Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Tout ce qui provient d’une aumône ou d’une autre source revient à son maître ; il lui est licite d’en prendre l’intégralité. Tel est l’avis d’al-Châfiʿî, d’Abû Hanîfa et de leurs disciples, ainsi que d’Ahmad ibn Hanbal ; c’est aussi un des deux propos rapportés de Churayḥ.

Al-Thawrî a dit : le maître doit affecter ce qu’il a perçu à l’affranchissement des esclaves (« ar-riqâb »). C’est également l’opinion de Masrûq, d’al-Nakhaʿî et d’une autre narration attribuée à Churayḥ.

Un groupe de savants a soutenu que tout ce que le maître a déjà encaissé lui appartient, mais que le reliquat laissé entre les mains de l’esclave après qu’il a été déclaré incapable lui revient à lui, non à son maître ; telle est la position de ceux qui estiment que l’esclave peut être titulaire d’un droit de propriété.

Isḥâq a dit : tout ce qui a été donné en raison du contrat de kitâba doit être restitué à ses propriétaires.

Dixième question : Le ḥadith de Barîra, dans la diversité de ses chaînes et de ses formulations, implique qu’elle fit l’objet d’une vente après qu’un contrat de kitâba eut été conclu auparavant. C’est à cause de cela que les savants ont divergé au sujet de la vente du mukâtab. Al-Bukhârî a intitulé un chapitre : « Chapitre de la vente du mukâtab lorsqu’il y consent ».

À la permissibilité de le vendre en vue de son affranchissement, pourvu que le mukâtab accepte la vente, fût-il encore capable d’honorer son contrat, ont souscrit Ibn al-Mundhir et al-Dâwadî ; c’est l’avis qu’a retenu Abû ʿUmar ibn ʿAbd al-Barr et c’est celui d’Ibn Chihâb, Abû al-Zinâd et Rabîʿa, tout en précisant que le fait même d’accepter la vente constitue de sa part une reconnaissance d’incapacité.

Mâlik, Abû Hanîfa et leurs écoles respectives affirment qu’il n’est pas permis de vendre le mukâtab tant qu’il demeure sous contrat, à moins qu’il ne soit incapable, et qu’il n’est jamais permis de vendre son contrat de kitâba. Tel est aussi l’avis d’al-Châfiʿî en Égypte, alors qu’en Irak il disait : sa vente est valable, mais non la vente de sa kitâba. Mâlik autorise toutefois la vente de la kitâba : s’il l’acquitte, il est affranchi ; sinon il devient l’esclave de l’acheteur du contrat. Abû Hanîfa l’interdit parce qu’il s’agit d’une vente entachée de gharar ; quant à al-Châfiʿî, ses propos oscillent entre interdiction et autorisation.

Un autre groupe estime licite la vente du mukâtab à condition que le contrat poursuive ses effets ; s’il acquitte, il est affranchi et son walâʾ revient à l’acquéreur, mais, s’il devient incapable, il redevient son esclave. C’est l’avis d’al-Nakhaʿî, ʿAtâʾ, al-Layth, Ahmad et Abû Thawr.

Al-Awzâʿî dit : le mukâtab n’est vendu que pour l’affranchissement, et il est réprouvé de le vendre avant son incapacité ; c’est également l’avis d’Ahmad et d’Isḥâq.

Abû ʿUmar (Ibn ʿAbd al-Barr) déclare : le ḥadith de Barîra atteste la validité de la vente du mukâtab lorsqu’il y consent et qu’il n’est pas dans l’impossibilité de payer une échéance venue à terme, contrairement à ceux qui prétendent que la vente n’est permise qu’en cas d’incapacité. En effet, Barîra n’a jamais mentionné qu’elle fût incapable de régler une échéance, ni qu’une échéance fût échue, et le Prophète ﷺ ne l’a pas interrogée : « Es-tu incapable ? Une échéance est-elle arrivée ? » Si la vente du mukâtab ou de la kitâba n’avait été permise qu’en cas d’incapacité d’acquitter une échéance exigible, le Prophète ﷺ l’aurait forcément questionnée à ce sujet et ne lui aurait pas donné son autorisation.

