Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Du capital de la mukâtaba.

Mâlik a dit : l’abattement accordé au mukâtab doit porter sur la dernière tranche de son contrat. Ibn ‘Umar a ainsi remisé cinq mille (dirhams) sur les trente-cinq mille qui lui étaient dus. ‘Alî – qu’Allâh l’agrée – a jugé préférable que cet abattement corresponde au quart du montant de la mukâtaba.

Al-Zahraoui rapporte que cela a été transmis du Prophète ﷺ. Ibn Mas‘ûd et al-Hasan b. Abî l-Hasan ont, quant à eux, estimé qu’un tiers constituait la proportion la plus convenable.

Qatâdah a parlé d’un dixième.

Selon Ibn Jubayr, on retranche « quelque chose », sans en fixer la mesure ; tel est également l’avis d’al-Shâfi‘î, que Sufyân al-Thawrî a approuvé.

Al-Shâfi‘î dit : « Le terme “chose” (shay’) s’applique à la plus petite quantité susceptible de recevoir ce nom. Le maître y est contraint, et le juge l’impose aux héritiers si le maître décède. » Mâlik – qu’Allâh lui fasse miséricorde – y voit une recommandation (nadb) et n’a fixé aucune quotité déterminée pour cet abattement.

Al-Shâfi‘î a argumenté à partir du commandement absolu contenu dans la Parole du Très-Haut : « Et donnez-leur… », estimant qu’il est reconnu dans le Coran et dans la langue des Arabes de faire suivre ce qui est obligatoire de ce qui relève de la surérogation, comme dans la Parole d’Allâh : « Certes Allâh commande l’équité, la bienfaisance et le fait de donner aux proches parents » (an-Nahl, 90) et semblables passages.

Ibn al-‘Arabî dit – et ce point avait déjà été évoqué avant lui par Ismâ‘îl b. Is-hâq al-Qâdî – : « Al-Shâfi‘î a rendu l’octroi (al-îtâ’) obligatoire, alors que la mukâtaba elle-même ne l’est pas ; il a ainsi fait de la racine une chose non obligatoire et de la branche une chose obligatoire, ce qui n’a pas de précédent : il ne s’agit donc que d’une simple allégation. »

S’il était objecté : « La chose ressemble au mariage : il n’est pas obligatoire, mais, une fois contracté, ses dispositions deviennent obligatoires, parmi lesquelles l’allocation de consolation (al-mut‘ah). »

Nous répondons : Selon nous, la mut‘ah n’est pas obligatoire ; il n’y a donc aucun argument valable pour les partisans de l’école shâfi‘ite. ‘Uthmân b. ‘Affân contracta la mukâtaba avec son esclave et jura de ne rien lui remiser… (hadith long).

J’ajoute : al-Hasan, an-Nakha‘î et Buraydah ont expliqué que le discours divin « et donnez-leur » s’adresse à l’ensemble des gens, les enjoignant de faire aumône aux mukâtabîn et de les aider à affranchir leurs personnes.

Zayd b. Aslam a dit : Le discours s’adresse aux gouvernants afin qu’ils attribuent aux mukâtabîn, sur le fonds de la Zakât, leur part, conformément à la Parole du Très-Haut : « … et pour l’affranchissement des captifs » ; selon ces deux opinions, le maître du mukâtab n’a donc pas la faculté de réduire quoi que ce soit de la dette de son mukâtab. La preuve en est que, si le Très-Haut avait voulu prescrire une remise sur les versements de la mukâtaba, Il aurait dit : « Remettez-leur telle ou telle chose. »

Treizièmement – Si l’on dit que les destinataires du discours sont les maîtres, ‘Umar b. al-Khattâb estima que l’abattement devait porter sur la première des échéances, par empressement vers le bien et de crainte de ne pas atteindre la dernière. Mâlik – qu’Allâh lui fasse miséricorde – et d’autres virent plutôt que la remise devait être affectée à la dernière échéance ; leur justification est que, si l’on retranche dès la première, il se peut que l’esclave devienne incapable

