Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et de Sa justice.

« Ou bien craignent-ils qu’Allah et Son Messager soient injustes à leur égard ? » – c’est-à-dire qu’ils commettraient une iniquité et un tort dans le jugement. La forme interrogative est ici employée parce qu’elle renforce le blâme et rend la réprimande plus incisive, comme dans ce vers de Jarîr, cité à propos de l’éloge :
« N’êtes-vous pas les meilleurs à monter les montures,
et les plus généreux du monde lorsqu’une main se tend ? »

« Bien au contraire, ce sont eux les injustes » : c’est-à-dire les rebelles mécréants, du fait de leur refus du jugement d’Allah – Très-Haut.

Troisièmement : le jugement incombe aux musulmans lorsqu’un différend oppose un protégé sous pacte (muʿâhad) à un musulman ; dans ce cas les gens de la dhimma n’ont aucun droit à intervenir. Si le litige concerne deux dhimmis, il leur appartient d’en décider ; s’ils se présentent devant le qâdî de l’islam, celui-ci, s’il le veut, juge entre eux, et s’il le veut, s’en abstient, comme il a été mentionné précédemment dans la sourate « al-Mâʾidah ».

Quatrièmement : ce verset prouve l’obligation de répondre à la convocation du juge, car Allah – exalté soit-Il – a blâmé avec la plus sévère réprobation celui qui, appelé auprès de Son Messager afin qu’il tranche entre lui et son adversaire, s’en détourne, en disant : « Une maladie se trouve-t-elle dans leurs cœurs ? », et ainsi de suite.

Ibn Khuwaiyz Mindâd dit : « Il est obligatoire pour toute personne appelée à la séance du juge d’y répondre, à moins qu’il ne soit avéré que le juge est pervers, ou qu’il existe une inimitié entre le demandeur et le défendeur. »

Az-Zahrawî rapporte, d’après al-Hasan ibn Abî al-Hasan, que le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – a dit :
« Quiconque est appelé par son adversaire devant un juge parmi les juges des musulmans et ne répond pas est un injuste et n’a aucun droit. » Al-Mâwardî mentionne également ce hadith.

Ibn al-ʿArabî dit : « Ce hadith est infondé ; cependant, la parole : “il est injuste” est correcte, tandis que la parole : “il n’a aucun droit” n’est pas authentique ; il est possible qu’elle signifie qu’il n’est pas dans son droit. »

[ Sourate an-Nûr (24) : verset 51 ]

« La seule parole des croyants, lorsqu’on les appelle vers Allah et Son Messager afin qu’il juge entre eux, est de dire : “Nous avons entendu et nous avons obéi” ; et ceux-là sont les bienheureux. » (51)

Parole d’Allah – Très-Haut :

« La seule parole des croyants, lorsqu’on les appelle vers Allah et Son Messager » : c’est-à-dire vers le Livre d’Allah et le jugement de Son Messager ;

« est de dire : “Nous avons entendu et nous avons obéi”. » Ibn ʿAbbâs dit : « Ceci fait état de l’obéissance des Émigrés et des Auxiliaires, même si cela leur répugnait ; telle est leur parole. Quant à ceux-ci, s’ils avaient été croyants, ils auraient… »

وَعَدْلِهِ. (أَمْ يَخافُونَ أَنْ يَحِيفَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ وَرَسُولُهُ) أَيْ يَجُورُ فِي الْحُكْمِ وَالظُّلْمِ. وَأُتِيَ بِلَفْظِ الِاسْتِفْهَامِ لِأَنَّهُ أَشَدُّ فِي التَّوْبِيخِ وَأَبْلَغُ في الذم، كقوله جَرِيرٍ فِي الْمَدْحِ: أَلَسْتُمْ خَيْرَ مَنْ رَكِبَ الْمَطَايَا ... وَأَنْدَى الْعَالَمِينَ بُطُونَ رَاحِ (بَلْ أُولئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ) أَيِ الْمُعَانِدُونَ الْكَافِرُونَ، لِإِعْرَاضِهِمْ عَنْ حُكْمِ اللَّهِ تَعَالَى الثَّالِثَةُ- الْقَضَاءُ يَكُونُ لِلْمُسْلِمِينَ إِذَا كَانَ الْحُكْمُ بَيْنَ الْمُعَاهَدِ وَالْمُسْلِمِ وَلَا حَقَّ لِأَهْلِ الذِّمَّةِ فِيهِ. وَإِذَا كَانَ بَيْنَ ذِمِّيَّيْنِ فَذَلِكَ إِلَيْهِمَا. فَإِنْ جَاءَا قَاضِيَ الْإِسْلَامِ فَإِنْ شَاءَ حَكَمَ وَإِنْ شَاءَ أَعْرَضَ، كَمَا تَقَدَّمَ فِي " الْمَائِدَةِ" » الرَّابِعَةُ- هَذِهِ الْآيَةُ دَلِيلٌ عَلَى وُجُوبِ إِجَابَةِ الدَّاعِي إِلَى الْحَاكِمِ لِأَنَّ اللَّهَ سُبْحَانَهُ ذَمَّ مَنْ دُعِيَ إِلَى رَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ خَصْمِهِ بِأَقْبَحِ الذَّمِّ فَقَالَ: " أَفِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ" الْآيَةَ. قَالَ ابْنُ خُوَيْزِ مَنْدَادٍ: وَاجِبٌ عَلَى كُلِّ مَنْ دُعِيَ إِلَى مَجْلِسِ الحاكم أن يحيب، مَا لَمْ يُعْلَمْ أَنَّ الْحَاكِمَ فَاسِقٌ، أَوْ عَدَاوَةً بَيْنَ الْمُدَّعِي وَالْمُدَّعَى عَلَيْهِ. وَأَسْنَدَ الزَّهْرَاوِيُّ عن الحسن ابن أَبِي الْحَسَنِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (مَنْ دَعَاهُ خَصْمُهُ إِلَى الحاكم مِنْ حُكَّامِ الْمُسْلِمِينَ فَلَمْ يُجِبْ فَهُوَ ظَالِمٌ وَلَا حَقَّ لَهُ) . ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ أَيْضًا. قَالَ ابن العربي: هذا حَدِيثٌ بَاطِلٌ، فَأَمَّا قَوْلُهُ (فَهُوَ ظَالِمٌ) فَكَلَامٌ صَحِيحٌ، وَأَمَّا قَوْلُهُ (فَلَا حَقَّ لَهُ) فَلَا يَصِحُّ، وَيَحْتَمِلُ أَنْ يُرِيدَ أَنَّهُ عَلَى غَيْرِ الحق. [[سورة النور (٢٤) : آية ٥١]] إِنَّما كانَ قَوْلَ الْمُؤْمِنِينَ إِذا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ أَنْ يَقُولُوا سَمِعْنا وَأَطَعْنا وَأُولئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ (٥١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّما كانَ قَوْلَ الْمُؤْمِنِينَ إِذا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ) أي إلى كتاب الله وحكم ورسوله. (أَنْ يَقُولُوا سَمِعْنا وَأَطَعْنا) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَخْبَرَ بِطَاعَةِ الْمُهَاجِرِينَ وَالْأَنْصَارِ، وَإِنْ كَانَ ذَلِكَ فِيمَا يَكْرَهُونَ، أَيْ هَذَا قَوْلُهُمْ، وَهَؤُلَاءِ لَوْ كانوا مؤمنين لكانوا
(١). راجع ج ٦ ص ١٨٤.

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