sans y faire mémoire d’Allah – Très-Haut –, sans y tenir de propos relatifs à ce bas-monde ; qu’il ne piétine pas les cous des fidèles, ne conteste pas une place, ne gêne personne dans le rang, ne passe pas devant un adorateur en prière ; qu’il ne crache pas, ne s’expectore pas, ne se mouche pas dans la mosquée ; qu’il ne fasse pas craquer ses doigts, qu’il ne tripote rien de son corps ; que ce lieu soit tenu à l’écart de toute impureté, des tout-petits, des personnes démentes et de l’exécution des peines légales ; qu’il multiplie le rappel d’Allah – exalté soit-Il – sans jamais s’en détourner. Celui qui s’acquitte de ces prescriptions aura rendu son droit à la mosquée ; celle-ci sera alors pour lui un rempart, une forteresse contre Satan le Damné.
Il est rapporté dans le hadith qu’« une mosquée s’éleva avec ses habitués jusqu’au ciel pour se plaindre à Allah de ce qu’ils y échangeaient comme propos mondains ».
Ad-Dâraqutnî rapporte, d’après ʿÂmir ash-Shaʿbî, que le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit : « Parmi les signes de l’Heure : on verra le croissant de lune aussitôt né et l’on dira qu’il a déjà deux nuits ; les mosquées seront prises pour des lieux de passage ; la mort subite se répandra. » Ce hadith est transmis par ʿAbd-ul-Kabîr ibn al-Muʿâfâ, d’après Sharîk, d’après al-ʿAbbâs ibn Dharîḥ, d’après ash-Shaʿbî, d’après Anas. D’autres le rapportent de ash-Shaʿbî sous forme mursal ; Allah sait mieux.
Abû Hâtim a dit : « ʿAbd-ul-Kabîr ibn Muʿâfâ est digne de confiance ; il était compté parmi les Abdâl. »
Dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî, il est rapporté d’après Abû Mûsâ que le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit : « Quiconque traverse l’une de nos mosquées ou de nos marchés muni de flèches, qu’il tienne les pointes dans sa main de sorte de ne pas blesser, par inadvertance, un musulman. »
Muslim rapporte d’après Anas que le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit : « Cracher dans la mosquée est une faute ; son expiation consiste à l’ensevelir. »
Il est rapporté d’après Abû Dharr que le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit : « Les œuvres de ma communauté, bonnes et mauvaises, m’ont été présentées ; j’ai vu, parmi ses belles œuvres, le fait d’écarter du chemin ce qui nuit, et j’ai vu, parmi ses mauvaises œuvres, la glaire laissée dans la mosquée sans être enterrée. »
Abû Dâwûd rapporte d’après al-Faraj ibn Faḍâlah, d’après Abû Saʿd al-Ḥimyârî : « J’ai vu Wâthilah ibn al-Asqaʿ, dans la mosquée de Damas, cracher sur le natte puis l’essuyer de son pied. On lui demanda : “Pourquoi as-tu fait cela ?” Il répondit : “Parce que j’ai vu le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – le faire.” » Al-Faraj ibn Faḍâlah est un narrateur faible ; de plus, il n’y avait pas de nattes dans la mosquée du Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui. L’avis correct est que le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui –