Parole du Très-Haut :
« Dans des maisons qu’Allah a permis d’élever et où Son Nom est invoqué ; il y célèbre Sa gloire, matin et soir, des hommes que ni négoce ni vente ne distraient du rappel d’Allah, de l’accomplissement de la prière et du versement de la zakât. »
Ce passage comporte dix-neuf questions.
Première question
Parole du Très-Haut : « Dans des maisons qu’Allah a permis d’élever… »
La lettre « bâ » de « buyût / maisons » se prononce tantôt avec ḍamma, tantôt avec kasra, comme il a été expliqué plus haut.
Les savants ont divergé quant à la fonction de la particule « fî / dans ». On a dit qu’elle se rattache au mot « miṣbâḥ / lampe ». D’autres ont estimé qu’elle se rapporte au verbe « yusabbiḥu lahu / Il est glorifié ». Selon cette seconde interprétation, il convient de s’arrêter à la fin du verset : « …et Allah est Omniscient. »
Ibn al-Anbârî rapporte avoir entendu Abû l-‘Abbâs dire qu’il s’agit d’un état circonstanciel (ḥâl) se rapportant à la lampe, au verre et à l’astre brillant ; comme si le verset disait : « telles qu’elles sont, dans des maisons… »
Al-Tirmidhî al-Ḥakîm Muḥammad ibn ‘Alî considère que l’expression « dans des maisons » est détachée ; c’est comme si l’on disait : « Allah (Se trouve) dans des maisons qu’Il a autorisé à être élevées ». À l’appui de cela, les hadiths rapportent : « Quiconque s’assied dans la mosquée, c’est avec son Seigneur qu’il s’assoit. » De même, il est transmis, à propos de la Torah : « Lorsqu’un croyant se rend à la mosquée, Allah – béni soit Son Nom – dit : ‘Mon serviteur M’a rendu visite ; c’est à Moi de l’honorer, et Je ne me satisferai pour lui d’aucune hospitalité inférieure au Paradis.’ »
Ibn al-Anbârî ajoute : si l’on fait dépendre « fî / dans » du verbe « yusabbiḥu » ou si l’on en fait un qualificatif pour « rijâl / des hommes », il est alors recommandé de s’arrêter sur la phrase : « Et Allah est Omniscient de toute chose. »
Al-Rummânî, pour sa part, rattache la préposition au verbe « yûqadu / elle est allumée » ; dans ce cas, on ne s’arrête pas sur « ‘alîm / Omniscient ».
Objection : comment comprendre que « les maisons » soit relié à « yûqadu / est allumée » alors que la lampe et la niche sont au singulier, tandis que « maisons » est au pluriel ? Une seule niche ne peut se trouver que dans une seule maison.
Réponse : il s’agit là du style varié, qui commence au singulier et s’achève au pluriel, à l’image de la parole divine : « Ô Prophète ! Lorsque vous répudiez les femmes… » (65 : 1) et d’autres versets semblables.
On a également dit que le pluriel « maisons » renvoie en fait à chaque maison prise isolément.
D’autre part, c’est comparable à la parole du Très-Haut : « …et Il y a placé – dans celles-ci – la lune comme lumière… » (71 : 16), alors que la lune ne se trouve que dans une seule de ces sphères.
Les exégètes se sont divisés, au sujet de ces « maisons », en cinq opinions :
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Il s’agit des mosquées vouées exclusivement à l’adoration d’Allah. Elles éclairent les habitants du ciel comme les étoiles éclairent les gens de la terre ; avis rapporté d’Ibn ‘Abbâs, Mujâhid et al-Ḥasan.
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Ce sont les maisons du sanctuaire de Bayt al-Maqdis (Jérusalem), selon une autre opinion d’al-Ḥasan.
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Ce sont les demeures du Prophète – qu’Allah lui accorde bénédiction et salut – d’après une autre narration de Mujâhid.
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Ce sont toutes les maisons, comme l’a avancé ‘Ikrima.
L’expression « Il y célèbre Sa gloire, matin et soir » vient renforcer l’avis selon lequel il s’agit des mosquées.
- Une cinquième opinion affirme qu’il s’agit des quatre mosquées