Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La première lecture — ou bien ce qui en tient lieu — veut que « Sahâbun » soit le sujet tandis que « min fawqihi » en constitue le prédicat. Quant à la lecture : « Sahâbun ẓulumâtun », le mot « ẓulumâtun » est alors le prédicat d’un sujet sous-entendu, dont l’estimation est : « elles sont des ténèbres » ou « ce sont là des ténèbres ».

Ibn al-Anbarî dit : l’arrêt sur « min fawqihi mawjun » est incomplet, parce que l’expression « min fawqihi sahâbun » est la suite (ṣilah) de « al-mawj ». L’arrêt convenable se fait donc sur « min fawqihi sahâbun » ; puis on reprend : « ẓulumâtun baʿḍuhâ fawqa baʿḍ », dans le sens : « ce sont des ténèbres, les unes au-dessus des autres ». On rapporte des Mecquois qu’ils lisaient « ẓulumâtun » — au sens : « ou comme des ténèbres, ténèbres les unes au-dessus des autres ». Selon cette option, il ne convient pas de s’arrêter sur « as-sahâb ».

On a ensuite dit : les ténèbres évoquées ici sont la ténèbre de la nuée, celle de la vague, celle de la nuit et celle de la mer ; quiconque se trouve au sein de ces ténèbres ne voit absolument rien, pas même une étoile.

D’autres ont affirmé que par « ténèbres » il faut entendre les épreuves, c’est-à-dire des épreuves qui se superposent les unes aux autres.

D’autres encore ont précisé : il a voulu par les « ténèbres » les œuvres du mécréant ; par « la mer profonde », son cœur ; par « la vague au-dessus d’une vague », ce qui couvre son cœur d’ignorance, de doute et de perplexité ; et par « la nuée », la rouille, le sceau et l’empreinte imprimés sur son cœur. Ce sens est rapporté d’Ibn ʿAbbâs et d’autres : il ne discerne pas, avec son cœur, la lumière de la foi, tout comme l’homme plongé dans les ténèbres de la mer, qui, s’il étend la main, peine à la voir.

Ubayy ibn Kaʿb a dit : « Le mécréant se retourne dans cinq ténèbres : sa parole est ténèbre, son acte est ténèbre, son entrée est ténèbre, sa sortie est ténèbre, et son sort, le Jour de la Résurrection, sera vers des ténèbres dans le Feu — et quelle détestable destination ! »

« Lorsqu’il étend sa main » — c’est-à-dire l’observateur — « il peine à la voir », à cause de l’intensité des ténèbres.

Az-Zajjâj et Abû ʿUbaydah disent : le sens est qu’il ne la voit pas, et il n’espérait même pas la voir ; tel est également l’avis d’al-Ḥasan. Le sens de « lam yakad » est : il n’avait même pas l’espoir de la voir.

Al-Farrâʾ dit : « kâda » est ici purement explétif, c’est-à-dire : il ne la voit pas, comme on dit : « Mâ kidtu aʿrifuhu — je ne l’ai quasiment pas reconnu ».

Al-Mubarrad précise : il ne la voit qu’après peine, comme on dit : « Mâ kidtu arâka minaẓ-ẓulmah — j’ai failli ne pas te voir à cause de l’obscurité », et il ne l’a vue qu’après désespoir et grande difficulté.

D’aucuns ont dit : son sens est qu’il a été tout près de la voir mais ne l’a pas vue, selon la formule : « Kâda l-ʿarûsu yakûnu amîran — le fiancé était sur le point d’être émir », « Kâda n-naʿâmu yaṭîru — l’autruche a failli voler », « Kâda l-muntaʿilu yakûnu râkiban — celui qui chausse ses sandales était presque cavalier ».

An-Naḥḥâs déclare : l’opinion la plus correcte à ce sujet est que le sens est : il n’a même pas approché la vision de sa main ; et puisqu’il ne l’a pas approchée, il ne l’a vue ni de loin ni de près.

« Et quiconque Allâh ne place pas pour lui de lumière » avec laquelle il se guide — les affaires se feront obscures pour lui.

Ibn ʿAbbâs a dit : c’est-à-dire : celui pour qui Allâh n’a pas instauré de religion n’aura point de religion ; et celui pour qui Allâh n’a pas placé de lumière pour marcher avec elle le Jour de la Résurrection ne sera pas guidé.

