Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et la vente dans la mosquée. Il a par ailleurs été rapporté, dans plusieurs traditions, qu’il existe une permission de déclamer de la poésie à l’intérieur de la mosquée.

Je dis : s’agissant de se réciter des poèmes, les avis sont partagés ; certains l’interdisent catégoriquement, d’autres l’autorisent sans réserve. La position la plus juste consiste à distinguer : on examine le contenu du poème ; s’il renferme des éloges d’Allâh – exalté et glorifié soit-Il –, ou de Son Messager – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui –, ou prend leur défense, à l’instar des vers de Hassân, ou encore s’il exhorte au bien, à l’admonition, au renoncement aux vanités du monde et à la frugalité, alors cette poésie est convenable aussi bien dans les mosquées qu’ailleurs.

Ainsi dit le poète :
« Parcours, ô mon âme, afin d’atteindre l’Unique, l’Absolu ;
Laisse-moi : je ne cherche nul autre que mon Seigneur.
Il est mon intime, mon compagnon ; délaisse donc les gens,
Car, en dehors de Lui, tu ne trouveras point de refuge. »

Tout poème qui ne présente pas ces qualités n’est pas permis, car la poésie, le plus souvent, n’est pas exempte d’obscénité, de mensonge ou d’ornement mensonger ; et, quand bien même elle serait indemne de ces défauts, elle ne contient au minimum que vain bavardage, ce dont les mosquées doivent être préservées, conformément à la parole du Très-Haut : « Dans des maisons qu’Allâh a permis qu’elles soient élevées » (Coran 24 : 36).

Il peut néanmoins être permis de déclamer, dans la mosquée, un poème tel que :
« Pareille à l’étalon du sable fin que la rosée vient frapper ;
La rosée s’élève sur son dos, puis ruisselle. »

Ou celui-ci :
« Quand le ciel déverse la pluie sur la terre d’un peuple,
Nous y faisons paître nos troupeaux, même s’ils s’en irritent. »

Bien que ces vers ne comportent ni louange ni éloge, ils sont autorisés parce qu’ils sont exempts d’obscénité et de mensonge. Nous évoquerons, dans la sourate « les Poètes », ce qu’il convient de savoir sur la poésie permise et répréhensible, si Allâh – Très-Haut – le veut.

Ad-Dâraqutnî a rapporté d’après Hishâm ibn ‘Urwah, d’après son père, d’après ‘Âʾishah – qu’Allâh l’agrée – : on mentionna les poètes en présence du Messager d’Allâh – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui –, et il dit : « La parole est telle : ce qui en est bon est bon, et ce qui en est mauvais est mauvais. »

Il existe, sur ce sujet, des hadiths de ‘Abdullâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âs, Abû Hurayrah et Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh les agrée – rapportant les paroles du Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui –, mentionnés dans les Sunan.

Je dis : les disciples de l’imâm ash-Shâfi‘î attribuent cette parole à ash-Shâfi‘î, prétendant que nul autre ne l’a formulée ; on dirait qu’ils n’ont pas pris connaissance des hadiths à ce sujet. Et Allâh est plus savant.

