Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et quant à ceux qui ont mécru, leurs œuvres sont comme un mirage dans une plaine aride… »

Lorsque le Coran a exposé la parabole du croyant, Il a ensuite présenté celle du mécréant.

Muqâtil (qu’Allâh lui fasse miséricorde) dit : ce verset fut révélé à propos de Shaybah ibn Rabî‘ah ibn ‘Abd Shams ; il avait adopté une forme d’ascèse, recherchant la vraie religion, puis, lorsque le Messager d’Allâh – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – fut envoyé, il renia la foi.

Abû Sahl affirme : il concerne les Gens du Livre.

Selon ad-Dahhâk : il décrit les bonnes œuvres accomplies par le mécréant, telles que le maintien des liens de parenté ou le bienfait envers le voisinage.

Le mirage (sarâb) : phénomène que l’on aperçoit au milieu du jour, lors de la grande chaleur ; il apparaît comme de l’eau dans les déserts, plaqué au sol. L’āl est l’illusion d’eau que l’on voit le matin ; il se soulève au-dessus de la terre jusqu’à sembler suspendu entre ciel et terre. On l’a appelé sarâb parce qu’il « s’écoule » (yasrubu) à la manière de l’eau. On dit : « saraba l-faḥl », c’est-à-dire : l’étalon s’en est allé, a parcouru la terre. On nomme aussi ce phénomène al-āl ; il n’apparaît que dans le désert et la chaleur, trompant ainsi l’homme assoiffé.

Le poète a dit :
« Je fus tel celui qui, dans son outre, verse l’eau qu’il portait
Pour un miroitement d’āl sur un tertre rocailleux. »

Un autre déclame :
« Lorsque nous fîmes taire la guerre, leurs pactes devinrent
Pareils à l’éclair d’un mirage resplendissant dans la steppe. »

Et Imru’ l-Qays s’écrie :
« N’ai-je pas éreinté mes montures à travers chaque vaste brèche,
Dans l’immensité altière où scintille le mirage ? »

La « qî‘ah » est le pluriel de « qâ‘ », à l’instar de « jîrah » et « jâr », explique al-Harawî. Abû ‘Ubaydah précise : « qî‘ah » et « qâ‘ » sont un seul et même mot, rapporté par an-Naḥḥâs. Le qâ‘ est une étendue de terre plane et vaste, dépourvue de végétation ; c’est là que se forme le mirage. À l’origine, le terme désigne une dépression où l’eau s’accumule ; son pluriel est « qî‘ân ».

Al-Jawharî dit : le qâ‘ est la partie plane du sol ; ses pluriels sont « aqwa‘ », « aqwâ‘ » et « qî‘ân ». La lettre wâw s’est changée en yâ’ à cause de la kasra qui la précède. « Qî‘ah » a le même sens que « qâ‘ » et provient également de la racine en wâw ; certains soutiennent toutefois qu’il s’agit d’un pluriel.

« Il le prend pour de l’eau celui qui est assoiffé » : c’est-à-dire l’homme tourmenté par la soif croit que le mirage est de l’eau.

« Jusqu’à ce que, lorsqu’il y parvient, il ne trouve rien » de ce qu’il imaginait ; il ne rencontre qu’une terre sans eau.

Telle est la parabole qu’Allâh – exalté soit-Il – établit pour les mécréants : ils s’appuient sur la récompense de leurs prétendues bonnes actions, et lorsque

