Il s’agit, à l’origine, d’une expression métaphorique ; toutefois, appliquée à la description d’Allah, elle constitue une vérité pure : c’est en effet Lui qui a fait surgir les êtres et qui a créé l’intellect comme une lumière directrice, car l’apparition de ce qui existe dépend de Lui, tout comme la perception des choses visibles dépend de la clarté lumineuse. Béni et Très-Haut soit-Il ; point de seigneur en dehors de Lui. Tel est le sens retenu par Mujâhid, Az-Zuhrî et d’autres encore.
Ibn ʿArafa a dit : c’est-à-dire « Celui qui illumine les cieux et la terre ». Telle est également l’explication donnée par Ad-Dahhâk et Al-Qaraẓî.
De même, l’on dit : « Un tel est notre ghiyâth », c’est-à-dire celui qui nous vient en aide ; ou encore : « Un tel est mon zâd », c’est-à-dire celui qui me pourvoit. Le poète Jarîr a dit :
« Et toi, tu es pour nous lumière, pluie bienfaisante et sauvegarde,
et verdure – feuillage – pour qui espère ta munificence et ta fraîcheur. »
Mujâhid a également déclaré : « Il est l’ordonnateur des affaires dans les cieux et sur la terre. »
Ubayy ibn Kaʿb, Al-Ḥasan et Abû Al-ʿÂliya ont dit : « Il est Celui qui orne les cieux du soleil, de la lune et des étoiles, et qui pare la terre des prophètes, des savants et des croyants. »
Ibn ʿAbbâs et Anas ont dit : « Le sens est : Allah est le Guide des habitants des cieux et de la terre. » – La première explication demeure néanmoins la plus englobante et la plus correcte au regard du contexte : elle renvoie aux preuves qu’Il insuffle dans le cœur du croyant, preuves que l’on désigne par le terme « lumière ».
Allah, Exalté soit-Il, a qualifié Son Livre de « lumière » en disant : « Nous avons fait descendre vers vous une lumière évidente » (An-Nisâ’ : 174) ; Il a pareillement qualifié Son Prophète de « lumière » : « Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d’Allah » (Al-Mâ’idah : 15). Le Livre guide et éclaire, et il en est de même pour le Messager. L’attribution de la lumière à Allah s’explique par le fait qu’Il est Celui qui établit la guidée, la clarifie et l’instaure.
Le verset peut encore recevoir une autre signification où il n’y a pas correspondance terme à terme entre l’exemple et l’illustré ; la comparaison y porte sur l’ensemble : il se peut que soit visé l’ensemble constitué par la lumière d’Allah – Sa guidée, la perfection avec laquelle Il a façonné chaque créature et Ses preuves éclatantes envisagées globalement – comparé à cet ensemble lumineux que vous adoptez, vous, sous cette forme, la plus accomplie des formes de lumière perceptible pour les gens ; ainsi, la clarté de la lumière d’Allah est semblable, dans son évidence, à ce qui représente pour vous, ô hommes, l’ultime degré de luminosité.
Quant à la « mishkât », il s’agit, selon Ibn Jubayr et la majorité des exégètes, d’une niche ménagée dans le mur qui ne débouche pas à l’extérieur ; elle recueille le mieux la lumière, et la lampe y éclaire davantage qu’ailleurs. À l’origine, le terme désigne un récipient dans lequel on dépose quelque chose. La mishkât est un conteneur en cuir – semblable à un seau – dans lequel on rafraîchit l’eau ; morphologiquement, il relève de la forme « mifʿalah » comme « miqrâh » (auge) et « miṣfâh » (passoire). Le poète a dit