La perdition ; et les regards cherchent de quel côté on leur remettra leurs livres et vers quelle direction ils seront conduits.
On a dit : les cœurs des sceptiques se détourneront de l’état de doute dans lequel ils étaient, et de même leurs regards, lorsqu’ils verront la certitude – conformément à la parole du Très-Haut : « Nous avons ôté ton voile, et aujourd’hui ta vue est perçante » (Qâf, 22). Ainsi, ce qu’il considérait, ici-bas, comme égarement, il le verra alors comme bonne direction, mais cela ne leur sera d’aucune utilité dans l’au-delà.
On a également dit : ils seront retournés sur les braises de la Géhenne, comme dans la parole du Très-Haut : « Le jour où leurs visages seront retournés dans le Feu » (Al-Ahzâb, 66), et : « Nous retournons leurs cœurs et leurs regards » (Al-An‘âm, 110), selon l’avis de celui qui comprend l’expression comme un retournement sur les flammes de l’Enfer.
On a dit encore : ils seront retournés de telle sorte que le Feu les brûlera une fois et les fera rôtir une autre fois.
Autre avis : le retournement des cœurs est leur battement effréné, et le retournement des regards le fait de lancer la vue vers les différents côtés des effrois.
« Afin qu’Allah les récompense par la meilleure de leurs œuvres ». Il mentionne ici la rétribution des bonnes actions et ne mentionne pas celle des mauvaises, bien qu’Il les sanctionne, pour deux raisons :
- Par esprit d’incitation, Il s’est limité à ce qui suscite l’ardeur.
- Il s’agit d’une description de gens chez qui les grands péchés n’existent pas ; leurs fautes légères sont donc pardonnées.
« Et Il leur ajoutera de Sa grâce ». Cela peut s’entendre de deux manières :
– la multiplication de chaque bonne action par dix semblables ;
– ce qu’Il accorde par pure faveur, sans contrepartie.
« Et Allah pourvoit qui Il veut sans compter », c’est-à-dire sans lui demander compte de ce qu’Il lui accorde, Son don n’ayant pas de limite.
Il est rapporté que, lorsque ce verset fut révélé, le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – ordonna la construction de la mosquée de Qubâ. ‘Abd-Allâh ibn Rawâḥa se présenta et dit : « Ô Messager d’Allah, a certes réussi celui qui a édifié les mosquées ? » – « Oui, ô fils de Rawâḥa. » – « Et y a-t-il prié debout et assis ? » – « Oui, ô fils de Rawâḥa. » – « Et n’a-t-il passé la nuit pour Allah qu’en prosternation ? » – « Oui, ô fils de Rawâḥa. Renonce au style rimé, car aucun serviteur n’a reçu pire dot que la prolixité de sa langue. » (rapporté par al-Mâwardî).
[Sourate an-Nûr (24), verset 39]
« Quant à ceux qui ont mécru, leurs œuvres sont pareilles à un mirage dans une plaine : l’assoiffé le prend pour de l’eau, jusqu’à ce qu’il y parvienne et n’y trouve rien ; il y trouve alors Allah, qui lui règle son compte, et Allah est prompt à compter. » (39)