Le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – ne fit que cracher sur le sol, puis il l’essuya avec sa sandale gauche. Il se peut que Wâthilah ait voulu faire allusion précisément à cela et qu’il ait appliqué ce jugement au tapis de jonc.
Seizièmement.
Lorsque le Très-Haut dit : « Des hommes », et qu’Il les mentionne de façon exclusive, cela montre que les femmes n’ont pas de part particulière dans la fréquentation des mosquées ; la prière du vendredi et la prière en congrégation ne leur sont pas obligatoires et leur prière accomplie dans leurs demeures est meilleure.
Abû Dâwûd a rapporté d’après ʿAbd Allâh – qu’Allah l’agrée – que le Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit :
« La prière de la femme dans sa maison est meilleure que sa prière dans sa chambre ; et sa prière dans son réduit intime est meilleure que sa prière dans sa maison. »
Dix-septièmement.
Sa parole : « [que] rien ne les distrait » signifie : rien ne les occupe.
« Ni négoce ni vente ne les détournent du rappel d’Allah. »
Le commerce est cité de façon particulière parce qu’il est, pour l’homme, la plus grande cause de distraction de la prière.
On pourrait demander : pourquoi répéter la mention de la vente alors que le terme « négoce » l’inclut déjà ?
Il est répondu : par « négoce » on a voulu désigner l’achat, d’où la mention séparée de la vente. Cela ressemble à la parole du Très-Haut : « Et lorsqu’ils voient un négoce ou un divertissement, ils s’y dispersent » [Al-Jumuʿah, 11], selon l’explication d’al-Wâqidî.
Al-Kalbî a dit : les « négociants » sont les convoyeurs de marchandises, voyageurs, tandis que les « vendeurs » sont ceux qui demeurent sur place.
« … du rappel d’Allah »
Les exégètes ont divergé sur son interprétation.
– ʿAtâ’ a dit : il s’agit de la présence à la prière.
– Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit de la prière prescrite.
– D’autres ont dit : il s’agit de l’appel à la prière (adhân), comme le rapporte Yahyâ ibn Sallâm.
– D’autres encore : il s’agit du rappel d’Allah par Ses plus Beaux Noms, c’est-à-dire qu’ils L’unifient et Le glorifient.
Ce verset fut révélé au sujet des gens des marchés, selon Ibn ʿUmar.
Sâlim rapporte qu’Ibn ʿUmar passa par le souk : ils avaient fermé leurs échoppes et s’étaient levés pour prier en congrégation. Il déclara : « C’est à leur sujet qu’a été révélé : “Des hommes que ni négoce ni vente ne distraient du rappel d’Allah…” »
Abû Hurayrah rapporte du Prophète – paix et bénédictions sur lui – à propos de ces hommes :
« Ce sont ceux qui sillonnent la terre, recherchant la grâce d’Allah. »
On raconte également que, du vivant du Prophète – paix et bénédictions sur lui –, deux hommes se trouvaient l’un vendeur, l’autre forgeron fabricant des sabres pour le commerce. Le vendeur, lorsqu’il entendait l’appel à la prière et tenait la balance en main, la laissait tomber sans même la poser ; si elle était déjà à terre, il ne la relevait pas. Quant au forgeron, lorsque son marteau reposait sur l’enclume et qu’il entendait l’adhân, il le laissait immobile ; et s’il l’avait déjà levé, il le jetait derrière son dos. Allah – Exalté soit-Il – fit alors descendre ce verset en louange pour ces deux hommes et pour quiconque suivra leur exemple.