et tout ce qui lui ressemble. Toute chose qui incommode les gens peut être écartée d’eux tant que la cause de cette nuisance subsiste, jusqu’à sa disparition. Il convient donc à celui qui a consommé de l’ail, ou toute chose analogue dégageant une mauvaise odeur qui importune les gens, d’éviter les rassemblements – qu’il s’agisse de la prière ou d’autres réunions, comme les cercles de science, les banquets et ce qui y ressemble. C’est pour cette raison que furent mentionnés ensemble l’oignon, l’ail et le poireau, et qu’il fut indiqué que tout cela fait partie de ce qui cause du tort.
Abû ‘Umar Ibn ‘Abd al-Barr a dit : « J’ai vu notre maître Abû ‘Umar Aḥmad b. ‘Abd al-Malik b. Hishâm – qu’Allah lui fasse miséricorde – émettre une fatwa concernant un homme que ses voisins avaient dénoncé unanimement, affirmant qu’il les importunait dans la mosquée par ses paroles et ses gestes. On le consulta alors au sujet de cet homme, et il statua qu’il fallait l’expulser de la mosquée, l’en tenir éloigné et ne pas le laisser assister avec eux à la prière, car, du fait de sa folie et de ses excès, il n’était pas possible d’être à l’abri de ses nuisances. Un jour, je lui rappelai cette affaire, lui demandai la preuve de l’avis qu’il avait émis et revins à la charge. Il s’appuya alors sur le ḥadith de l’ail et déclara : “À mes yeux, le préjudice qu’il cause est plus grave encore que celui qu’engendre la consommation d’ail ; son auteur doit donc être empêché d’assister à la prière en congrégation dans la mosquée.” »
Je dis : Dans les traditions mursal, il est rapporté : « L’homme profère parfois un mensonge, et l’ange s’éloigne de lui à cause de l’infecte odeur qu’il exhale. » Dès lors, quiconque est connu pour son mensonge et ses propos fallacieux doit être tenu à l’écart, car cela aussi importe nuise.
Cinquièmement – La plupart des savants estiment que toutes les mosquées sont égales à cet égard, conformément au ḥadith d’Ibn ‘Umar. Certains ont cependant affirmé que l’interdiction ne concerne que la mosquée du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – en raison de Jibrîl, sur lui la paix, qui y descendait, et en se fondant sur la parole rapportée dans le ḥadith de Jâbir : « … qu’il ne s’approche pas de notre mosquée. » Le premier avis est toutefois le plus correct, car la qualité mentionnée dans le jugement est celle de « mosquée » ; or, mentionner la qualité dans le jugement en indique la cause générale.
Al-Tha‘labî a rapporté, avec sa chaîne, d’après Anas – qu’Allah l’agrée – que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah amènera les mosquées d’ici-bas semblables à de grandes chamelles blanches : leurs pattes seront d’ambre, leurs cous de safran, leurs têtes de musc, leurs brides d’émeraude verte. Leurs muezzins les guideront, leurs imâms les mèneront, et ceux qui les ont fréquentées s’y accrocheront. Elles traverseront les plaines du rassemblement plus rapides qu’un éclair fulgurant. Les gens présents diront alors : “Voilà des anges rapprochés ou des prophètes envoyés.” Il sera proclamé : “Ce ne sont ni des anges ni des prophètes, mais les gens des mosquées et ceux qui ont observé la prière parmi la communauté de Muḥammad – paix et salut sur lui.” »
Et dans la Révélation : « Ne fréquentent les mosquées d’Allah que ceux qui croient en Allah… » (at-Tawba, 18). Ce verset est d’application générale.