Huitièmement – Quant à l’élévation de la voix, si celle-ci poursuit un intérêt personnel pour celui qui l’élève, on invoque contre lui le contraire de son intention, conformément au ḥadith de Barîra déjà mentionné, ainsi qu’au ḥadith d’Abû Hurayra, lequel rapporte que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Quiconque entend un homme rechercher un objet perdu dans la mosquée, qu’il dise : “Qu’Allah ne te le rende pas !” – car les mosquées n’ont pas été bâties pour cela ». C’est l’avis qu’ont adopté Mâlik et un groupe de savants, au point qu’ils ont jugé répréhensible toute voix élevée dans la mosquée, que ce soit pour l’enseignement ou pour autre chose.
Abû Ḥanîfa, ses disciples, ainsi que Muḥammad b. Maslamah parmi nos condisciples, ont, quant à eux, autorisé l’élévation de la voix dans les litiges et pour l’enseignement, affirmant que les gens ne sauraient s’en passer. Or, cette position va à l’encontre du sens apparent du ḥadith, et leur argument : « Ils ne peuvent s’en passer » est irrecevable. Bien au contraire, ils peuvent s’en passer pour deux raisons :
- En observant le recueillement et la vénération (dus à la mosquée), en gardant cela présent à l’esprit et en se prémunissant de toute attitude contraire ;
- S’ils ne peuvent vraiment s’en empêcher, qu’ils se réservent un endroit spécifique, comme le fit ‘Umar lorsqu’il fit construire une esplanade appelée al-Buṭayḥâ’ et déclara : « Celui qui veut crier ou déclamer de la poésie – c’est-à-dire dans la Mosquée du Messager d’Allah – qu’il sorte dans cette esplanade. » Cela indique qu’‘Umar réprouvait la récitation de poésie dans la mosquée, raison pour laquelle il édifia al-Buṭayḥâ’ à l’extérieur.
Neuvièmement – Le fait de dormir dans la mosquée est permis à quiconque en a besoin, homme ou femme, parmi les voyageurs ou ceux qui n’ont pas de foyer. En effet, al-Bukhârî rapporte – sur la chaîne d’Abû Qilâba, d’après Anas – qu’un groupe de la tribu de ‘Ukl vint auprès du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et qu’ils s’installèrent sous le portique (aṣ-Ṣuffah). ‘Abd ar-Raḥmân b. Abî Bakr a dit : « Les hôtes de aṣ-Ṣuffah étaient pauvres. » Les deux Ṣaḥîḥ rapportent encore, d’après Ibn ‘Umar, qu’il dormait, alors qu’il était jeune, célibataire et sans famille, dans la Mosquée du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui.
Al-Bukhârî a intitulé un chapitre : « Le sommeil de la femme dans la mosquée » et y a inséré le ḥadith de ‘Â’isha relatif à la femme noire que les siens accusèrent d’avoir volé une écharpe. ‘Â’isha dit : « Elle avait une tente (khibâ’) – ou une petite hutte (ḥufsh) – dans la mosquée… » – fin du ḥadith. On rapporte également qu’‘Aṭâ’ b. Abî Rabâḥ passa ses nuits dans la mosquée pendant quarante ans.