Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il existe une contradiction apparente ; toutefois, le ḥadith rapporté par Hishâm est préférable, sa chaîne de transmission étant continue, alors que celle du ḥadith de Yûnus est interrompue. Al-Bukhârî le souligne lorsqu’il rapporte : « Al-Layth a dit : “Yûnus m’a rapporté…” ». De plus, Hishâm est le plus fiable lorsqu’il transmet de son père et de son grand-père. Allah est plus Savant.

Septièmement : le mukâtab demeure esclave tant qu’il reste à sa charge ne fût-ce qu’une parcelle de la somme due au titre de la mukâtaba, conformément à la parole du Prophète — qu’Allah lui accorde bénédiction et salut :
« Le mukâtab est esclave tant qu’il reste à payer un dirham de sa mukâtaba. »
Ce hadith est rapporté par Abû Dâwûd d’après ‘Amr ibn Shu‘ayb, d’après son père, d’après son grand-père.

Il est également rapporté de lui — qu’Allah prie sur lui et le salue — qu’il a dit :
« Tout esclave qui conclut une mukâtaba de cent dînars et en a acquitté tout sauf dix dînars demeure esclave. »

Tel est l’avis de Mâlik, d’Ash-Shâfi‘î, d’Abû Ḥanîfa et de ses disciples, d’Ath-Thawrî, d’Aḥmad, d’Isḥâq, d’Abû Thawr et d’Aṭ-Ṭabarî. Il a également été rapporté par plusieurs chaînes d’Ibn ‘Umar, ainsi que de Zayd ibn Thâbit, ‘Â’isha et Umm Salama — qu’Allah les agrée — sans divergence connue. Il est encore relaté de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb et c’est l’opinion d’Ibn al-Musayyib, d’Al-Qâsim, de Sâlim et de ‘Aṭâ’.

Mâlik a dit : « Tous ceux que nous avons rencontrés dans notre contrée tiennent la même opinion. »

Une autre position est néanmoins rapportée d’Ali — qu’Allah l’agrée — : si l’esclave a payé la moitié, il est désormais simple débiteur. C’est aussi l’avis d’An-Nakha‘î et il est rapporté d’‘Umar — qu’Allah l’agrée —. Cependant, la chaîne selon laquelle « le mukâtab reste esclave tant qu’il lui reste un dirham » est plus authentique que celle affirmant qu’« il n’y a plus d’asservissement dès qu’il a versé la moitié », comme l’a précisé Abû ‘Umar.

D’Ali — qu’Allah l’agrée — on rapporte encore qu’il est affranchi à proportion de ce qu’il a versé, et également que l’affranchissement prend effet dès la première échéance réglée.

Ibn Mas‘ûd a dit : « S’il paie le tiers de la mukâtaba, il est affranchi mais demeure débiteur », et c’est également l’avis de Shurayḥ.

Selon une autre version d’Ibn Mas‘ûd : « Si la mukâtaba s’élève à deux cents dînars, que la valeur de l’esclave est de cent dînars, et qu’il verse ces cent dînars correspondant à sa valeur, il est affranchi. » C’est aussi l’opinion d’An-Nakha‘î.

Un sixième avis affirme que lorsque les trois quarts sont réglés et qu’il reste le quart, il devient débiteur et ne redevient plus esclave ; c’est la position d‘Aṭâ’ ibn Abî Rabâḥ, rapportée par Ibn Jurayj.

D’aucuns, parmi les Anciens, ont soutenu qu’au seul acte de conclure la mukâtaba, l’esclave devient libre et qu’il n’est plus jamais ramené à l’esclavage ; il reste seulement débiteur de la somme convenue. Cet avis est cependant réfuté par le ḥadith authentique de Barîra — qu’Allah l’agrée —, rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. Ce hadith prouve clairement que le mukâtab demeure esclave ; sans cela, Barîra n’aurait pas été vendue. S’il s’était trouvé en elle la moindre part de liberté, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — n’aurait pas autorisé cette vente, car il est unanimement établi dans sa Sunna qu’un être libre ne se vend pas.

Il en est de même pour la mukâtaba de Salmân et de Juwayriya : le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — les considéra tous deux comme esclaves jusqu’à ce qu’ils eussent intégralement payé leur mukâtaba. Tout cela constitue un argument en faveur de l’opinion majoritaire voulant que le mukâtab demeure esclave tant qu’il lui reste quoi que ce soit à payer.

