Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ainsi, son atteinte devient un châtiment, tandis que son détournement est une grâce. Il a déjà été rapporté dans les sourates « Al-Baqarah » et « Ar-Raʿd » que celui qui, en entendant le tonnerre, dit trois fois : « Gloire à Celui que le tonnerre célèbre par Sa louange, ainsi que les anges par crainte de Lui », sera préservé de ce que renferme ce tonnerre.

« La clarté de son éclair » – c’est-à-dire la lumière de cet éclair contenu dans le nuage – « faillit emporter les regards », tant son éclat et sa luminosité sont intenses.

Al-Shammâkh a dit :
« Et quand elle élève sa clarté,
Seul le clairvoyant peut en percevoir la lumière. »

Et Imru’ l-Qays a dit :
« Son éclat illumine tel un chandelier de moine
ayant ménagé l’huile de la mèche torsadée. »

Le terme « sanâ » (forme brève) désigne la lueur de l’éclair. « Sanâ » est aussi le nom d’une plante médicinale. Quant à « sanā’ » (forme allongée), il renvoie à l’élévation et à la noblesse ; c’est ainsi que Ṭalḥah b. Muṣarrif le lit, par exagération, pour souligner l’intensité et la pureté de la lumière, en lui attribuant le qualificatif d’honneur.

Al-Mubarrid a expliqué : « sanâ » (forme brève) signifie le scintillement ; lorsqu’il s’agit de noblesse et de haute lignée, on l’allonge, les deux procédant d’une racine unique : l’illumination.

Ṭalḥah b. Muṣarrif a également récité : « sanā’ burqihi ». Aḥmad b. Yaḥyā précise que « burqah » est le pluriel de « burqah ». Al-Naḥḥâs ajoute : la « burqah » est une quantité d’éclair, tandis que la « barqah » désigne l’éclair unique.

Al-Jaḥdarî et Ibn l-Qaʿqâʿ lisent : « yudhhibu bi-l-abṣār » (avec la voyelle ḍamma sur le yā’ et kasra sur le hā’), forme causative signifiant « fait disparaître ». Ici, la préposition « bi- » dans « bi-l-abṣār » est considérée comme supplétive. Les autres récitants lisent : « yadhhabu bi-l-abṣār » (avec fatḥa sur le yā’ et sur le hā’), la préposition « bi- » exprimant l’adhérence. L’éclair indique l’épaississement des nuages, présage une pluie abondante et avertit de la venue d’éclairs destructeurs.

« Allah fait alterner la nuit et le jour » : on a dit que cette alternance consiste à faire venir l’un après l’autre. D’autres y voient la diminution de l’un et l’augmentation de l’autre. On a également interprété cela comme le changement du jour, tantôt assombri par l’obscurité des nuages, tantôt éclairé par la lumière du soleil ; et de même la nuit, tantôt obscurcie par les nuages, tantôt éclairée par la clarté de la lune, selon l’explication d’An-Naqqâsh. D’autres ont encore dit que l’alternance renvoie à la diversité de ce qui y est décrété, qu’il s’agisse de bien ou de mal, d’utilité ou de dommage.

« Il y a vraiment là » – c’est-à-dire dans tout ce que Nous avons mentionné concernant l’alternance de la nuit et du jour, et les états de la pluie, de l’été et de l’hiver – « un sujet de méditation » pour « ceux qui voient clair », c’est-à-dire pour les gens de discernement parmi Mes créatures.

