Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Ils disent : “Nous avons foi en Allah et en le Messager.” »
Il s’agit des hypocrites : de leur bouche ils professent : « Nous avons foi en Allah et en le Messager », sans conviction ni sincérité.
« …et nous avons obéi » – c’est-à-dire : ils le prétendent, alors qu’ils mentent.
« Puis un groupe d’entre eux se détourne après cela, et ceux-là ne sont nullement croyants. »

[An-Nûr 24 : 48-50]
« Et lorsqu’on les appelle devant Allah et Son Messager afin qu’il arbitre entre eux, aussitôt une partie d’entre eux se détourne » (48);
« Mais si le droit est de leur côté, ils viennent à lui dociles » (49);
« Y a-t-il une maladie dans leurs cœurs ? Ont-ils des doutes ? Ou craignent-ils qu’Allah et Son Messager soient injustes envers eux ? Non ! Ce sont plutôt eux, les injustes. » (50)

Ce passage comporte quatre points :

  1. À propos de Sa parole : « Et lorsqu’on les appelle devant Allah et Son Messager afin qu’il arbitre entre eux », at-Tabarî et d’autres rapportent qu’un hypocrite nommé Bishr eut un différend foncier avec un Juif. Le Juif l’invita à se soumettre à l’arbitrage du Messager d’Allah ﷺ, l’hypocrite étant dans son tort. Il refusa et déclara : « Muḥammad sera partial contre nous ; recourons plutôt à Kaʿb ibn al-Ashraf ». C’est à son sujet que ce verset fut révélé.
    On a également dit qu’il concerna al-Mughîrah ibn Wâʾil des Banû Umayya : un litige sur l’eau et la terre l’opposait à ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée. Al-Mughîrah refusa d’être jugé par le Messager d’Allah ﷺ, alléguant : « Il me déteste ». Le verset fut alors révélé, comme l’a mentionné al-Mâwardî.
    Le texte emploie le singulier « afin qu’il arbitre » et non « afin qu’ils arbitrent », car c’est le Messager ﷺ qui est visé ; l’évocation préalable d’Allah sert à magnifier Son Nom et à ouvrir le propos.

  2. Sa parole : « Mais si le droit est de leur côté, ils viennent à lui dociles » ; c’est-à-dire qu’ils se présentent obéissants et soumis, conscients que le Prophète – sur lui la paix – juge avec équité.
    On dit en arabe : « Untel a adhéré (’adhina) au jugement d’untel », c’est-à-dire s’est soumis.
    • An-Naqqâsh explique « dociles » par : « humiliés, soumis » ;
    • Mujâhid : « pressés » ;
    • Al-Akhfash et Ibn al-Aʿrâbî : « reconnaissants, admettant (le jugement) ».

« Y a-t-il une maladie dans leurs cœurs ? » : un doute, une suspicion.
« Ou bien ont-ils douté ? » : leur serait-il survenu un doute quant à sa Prophétie ?

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَيَقُولُونَ آمَنَّا بِاللَّهِ وَبِالرَّسُولِ) يَعْنِي الْمُنَافِقِينَ، يَقُولُونَ بِأَلْسِنَتِهِمْ آمَنَّا بِاللَّهِ وَبِالرَّسُولِ مِنْ غَيْرِ يَقِينٍ وَلَا إِخْلَاصٍ. (وَأَطَعْنا) أَيْ وَيَقُولُونَ، وَكَذَّبُوا. (ثُمَّ يَتَوَلَّى فَرِيقٌ مِنْهُمْ مِنْ بَعْدِ ذلِكَ وَما أُولئِكَ بِالْمُؤْمِنِينَ) . [سورة النور (٢٤) : الآيات ٤٨ الى ٥٠] وَإِذا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ إِذا فَرِيقٌ مِنْهُمْ مُعْرِضُونَ (٤٨) وَإِنْ يَكُنْ لَهُمُ الْحَقُّ يَأْتُوا إِلَيْهِ مُذْعِنِينَ (٤٩) أَفِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ أَمِ ارْتابُوا أَمْ يَخافُونَ أَنْ يَحِيفَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ وَرَسُولُهُ بَلْ أُولئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ (٥٠) فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ) قَالَ الطَّبَرِيُّ وَغَيْرُهُ: إِنَّ رَجُلًا مِنَ الْمُنَافِقِينَ اسْمُهُ بِشْرٌ كَانَتْ بَيْنَهُ وَبَيْنَ رَجُلٍ مِنَ الْيَهُودِ خُصُومَةٌ فِي أَرْضٍ، فَدَعَاهُ الْيَهُودِيُّ إِلَى التَّحَاكُمِ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَكَانَ الْمُنَافِقُ مُبْطِلًا، فَأَبَى مِنْ ذَلِكَ وَقَالَ: إِنَّ مُحَمَّدًا يَحِيفُ عَلَيْنَا، فَلْنُحَكِّمْ كَعْبَ بْنَ الْأَشْرَفِ، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ فِيهِ. وَقِيلَ: نَزَلَتْ فِي الْمُغِيرَةِ بْنِ وَائِلٍ مِنْ بَنِي أُمَيَّةَ، كَانَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ خُصُومَةٌ فِي مَاءٍ وَأَرْضٍ فَامْتَنَعَ الْمُغِيرَةُ أَنْ يُحَاكِمَ عَلِيًّا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَقَالَ: إِنَّهُ يُبْغِضُنِي، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ، ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ. وَقَالَ: " لِيَحْكُمَ" وَلَمْ يَقُلْ لِيَحْكُمَا لِأَنَّ الْمَعْنِيَّ بِهِ الرَّسُولُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَإِنَّمَا بَدَأَ بِذِكْرِ اللَّهِ إِعْظَامًا لِلَّهِ وَاسْتِفْتَاحَ كَلَامٍ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِنْ يَكُنْ لَهُمُ الْحَقُّ يَأْتُوا إِلَيْهِ مُذْعِنِينَ) أَيْ طَائِعِينَ مُنْقَادِينَ، لِعِلْمِهِمْ أَنَّهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ يَحْكُمُ بِالْحَقِّ. يُقَالُ: أَذْعَنَ فُلَانٌ لِحُكْمِ فُلَانٍ يُذْعِنُ إذعانا. وقال النقاش: " مُذْعِنِينَ" خاضعين، ومجاهد: مُسْرِعِينَ. الْأَخْفَشُ وَابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: مُقِرِّينَ. (أَفِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ) شَكٌّ وَرَيْبٌ. (أَمِ ارْتابُوا) أَمْ حَدَثَ لَهُمْ شَكٌّ فِي نُبُوَّتِهِ

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