrāf, 137).
Ainsi, les Compagnons se trouvaient, eux aussi, faibles et craintifs ; puis Allah – Très-haut – leur accorda la sécurité, la prééminence et la souveraineté. Il est donc avéré que ce verset est d’une portée générale pour la communauté de Muḥammad – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui –, et qu’il n’est pas restreint à un cas particulier, car la restriction n’est admissible que sur la base d’une information émanant de celui auquel la soumission est due ; et le principe reconnu veut que l’on se tienne à la portée générale du texte.
Au sujet du remplacement de leur crainte par la sécurité, il est rapporté que lorsque les Compagnons dirent au Messager d’Allah – paix et salut sur lui : « Ne viendra-t-il pas un jour où nous serons en sécurité au point de déposer nos armes ? », il répondit :
« Il ne se passera guère de temps avant que l’un de vous, assis au milieu d’une grande assemblée, les jambes croisées, ne porte plus aucune pièce de fer. »
Il dit aussi – paix et salut sur lui :
« Par Allah ! Allah mènera cette affaire à son accomplissement, de sorte que le cavalier pourra voyager de Ṣanʿāʾ à Ḥaḍramawt sans ne craindre qu’Allah – et le loup pour ses brebis –, mais vous êtes des gens pressés. »
Muslim le rapporte dans son Ṣaḥīḥ, et l’événement se déroula exactement comme l’avait annoncé le Prophète – paix et salut sur lui. Le verset constitue donc un miracle prophétique, puisqu’il relate ce qui allait advenir – et cela advint.
À propos de la parole divine : « Il leur donnera sûrement la succession sur la terre », deux avis sont rapportés. Le premier : il s’agit de la terre de La Mecque, car les Émigrés prièrent Allah de la leur rendre, et ils furent exaucés comme l’avaient été les Fils d’Israël – sens rapporté par an-Naqqāsh. Le second : il s’agit des territoires arabes et non-arabes.
Ibn al-ʿArabī dit : « Tel est l’avis correct, car la terre de La Mecque est interdite aux Émigrés. » Le Prophète – paix et salut sur lui – a dit : « Mais le malheureux, c’est Saʿd b. Khawlah… », se lamentant sur lui parce qu’il mourut à La Mecque. Il a dit encore, dans le Ṣaḥīḥ : « L’Émigré ne séjourne à La Mecque, après avoir accompli ses rites, que trois jours. »
La lettre lām dans « La-yastakhlifan-nahum » est la réponse d’un serment sous-entendu, car la promesse est de l’ordre de la parole. Le sens est : « Allah dit à ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres : Par Allah, Il leur donnera la succession sur la terre, les faisant rois et habitants de celle-ci. »
« Comme Il a établi dans la succession ceux qui les ont précédés » : il s’agit des Fils d’Israël ; Il anéantit les tyrans d’Égypte et de Syrie, et leur transmit leurs terres et leurs demeures.
La lecture commune est « kamā istakhlafa », avec fatḥa sur le tā et le lām, conformément aux mots « waʿada » et « la-yastakhlifan-nahum ». ʿĪsā b. ʿUmar, Abū Bakr et al-Mufaḍḍal, d’après ʿĀṣim, ont lu « ustukhlifa » avec ḍamma