تَعَارُضٌ، غَيْرَ أَنَّ حَدِيثَ هِشَامٍ أَوْلَى لِاتِّصَالِهِ وَانْقِطَاعِ حَدِيثِ يُونُسَ، لِقَوْلِ الْبُخَارِيِّ: وَقَالَ اللَّيْثُ حَدَّثَنِي يُونُسُ، وَلِأَنَّ هِشَامًا أَثْبَتُ فِي حَدِيثِ أَبِيهِ وَجَدِّهِ مِنْ غَيْرِهِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّابِعَةُ- الْمُكَاتَبُ عَبْدٌ مَا بَقِيَ عَلَيْهِ مِنْ مَالِ الكتابة شي، لِقَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (الْمُكَاتَبُ عَبْدٌ مَا بَقِيَ عليه من مكاتبته درهم) . أخرجه أَبُو دَاوُدَ عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ. وَرُوِيَ عَنْهُ أَيْضًا أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (أَيُّمَا عَبْدٍ كَاتَبَ عَلَى مِائَةِ دِينَارٍ فَأَدَّاهَا إِلَّا عَشَرَةَ دَنَانِيرَ فَهُوَ عَبْدٌ) . وَهَذَا قَوْلُ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ وَأَبِي حَنِيفَةَ وَأَصْحَابِهِمْ وَالثَّوْرِيِّ وَأَحْمَدَ وَإِسْحَاقَ وَأَبِي ثَوْرٍ وَدَاوُدَ وَالطَّبَرِيِّ. وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ مِنْ وُجُوهٍ، وَعَنْ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ وَعَائِشَةَ وَأُمِّ سَلَمَةَ، لَمْ يُخْتَلَفْ عَنْهُمْ فِي ذَلِكَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ. وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ الْمُسَيَّبِ وَالْقَاسِمُ وَسَالِمٌ وَعَطَاءٌ. قَالَ مَالِكٌ: وَكُلُّ مَنْ أَدْرَكْنَا بِبَلَدِنَا يَقُولُ ذَلِكَ. وَفِيهَا قَوْلٌ آخَرُ رُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ أَنَّهُ إِذَا أَدَّى الشَّطْرَ فَهُوَ غَرِيمٌ، وَبِهِ قَالَ النَّخَعِيُّ. وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنْ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، وَالْإِسْنَادُ عَنْهُ بِأَنَّ الْمُكَاتَبَ عَبْدٌ مَا بَقِيَ عَلَيْهِ دِرْهَمٌ، خَيْرٌ مِنَ الْإِسْنَادِ عَنْهُ بِأَنَّ الْمُكَاتَبَ إِذَا أَدَّى الشَّطْرَ فَلَا رِقَّ عَلَيْهِ، قَالَهُ أَبُو عُمَرَ. وَعَنْ عَلِيٍّ أَيْضًا يَعْتِقُ مِنْهُ بقدر ما أذى. وَعَنْهُ أَيْضًا أَنَّ الْعَتَاقَةَ تَجْرِي فِيهِ بِأَوَّلِ نَجْمٍ يُؤَدِّيهِ. وَقَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ: إِذَا أَدَّى ثُلُثَ الْكِتَابَةِ فَهُوَ عَتِيقٌ غَرِيمٌ، وَهَذَا قَوْلُ شُرَيْحٍ. وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ: لَوْ كَانَتِ الْكِتَابَةُ مِائَتَيْ دِينَارٍ وَقِيمَةُ الْعَبْدِ مِائَةُ دِينَارٍ فَأَدَّى الْعَبْدُ الْمِائَةَ الَّتِي هِيَ قِيمَتُهُ عُتِقَ، وَهُوَ قَوْلُ النَّخَعِيِّ أَيْضًا. وَقَوْلٌ سَابِعٌ- إِذَا أَدَّى الثَّلَاثَةَ الْأَرْبَاعَ وَبَقِيَ الرُّبْعُ فَهُوَ غَرِيمٌ وَلَا يَعُودُ عَبْدًا، قَالَهُ عَطَاءُ بْنُ أَبِي رَبَاحٍ، رَوَاهُ ابْنُ جُرَيْجٍ عَنْهُ. وَحُكِيَ عَنْ بَعْضِ السَّلَفِ أَنَّهُ بِنَفْسِ عَقْدِ الْكِتَابَةِ حُرٌّ، وَهُوَ غَرِيمٌ بِالْكِتَابَةِ وَلَا يَرْجِعُ إِلَى الرِّقِّ «١» أَبَدًا. وَهَذَا الْقَوْلُ يَرُدُّهُ حَدِيثُ بَرِيرَةَ لِصِحَّتِهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَفِيهِ دَلِيلٌ وَاضِحٌ عَلَى أَنَّ الْمُكَاتَبَ عَبْدٌ، وَلَوْلَا ذَلِكَ ما بيعت بريرة، ولو كان فيها شي مِنَ الْعِتْقِ مَا أَجَازَ بَيْعَ ذَلِكَ، إِذْ مِنْ سُنَّتِهِ الْمُجْمَعِ عَلَيْهَا أَلَّا يُبَاعَ الْحُرُّ. وَكَذَلِكَ كِتَابَةُ سَلْمَانَ وَجُوَيْرِيَةَ، فَإِنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَكَمَ لِجَمِيعِهِمْ بِالرِّقِّ حَتَّى أَدَّوُا «٢» الْكِتَابَةَ. وَهِيَ حُجَّةٌ لِلْجُمْهُورِ فِي أَنَّ المكاتب عبد ما بقي
(١). أصحاب هذا القول يرون أنه پاسترد حريته لأنها الأصل في الإنسان محققة. (٢). في ك: يؤدوا.

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