وَالشِّرَاءِ فِي الْمَسْجِدِ. وَقَدْ رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَيْرِ حَدِيثٍ رُخْصَةٌ فِي إِنْشَادِ الشِّعْرِ فِي الْمَسْجِدِ. قُلْتُ: أَمَّا تَنَاشُدُ الْأَشْعَارِ فَاخْتُلِفَ فِي ذَلِكَ، فَمِنْ مَانِعٍ مُطْلَقًا، وَمِنْ مُجِيزٍ مُطْلَقًا، وَالْأَوْلَى التَّفْصِيلُ، وَهُوَ أَنْ يُنْظَرَ إِلَى الشِّعْرِ فَإِنْ كَانَ مِمَّا يَقْتَضِي الثَّنَاءَ عَلَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ أَوْ عَلَى رَسُولِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوِ الذَّبَّ عَنْهُمَا كَمَا كَانَ شِعْرُ حَسَّانَ، أَوْ يَتَضَمَّنُ الْحَضَّ عَلَى الْخَيْرِ وَالْوَعْظَ وَالزُّهْدَ فِي الدُّنْيَا وَالتَّقَلُّلَ مِنْهَا، فَهُوَ حَسَنٌ فِي الْمَسَاجِدِ وَغَيْرِهَا، كَقَوْلِ الْقَائِلِ: طَوِّفِي يَا نَفْسُ كَيْ أَقْصِدَ فَرْدًا صَمَدًا ... وَذَرِينِي لَسْتُ أَبْغِي غَيْرَ رَبِّي أَحَدَا فَهُوَ أُنْسِي وَجَلِيسِي وَدَعِي النَّاسَ ... فَمَا إِنْ تَجِدِي مِنْ دُونِهِ مُلْتَحَدَا «١» وَمَا لَمْ يَكُنْ كَذَلِكَ لَمْ يَجُزْ، لِأَنَّ الشِّعْرَ فِي الْغَالِبِ لَا يَخْلُو عَنِ الْفَوَاحِشِ وَالْكَذِبِ وَالتَّزَيُّنِ بِالْبَاطِلِ، وَلَوْ سَلِمَ مِنْ ذَلِكَ فَأَقَلُّ مَا فِيهِ اللَّغْوُ وَالْهَذَرُ، وَالْمَسَاجِدُ مُنَزَّهَةٌ عَنْ ذَلِكَ، لِقَوْلِهِ تَعَالَى: " فِي بُيُوتٍ أَذِنَ اللَّهُ أَنْ تُرْفَعَ" . وَقَدْ يَجُوزُ إِنْشَادُهُ فِي المسجد، كقول القائل: كفحل العداب «٢» القرد يضربه النَّدَى ... تَعَلَّى النَّدَى فِي مَتْنِهِ وَتَحَدَّرَا وَقَوْلِ الْآخَرِ: إِذَا سَقَطَ السَّمَاءُ بِأَرْضِ قَوْمٍ ... رَعَيْنَاهُ وَإِنْ كَانُوا غِضَابَا فَهَذَا النَّوْعُ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِيهِ حَمْدٌ وَلَا ثَنَاءٌ يَجُوزُ، لِأَنَّهُ خَالٍ عَنِ الْفَوَاحِشِ وَالْكَذِبِ. وَسَيَأْتِي ذِكْرُ الْأَشْعَارِ الْجَائِزَةِ وَغَيْرِهَا بِمَا فِيهِ كِفَايَةٌ فِي " الشُّعَرَاءِ" إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى. وَقَدْ رَوَى الدَّارَقُطْنِيُّ مِنْ حَدِيثِ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ عَنْ أَبِيهِ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: ذُكِرَ الشُّعَرَاءُ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: (هُوَ كَلَامٌ حَسَنُهُ حَسَنٌ وَقَبِيحُهُ قَبِيحٌ) . وَفِي الْبَابِ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. ذَكَرَهُ فِي السُّنَنِ. قُلْتُ: وَأَصْحَابُ الشَّافِعِيِّ يَأْثُرُونَ هَذَا الْكَلَامَ عَنِ الشَّافِعِيِّ وَأَنَّهُ لَمْ يَتَكَلَّمْ بِهِ غَيْرُهُ، وَكَأَنَّهُمْ لَمْ يَقِفُوا عَلَى الْأَحَادِيثِ فِي ذلك. والله أعلم.
(١). من مجزوه الرمل وإنشاده:" طوفي يا نفس كي أف ... - صد فردا صمدا. (٢). العداب (بالفتح والدال المهملة): ما استرق من الرمل. وقيل: جانبه الذي يرق ويلي الجدد من الأرض. الواحد والجمع سواه؟.

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