مِنْ مَالِ الْكِتَابَةِ. قَالَ مَالِكٌ: يُوضَعُ عَنِ الْمُكَاتَبِ مِنْ آخِرِ كِتَابَتِهِ. وَقَدْ وَضَعَ ابْنُ عُمَرَ خَمْسَةَ آلَافٍ مِنْ خَمْسَةٍ وَثَلَاثِينَ أَلْفًا. وَاسْتَحْسَنَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ رُبْعَ الْكِتَابَةِ. قَالَ الزَّهْرَاوِيُّ: رُوِيَ ذَلِكَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَاسْتَحْسَنَ ابْنُ مَسْعُودٍ وَالْحَسَنُ بْنُ أَبِي الْحَسَنِ ثُلُثَهَا. وَقَالَ قَتَادَةُ: عُشْرُهَا. ابْنُ جُبَيْرٍ: يُسْقِطُ عَنْهُ شَيْئًا، وَلَمْ يَحُدَّهُ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ، وَاسْتَحْسَنَهُ الثوري. قال الشافعي: والشيء أقل شي يقع عليه اسم شي، وَيُجْبَرُ عَلَيْهِ السَّيِّدُ وَيَحْكُمُ بِهِ الْحَاكِمُ عَلَى الْوَرَثَةِ إِنْ مَاتَ السَّيِّدُ. وَرَأَى مَالِكٌ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى هَذَا الْأَمْرَ عَلَى النَّدْبِ، وَلَمْ يَرَ لِقَدْرِ الْوَضْعِيَّةِ حَدًّا. احْتَجَّ الشَّافِعِيُّ بِمُطْلَقِ الامر في قوله: " وَآتُوهُمْ" ، وَرَأَى أَنَّ عَطْفَ الْوَاجِبِ عَلَى النَّدْبِ مَعْلُومٌ فِي الْقُرْآنِ وَلِسَانِ الْعَرَبِ كَمَا قَالَ تَعَالَى: " إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسانِ وَإِيتاءِ ذِي الْقُرْبى " «١» [النحل: ٩٠] وَمَا كَانَ مِثْلَهُ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَذَكَرَهُ قَبْلَهُ إِسْمَاعِيلُ بْنُ إِسْحَاقَ الْقَاضِي، جَعَلَ الشَّافِعِيُّ الْإِيتَاءَ وَاجِبًا، وَالْكِتَابَةَ غَيْرَ وَاجِبَةٍ، فَجَعَلَ الْأَصْلَ غَيْرَ وَاجِبٍ وَالْفَرْعَ وَاجِبًا، وَهَذَا لَا نَظِيرَ لَهُ، فَصَارَتْ دَعْوَى مَحْضَةً. فَإِنْ قِيلَ: يَكُونُ ذَلِكَ كَالنِّكَاحِ لَا يَجِبُ فَإِذَا انْعَقَدَ وَجَبَتْ أَحْكَامُهُ، مِنْهَا الْمُتْعَةُ. قُلْنَا: عِنْدَنَا لَا تَجِبُ الْمُتْعَةُ فَلَا مَعْنَى لِأَصْحَابِ الشَّافِعِيِّ. وَقَدْ كَاتَبَ عُثْمَانُ بْنُ عَفَّانَ عَبْدَهُ وَحَلَفَ أَلَّا يَحُطَّهُ ... ، فِي حَدِيثٍ طَوِيلٍ. قُلْتُ: وَقَدْ قَالَ الْحَسَنُ وَالنَّخَعِيُّ وَبُرَيْدَةُ إِنَّمَا الْخِطَابُ بِقَوْلِهِ: " وَآتُوهُمْ" لِلنَّاسِ أَجْمَعِينَ فِي أَنْ يَتَصَدَّقُوا عَلَى الْمُكَاتَبِينَ، وَأَنْ يُعِينُوهُمْ فِي فِكَاكِ رِقَابِهِمْ. وَقَالَ زَيْدُ بْنُ أَسْلَمَ: إِنَّمَا الْخِطَابُ لِلْوُلَاةِ بِأَنْ يُعْطُوا الْمُكَاتَبِينَ مِنْ مَالِ الصَّدَقَةِ حَظَّهُمْ، وَهُوَ الَّذِي تَضَمَّنَهُ قَوْلُهُ تَعَالَى " وَفِي الرِّقابِ" «٢» . وَعَلَى هَذَيْنَ الْقَوْلَيْنِ فَلَيْسَ لِسَيِّدِ الْمُكَاتَبِ أَنْ يَضَعَ شَيْئًا عَنْ مُكَاتَبِهِ. وَدَلِيلُ هَذَا أَنَّهُ لَوْ أَرَادَ حَطَّ شي مِنْ نُجُومِ الْكِتَابَةِ لَقَالَ وَضَعُوا عَنْهُمْ كَذَا. الثَّالِثَةَ عَشْرَةَ- إِذَا قُلْنَا: إِنَّ الْمُرَادَ بِالْخِطَابِ السَّادَةُ فَرَأَى عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ مِنْ أَوَّلِ نُجُومِهِ، مُبَادَرَةً إِلَى الْخَيْرِ خَوْفًا أَلَّا يُدْرِكَ آخِرَهَا. وَرَأَى مَالِكٌ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى وَغَيْرُهُ أَنْ يَكُونَ الْوَضْعُ مِنْ آخِرِ نَجْمٍ. وَعِلَّةُ ذَلِكَ أَنَّهُ إِذَا وَضَعَ من أول نجم ربما عجز العبد
(١). راجع ج ١٠ ص ١٦٥. (٢). راجع ج ٨ ص ١٨٢.

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