Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils se présenteront devant Allah – qu’Il soit exalté – et constateront que la récompense de leurs œuvres a été réduite à néant par leur mécréance ; autrement dit, ils ne trouveront rien, tout comme celui qui poursuit un mirage ne rencontre qu’un sol dépourvu d’eau, si bien qu’il périt ou meurt.

« Et il trouva Allah auprès de lui », c’est-à-dire : il trouva Allah aux aguets.

« Alors Il lui régla pleinement son compte », c’est-à-dire la rétribution de son acte.

Imrouʾ l-Qays a dit :
« Il tourna le dos, s’enfuyant à toute vitesse,
convaincu qu’il allait affronter le règlement des comptes. »

D’aucuns disent : il trouva la promesse d’Allah quant à la rétribution de son œuvre.
D’autres disent : il trouva l’ordre d’Allah au moment de son rassemblement ; le sens est voisin. Certains ont lu : « bi-qīʿātin ».

Al-Mahdawî dit : il se peut que l’alif provienne de l’allongement de la voyelle fatha portée par l’ʿayn ; il se peut aussi que cela soit semblable à l’expression « rajulu ʿizzatin / ʿizzahâtin » pour désigner l’homme qui ne fréquente pas les femmes ; il est également possible qu’il s’agisse du pluriel de qīʿah, auquel cas le tâʾ demeure aussi bien en liaison qu’à l’arrêt.

Il est rapporté de Nāfiʿ, d’Ibn Jaʿfar et de Shaybah qu’ils lisent « aẓ-ẓamān » sans hamza, alors que la forme la plus répendue d’eux comporte la hamza ; on dit : ẓamiʾa, yaẓmaʾu, ẓamaʾan, il est donc ẓamʾān ; si l’on allège le hamza, on dit : aẓ-ẓamān.

Quant à la parole divine : « Et ceux qui mécroient », elle constitue le début de la phrase ; « leurs œuvres » est mis en apposition à « ceux qui mécroient », c’est-à-dire : les œuvres de ceux qui mécroient sont semblables à un mirage, l’annexion ayant été omise.

« Ou encore comme des ténèbres dans une mer profonde ; une vague la recouvre, au-dessus de laquelle se trouve une autre vague, surmontée d’un nuage : ténèbres les unes au-dessus des autres. Quand il étend sa main, il manque à peine de la voir ; et quiconque Allah ne pourvoit pas de lumière n’aura point de lumière. » (Sourate an-Nûr, 24 : 40)

Le Très-Haut dit encore :
« Ou [leurs œuvres sont] comme des ténèbres dans une mer insondable. » Ainsi le Très-Haut propose un autre exemple pour les mécréants : leurs œuvres sont comme un mirage dans une plaine désertique, ou comme des ténèbres amoncelées.

Az-Zajjāj a dit : « Si tu le veux, prends l’exemple du mirage ; si tu le souhaites, prends celui des ténèbres. Le terme “aw” (ou) marque ici le libre choix, comme cela a été expliqué dans l’énoncé : “ou comme une pluie torrentielle” (Al-Baqarah, 2 : 19). »

Al-Jurjānī a déclaré : « Le premier verset traite des œuvres des mécréants, tandis que le second évoque leur mécréance elle-même. Le mot “kufr” (mécréance) est coordonné à leurs œuvres parce que la mécréance est elle aussi une de leurs œuvres. Et le Très-Haut a dit : “Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière” (Al-Baqarah, 2 : 257), c’est-à-dire du kufr. »