فتكون إِصَابَتُهُ نِقْمَةً، وَصَرْفُهُ نِعْمَةً. وَقَدْ مَضَى فِي " الْبَقَرَةِ" «١» . وَ " الرَّعْدِ" «٢» أَنَّ مَنْ قَالَ حِينَ يَسْمَعُ الرَّعْدَ: سُبْحَانَ مَنْ يُسَبِّحُ الرَّعْدُ بِحَمْدِهِ وَالْمَلَائِكَةُ مِنْ خِيفَتِهِ ثَلَاثًا عُوفِيَ مِمَّا يَكُونُ فِي ذَلِكَ الرَّعْدِ. (يَكادُ سَنا بَرْقِهِ) أَيْ ضَوْءُ ذَلِكَ الْبَرْقِ الَّذِي فِي السَّحَابِ (يَذْهَبُ بِالْأَبْصارِ) مِنْ شِدَّةِ بَرِيقِهِ وَضَوْئِهِ. قَالَ الشَّمَّاخُ: وَمَا كَادَتْ إِذَا رَفَعَتْ سَنَاهَا ... لِيُبْصِرَ ضَوْءَهَا إلا البصير وقال امرؤ القيس: يضئ سَنَاهُ أَوْ مَصَابِيحُ رَاهِبٍ ... أَهَانَ السَّلِيطَ فِي الذُّبَالِ الْمُفَتَّلِ «٣» فَالسَّنَا (مَقْصُورٌ) ضَوْءُ الْبَرْقِ. وَالسَّنَا أَيْضًا نَبْتٌ يُتَدَاوَى بِهِ. وَالسَّنَاءُ مِنَ الرِّفْعَةِ مَمْدُودٌ. وَكَذَلِكَ قَرَأَ طَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ " سَنَاءُ" بِالْمَدِّ عَلَى الْمُبَالَغَةِ مِنْ شِدَّةِ الضَّوْءِ وَالصَّفَاءِ، فَأُطْلِقَ عَلَيْهِ اسْمُ الشَّرَفِ. قَالَ الْمُبَرِّدُ: السَّنَا (مَقْصُورٌ) وَهُوَ اللَّمْعُ، فَإِذَا كَانَ مِنَ الشَّرَفِ والحسب فهو ممدود، وأصلهما واحد وهو الالماع «٤» . وَقَرَأَ طَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ: " سَنَاءُ بُرَقِهِ" قَالَ أَحْمَدُ بْنُ يَحْيَى: وَهُوَ جَمْعُ بُرْقَةٍ. قَالَ النَّحَّاسُ: الْبُرْقَةُ الْمِقْدَارُ مِنَ الْبَرْقِ، وَالْبَرْقَةُ الْمَرَّةُ الْوَاحِدَةُ. وَقَرَأَ الْجَحْدَرِيُّ وَابْنُ الْقَعْقَاعِ: " يُذْهِبُ بِالْأَبْصَارِ" بضم الياء وكسر الهاء، من الا ذهاب، وَتَكُونُ الْبَاءُ فِي " بِالْأَبْصارِ" صِلَةً زَائِدَةً. الْبَاقُونَ " يَذْهَبُ بِالْأَبْصارِ" بِفَتْحِ الْيَاءِ وَالْهَاءِ، وَالْبَاءُ لِلْإِلْصَاقِ. وَالْبَرْقُ دَلِيلٌ عَلَى تَكَاثُفِ السَّحَابِ، وَبَشِيرٌ بِقُوَّةِ الْمَطَرِ، وَمُحَذِّرٌ مِنْ نُزُولِ الصَّوَاعِقِ. (يُقَلِّبُ اللَّهُ اللَّيْلَ وَالنَّهارَ) قِيلَ: تَقْلِيبُهُمَا أَنْ يَأْتِيَ بِأَحَدِهِمَا بَعْدَ الْآخَرِ. وَقِيلَ: تَقْلِيبُهُمَا نَقْصُهُمَا وَزِيَادَتُهُمَا وَقِيلَ: هُوَ تَغْيِيرُ النَّهَارِ بِظُلْمَةِ السَّحَابِ مَرَّةً وَبِضَوْءِ الشَّمْسِ أُخْرَى، وَكَذَا اللَّيْلُ مَرَّةً بِظُلْمَةِ السَّحَابِ وَمَرَّةً بِضَوْءِ الْقَمَرِ، قَالَهُ النَّقَّاشُ. وَقِيلَ: تَقْلِيبُهُمَا بِاخْتِلَافِ مَا يُقَدَّرُ فِيهِمَا مِنْ خَيْرٍ وَشَرٍّ وَنَفْعٍ وَضُرٍّ. (إِنَّ فِي ذلِكَ) أَيْ فِي الَّذِي ذَكَرْنَاهُ مِنْ تَقَلُّبِ اللَّيْلِ وَالنَّهَارِ، وَأَحْوَالِ الْمَطَرِ وَالصَّيْفِ وَالشِّتَاءِ (لَعِبْرَةً) أَيِ اعْتِبَارًا (لِأُولِي الْأَبْصارِ) أي لأهل البصائر من خلقي.
(١). راجع ج ١ ص ٢١٨. (٢). راجع ج ٩ ص ٢٩٨. (٣). السليط: الزيت. والذبال: جمع ذبالة، وهى الفتيلة. (٤). كذا في ب وج وك.

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