الْأُولَى أَوِ الْبَدَلِ مِنْهَا. وَ " سَحابٌ" ابْتِدَاءٌ وَ " مِنْ فَوْقِهِ" الْخَبَرُ. وَمَنْ قَرَأَ " سَحابٌ ظُلُماتٌ" فَظُلُمَاتٌ خَبَرُ ابْتِدَاءٍ مَحْذُوفٍ، التَّقْدِيرُ: هِيَ ظُلُمَاتٌ أَوْ هَذِهِ ظُلُمَاتٌ. قَالَ ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: " مِنْ فَوْقِهِ مَوْجٌ" غَيْرُ تَامٍّ، لِأَنَّ قَوْلَهُ " مِنْ فَوْقِهِ سَحابٌ" صِلَةٌ لِلْمَوْجِ، وَالْوَقْفُ: عَلَى قَوْلِهِ " مِنْ فَوْقِهِ سَحابٌ" حَسَنٌ، ثُمَّ تَبْتَدِئُ " ظُلُماتٌ بَعْضُها فَوْقَ بَعْضٍ" عَلَى مَعْنَى هِيَ ظُلُمَاتٌ بَعْضُهَا فَوْقَ بَعْضٍ. وَرُوِيَ عَنْ أَهْلِ مَكَّةَ أَنَّهُمْ قَرَءُوا " ظُلُماتٌ" عَلَى مَعْنَى أَوْ كَظُلُمَاتٍ ظُلُمَاتٍ بَعْضُهَا فَوْقَ بَعْضٍ، فَعَلَى هَذَا الْمَذْهَبِ لَا يَحْسُنُ الْوَقْفُ عَلَى السَّحَابِ. ثُمَّ قِيلَ: الْمُرَادُ بِهَذِهِ الظُّلُمَاتِ ظُلْمَةُ السَّحَابِ وَظُلْمَةُ الْمَوْجِ وَظُلْمَةُ اللَّيْلِ وَظُلْمَةُ الْبَحْرِ، فَلَا يُبْصِرُ مَنْ كَانَ فِي هَذِهِ الظُّلُمَاتِ شَيْئًا وَلَا كَوْكَبًا. وَقِيلَ: الْمُرَادُ بِالظُّلُمَاتِ الشَّدَائِدُ، أَيْ شَدَائِدُ بَعْضُهَا فَوْقَ بَعْضٍ. وَقِيلَ: أَرَادَ بِالظُّلُمَاتِ أَعْمَالَ الْكَافِرِ، وَبِالْبَحْرِ اللُّجِّيِّ قَلْبَهُ، وَبِالْمَوْجِ فَوْقَ الْمَوْجِ، مَا يَغْشَى قَلْبَهُ مِنَ الْجَهْلِ وَالشَّكِّ وَالْحَيْرَةِ، وَبِالسَّحَابِ الرَّيْنَ وَالْخَتْمَ وَالطَّبْعَ عَلَى قَلْبِهِ. رُوِيَ مَعْنَاهُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَغَيْرِهِ، أَيْ لَا يُبْصِرُ بِقَلْبِهِ نُورَ الْإِيمَانِ، كَمَا أَنَّ صَاحِبَ الظُّلُمَاتِ فِي الْبَحْرِ إِذَا أَخْرَجَ يَدَهُ لَمْ يَكَدْ يَرَاهَا. وَقَالَ أُبَيُّ بْنُ كَعْبٍ: الْكَافِرُ يَتَقَلَّبُ فِي خَمْسٍ مِنَ الظُّلُمَاتِ: كَلَامُهُ ظُلْمَةٌ، وَعَمَلُهُ ظُلْمَةٌ، وَمُدْخَلُهُ ظُلْمَةٌ، وَمُخْرَجُهُ ظُلْمَةٌ، وَمَصِيرُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ إِلَى الظُّلُمَاتِ فِي النَّارِ وَبِئْسَ الْمَصِيرُ. (إِذا أَخْرَجَ يَدَهُ) يَعْنِي النَّاظِرَ. (لَمْ يَكَدْ يَراها) أَيْ مِنْ شِدَّةِ الظُّلُمَاتِ. قَالَ الزَّجَّاجُ وَأَبُو عُبَيْدَةَ: الْمَعْنَى لَمْ يَرَهَا وَلَمْ يَكَدْ، وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِ الْحَسَنِ. وَمَعْنَى " لَمْ يَكَدْ" لَمْ يَطْمَعْ أَنْ يَرَاهَا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: كَادَ صِلَةٌ، أَيْ لَمْ يَرَهَا، كَمَا تَقُولُ: مَا كِدْتُ أَعْرِفُهُ. وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: يَعْنِي لَمْ يَرَهَا إِلَّا مِنْ بَعْدِ الْجَهْدِ، كَمَا تَقُولُ: مَا كِدْتُ أَرَاكَ مِنَ الظُّلْمَةِ، وَقَدْ رَآهُ بَعْدَ يَأْسٍ وَشِدَّةٍ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ قَرُبَ مِنَ الرُّؤْيَةِ وَلَمْ يَرَ كَمَا يُقَالُ: كَادَ الْعَرُوسُ يَكُونُ أَمِيرًا، وَكَادَ النَّعَامُ يَطِيرُ، وَكَادَ الْمُنْتَعِلُ يَكُونُ رَاكِبًا. النَّحَّاسُ: وَأَصَحُّ الْأَقْوَالِ فِي هَذَا أَنَّ الْمَعْنَى لَمْ يُقَارِبْ رُؤْيَتَهَا، فَإِذَا لَمْ يُقَارِبْ رُؤْيَتَهَا فَلَمْ يَرَهَا رُؤْيَةً بَعِيدَةً وَلَا قَرِيبَةً. (وَمَنْ لَمْ يَجْعَلِ اللَّهُ لَهُ نُوراً) يهتدي به أَظْلَمَتْ عَلَيْهِ الْأُمُورُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيْ مَنْ لَمْ يَجْعَلِ اللَّهُ لَهُ دِينًا فَمَا لَهُ مِنْ دِينٍ، وَمَنْ لَمْ يَجْعَلِ اللَّهُ لَهُ نُورًا يَمْشِي بِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ لَمْ يهتد

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