مِنْ صَدَقَةٍ أَوْ غَيْرِهَا فَهُوَ لِسَيِّدِهِ، يَطِيبُ لَهُ أَخْذُ ذَلِكَ كُلِّهِ. هَذَا قَوْلُ الشَّافِعِيِّ وَأَبِي حَنِيفَةَ وَأَصْحَابِهِمَا وَأَحْمَدَ بْنِ حَنْبَلٍ، وَرِوَايَةٌ عَنْ شُرَيْحٍ. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ: يَجْعَلُ السَّيِّدُ مَا أَعْطَاهُ فِي الرِّقَابِ، وَهُوَ قَوْلُ مَسْرُوقٍ وَالنَّخَعِيِّ، وَرِوَايَةٌ عَنْ شُرَيْحٍ. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: مَا قَبَضَ مِنْهُ السَّيِّدُ فَهُوَ لَهُ، وَمَا فَضَلَ بِيَدِهِ بَعْدَ الْعَجْزِ فَهُوَ لَهُ دُونَ سَيِّدِهِ، وَهَذَا قَوْلُ بَعْضِ مَنْ ذَهَبَ إِلَى أَنَّ الْعَبْدَ يُمْلَكُ. وَقَالَ إِسْحَاقُ: مَا أُعْطِيَ بِحَالِ الْكِتَابَةِ رُدَّ عَلَى أَرْبَابِهِ. الْعَاشِرَةُ- حَدِيثُ بَرِيرَةَ عَلَى اخْتِلَافِ طُرُقِهِ وَأَلْفَاظِهِ يَتَضَمَّنُ أَنَّ بَرِيرَةَ وَقَعَ فِيهَا بَيْعٌ بَعْدَ كِتَابَةٍ تَقَدَّمَتْ. وَاخْتَلَفَ النَّاسُ فِي بَيْعِ الْمُكَاتَبِ بِسَبَبِ ذَلِكَ. وَقَدْ تَرْجَمَ الْبُخَارِيُّ (بَابَ بَيْعِ الْمُكَاتَبِ إِذَا رَضِيَ) . وَإِلَى جَوَازِ بَيْعِهِ لِلْعِتْقِ إِذَا رَضِيَ الْمُكَاتَبُ بِالْبَيْعِ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ عَاجِزًا- ذَهَبَ ابْنُ الْمُنْذِرِ وَالدَّاوُدِيُّ، وَهُوَ الَّذِي ارْتَضَاهُ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ شِهَابٍ «١» وَأَبُو الزِّنَادِ وَرَبِيعَةُ غَيْرَ أَنَّهُمْ قَالُوا: لِأَنَّ رِضَاهُ بِالْبَيْعِ عَجْزٌ مِنْهُ. وَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُمَا: لَا يَجُوزُ بَيْعُ الْمُكَاتَبِ مَا دَامَ مُكَاتَبًا حَتَّى يَعْجَزَ، وَلَا يَجُوزَ بَيْعُ كِتَابَتِهِ بِحَالٍ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ بِمِصْرَ، وَكَانَ بِالْعِرَاقِ يَقُولُ: بَيْعُهُ جَائِزٌ، وَأَمَّا بَيْعُ كِتَابَتِهِ فَغَيْرُ جَائِزَةٍ. وَأَجَازَ مَالِكٌ بَيْعَ الْكِتَابَةِ، فَإِنْ أَدَّاهَا عُتِقَ، وَإِلَّا كَانَ رَقِيقًا لِمُشْتَرِي الْكِتَابَةِ. وَمَنَعَ مِنْ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ، لِأَنَّهُ بَيْعُ غَرَرٍ. وَاخْتَلَفَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ فِي ذَلِكَ بِالْمَنْعِ وَالْإِجَازَةِ. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: يَجُوزُ بَيْعُ الْمُكَاتَبِ عَلَى أَنْ يَمْضِيَ فِي كِتَابَتِهِ، فَإِنْ أَدَّى عُتِقَ وَكَانَ وَلَاؤُهُ لِلَّذِي ابْتَاعَهُ وَلَوْ عَجَزَ فَهُوَ عَبْدٌ لَهُ. وَبِهِ قَالَ النَّخَعِيُّ وَعَطَاءٌ وَاللَّيْثُ وَأَحْمَدُ وَأَبُو ثَوْرٍ. وَقَالَ الْأَوْزَاعِيُّ: لَا يُبَاعُ الْمُكَاتَبُ إِلَّا لِلْعِتْقِ، وَيُكْرَهُ أَنْ يُبَاعَ قَبْلَ عَجْزِهِ، وَهُوَ قَوْلُ أَحْمَدَ وَإِسْحَاقَ. قَالَ أَبُو عُمَرَ: فِي حَدِيثِ بَرِيرَةَ إِجَازَةُ بَيْعِ الْمُكَاتَبِ إِذَا رَضِيَ بِالْبَيْعِ وَلَمْ يَكُنْ عَاجِزًا عَنْ أَدَاءِ نَجْمٍ قَدْ حَلَّ عَلَيْهِ، بِخِلَافِ قَوْلِ مَنْ زَعَمَ أَنَّ بَيْعَ الْمُكَاتَبِ غَيْرُ جَائِزٍ إِلَّا بِالْعَجْزِ، لِأَنَّ بَرِيرَةَ لَمْ تَذْكُرْ أَنَّهَا عَجَزَتْ عَنْ أَدَاءِ نَجْمٍ، وَلَا أَخْبَرَتْ بِأَنَّ النَّجْمَ قَدْ حَلَّ عَلَيْهَا، وَلَا قَالَ لَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَعَاجِزَةٌ أَنْتِ أَمْ هَلْ حَلَّ عَلَيْكِ نَجْمٌ. وَلَوْ لَمْ يَجُزْ بَيْعُ الْمُكَاتَبِ وَالْمُكَاتَبَةِ إِلَّا بِالْعَجْزِ عَنْ أَدَاءِ مَا قَدْ حَلَّ لَكَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ سَأَلَهَا أَعَاجِزَةٌ هِيَ أَمْ لا، وما كان ليأذن
(١). في ك: أشهب.

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