قَدِمُوا عَلَى اللَّهِ تَعَالَى وَجَدُوا ثَوَابَ أَعْمَالِهِمْ مُحْبَطَةً بِالْكُفْرِ، أَيْ لَمْ يَجِدُوا شَيْئًا كَمَا لَمْ يَجِدْ صَاحِبُ السَّرَابِ إِلَّا أَرْضًا لَا مَاءَ فِيهَا، فَهُوَ يَهْلِكُ أَوْ يَمُوتُ. (وَوَجَدَ اللَّهَ عِنْدَهُ) أَيْ وَجَدَ اللَّهَ بِالْمِرْصَادِ. (فَوَفَّاهُ حِسابَهُ) أَيْ جَزَاءَ عَمَلِهِ. قَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: فَوَلَّى مُدْبِرًا يَهْوِي حَثِيثًا ... وَأَيْقَنَ أَنَّهُ لَاقَى الْحِسَابَا وَقِيلَ: وَجَدَ وَعْدَ اللَّهِ بِالْجَزَاءِ عَلَى عَمَلِهِ. وَقِيلَ: وَجَدَ أَمْرَ اللَّهِ عِنْدَ حَشْرِهِ، والمعنى متقارب. وقرى " بِقِيعَاتٍ" . الْمَهْدَوِيُّ: وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ الْأَلِفُ مُشْبَعَةً مِنْ فَتْحَةِ الْعَيْنِ. وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ مِثْلَ رَجُلِ عِزْةٍ وَعِزْهَاةٍ، لِلَّذِي لَا يَقْرَبُ النِّسَاءَ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ جَمْعَ قِيعَةٍ، وَيَكُونَ عَلَى هَذَا بِالتَّاءِ فِي الْوَصْلِ وَالْوَقْفِ. وَرُوِيَ عَنْ نافع وابن جَعْفَرٍ وَشَيْبَةَ " الظَّمَانُ" بِغَيْرِ هَمْزٍ، وَالْمَشْهُورُ عَنْهُمَا الْهَمْزُ، يُقَالُ: ظَمِئَ يَظْمَأُ ظَمَأً فَهُوَ ظَمْآنُ، وَإِنْ خَفَّفْتَ الْهَمْزَةَ قُلْتَ: الظَّمَانُ. وَقَوْلُهُ: " وَالَّذِينَ كَفَرُوا" ابتداء " أَعْمالُهُمْ" بَدَلًا مِنَ " الَّذِينَ كَفَرُوا" ، أَيْ وَأَعْمَالُ الذين كفروا كسراب، فحذف المضاف. [[سورة النور (٢٤) : آية ٤٠]] أَوْ كَظُلُماتٍ فِي بَحْرٍ لُجِّيٍّ يَغْشاهُ مَوْجٌ مِنْ فَوْقِهِ مَوْجٌ مِنْ فَوْقِهِ سَحابٌ ظُلُماتٌ بَعْضُها فَوْقَ بَعْضٍ إِذا أَخْرَجَ يَدَهُ لَمْ يَكَدْ يَراها وَمَنْ لَمْ يَجْعَلِ اللَّهُ لَهُ نُوراً فَما لَهُ مِنْ نُورٍ (٤٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَوْ كَظُلُماتٍ فِي بَحْرٍ لُجِّيٍّ) ضَرَبَ تَعَالَى مَثَلًا آخَرَ لِلْكُفَّارِ، أَيْ أَعْمَالُهُمْ كَسَرَابٍ بِقِيعَةٍ أَوْ كَظُلُمَاتٍ. قَالَ الزَّجَّاجُ: إِنْ شِئْتَ مَثِّلْ بِالسَّرَابِ وَإِنْ شِئْتَ مَثِّلْ بِالظُّلُمَاتِ، فَ "- أَوْ" لِلْإِبَاحَةِ حَسْبَمَا تَقَدَّمَ مِنَ الْقَوْلِ فِي " أَوْ كَصَيِّبٍ" «١» [البقرة: ١٩] . وَقَالَ الْجُرْجَانِيُّ: الْآيَةُ الْأُولَى فِي ذِكْرِ أَعْمَالِ الْكُفَّارِ، وَالثَّانِيَةُ فِي ذِكْرِ كُفْرِهِمْ، وَنُسِقَ الْكُفْرُ عَلَى أَعْمَالِهِمْ لِأَنَّ الْكُفْرَ أَيْضًا مِنْ أَعْمَالِهِمْ، وَقَدْ قَالَ تَعَالَى: " يُخْرِجُهُمْ مِنَ الظُّلُماتِ إِلَى «٢» النُّورِ" [البقرة: ٢٥٧] أي من الكفر
(١). راجع ج ١ ص ٢١٥. (٢). راجع ج ٣ ص ٢٨٢.

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