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالَّذِينَ كَفَرُوا أَعْمالُهُمْ كَسَرابٍ بِقِيعَةٍ) لَمَّا ضَرَبَ مَثَلَ الْمُؤْمِنِ ضَرَبَ مَثَلَ الْكَافِرِ. قَالَ مُقَاتِلٌ: نَزَلَتْ فِي شَيْبَةَ بْنِ رَبِيعَةَ بْنِ عَبْدِ شَمْسٍ، كَانَ يَتَرَهَّبُ مُتَلَمِّسًا لِلدِّينِ، فَلَمَّا خَرَجَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَفَرَ. أَبُو سَهْلٍ: فِي أَهْلِ الْكِتَابِ. الضَّحَّاكُ: فِي أَعْمَالِ الْخَيْرِ لِلْكَافِرِ، كَصِلَةِ الرَّحِمِ وَنَفْعِ الْجِيرَانِ. وَالسَّرَابُ: مَا يُرَى نِصْفَ النَّهَارِ فِي اشْتِدَادِ الْحَرِّ، كَالْمَاءِ فِي الْمَفَاوِزِ يَلْتَصِقُ بِالْأَرْضِ. وَالْآلُ الَّذِي يَكُونُ ضُحًا كَالْمَاءِ إِلَّا أَنَّهُ يَرْتَفِعُ عَنِ الْأَرْضِ حَتَّى يَصِيرَ كَأَنَّهُ بَيْنَ الْأَرْضِ وَالسَّمَاءِ. وَسُمِّيَ السَّرَابُ سَرَابًا لِأَنَّهُ يَسْرُبُ أَيْ يَجْرِي كَالْمَاءِ. وَيُقَالُ: سَرَبَ الْفَحْلُ أَيْ مَضَى وَسَارَ فِي الْأَرْضِ. وَيُسَمَّى الْآلَ أَيْضًا، وَلَا يَكُونُ إِلَّا فِي الْبَرِّيَّةِ وَالْحَرِّ فَيَغْتَرُّ بِهِ الْعَطْشَانُ. قَالَ الشَّاعِرُ: فَكُنْتُ كَمُهْرِيقِ الَّذِي فِي سِقَائِهِ ... لِرَقْرَاقِ آلٍ فَوْقَ رَابِيَةٍ صَلْدِ وَقَالَ آخَرُ: فَلَمَّا كَفَفْنَا الْحَرْبَ كَانَتْ عُهُودُهُمْ ... كَلَمْعِ سَرَابٍ بِالْفَلَا مُتَأَلِّقِ وَقَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: أَلَمْ أُنْضِ الْمَطِيَّ بِكُلِّ خَرْقٍ ... أَمَقِّ الطُّولِ لَمَّاعِ السَّرَابِ «١» وَالْقِيعَةُ جَمْعُ الْقَاعِ، مِثْلَ جِيرَةٍ وَجَارٍ، قَالَهُ الْهَرَوِيُّ وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: قِيعَةٌ وَقَاعٌ وَاحِدٌ، حَكَاهُ النَّحَّاسُ. وَالْقَاعُ مَا انْبَسَطَ مِنَ الْأَرْضِ وَاتَّسَعَ وَلَمْ يَكُنْ فِيهِ نَبْتٌ، وَفِيهِ يَكُونُ السَّرَابُ. وَأَصْلُ الْقَاعِ الْمَوْضِعُ الْمُنْخَفِضُ الَّذِي يَسْتَقِرُّ فِيهِ الْمَاءُ، وَجَمْعُهُ قِيعَانُ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَالْقَاعُ الْمُسْتَوِي مِنَ الْأَرْضِ، وَالْجَمْعُ أَقْوُعٌ وَأَقْوَاعٌ وَقِيعَانٌ، صَارَتِ الْوَاوُ يَاءً لِكَسْرِ مَا قَبْلَهَا، وَالْقِيعَةُ مِثْلُ الْقَاعِ، وَهُوَ أَيْضًا مِنَ الْوَاوِ. وَبَعْضُهُمْ يَقُولُ: هُوَ جَمْعٌ. (يَحْسَبُهُ الظَّمْآنُ) أَيِ الْعَطْشَانُ. (مَاءً) أَيْ يَحْسَبُ السَّرَابَ مَاءً. (حَتَّى إِذا جاءَهُ لَمْ يَجِدْهُ شَيْئاً) مِمَّا قَدَّرَهُ وَوَجَدَ أَرْضًا لَا مَاءَ فِيهَا. وَهَذَا مَثَلٌ ضَرَبَهُ اللَّهُ تَعَالَى لِلْكُفَّارِ، يُعَوِّلُونَ عَلَى ثَوَابِ أعمالهم فإذا
(١). في الأصول:" طويل الطول" والتصويب عن ديوان امرئ القيس. والامق: الطويل. قال الوزير أبو بكر عاصم بن أيوب (شارح الديوان): وفى البيت ما يسأل عمه من طريق العربية، وهو إضافة" أمق" إلى" الطول". فيتوهم أنه من إضافة الشيء إلى نفسه، لان الامق هو الطويل، وليس على ما يتوهم، إنما هو كما تقول:" بعيد البعد".

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