Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le « laʿs » : c’est la coloration de la lèvre lorsqu’elle tire légèrement vers le noir ; cette nuance est tenue pour belle. On dit : « lèvre laʿsāʾ », et l’on parle de jeunes gens ou de femmes « luʿs ».

Certains récitateurs s’arrêtent, à la pause, sur « ayyuh », tandis que d’autres s’arrêtent sur « ayyuhā » avec l’alif ; en effet, la raison pour laquelle l’alif est supprimée en lecture liée est le repos de cette voyelle et celui du lām. Or, quand on s’arrête, la cause disparaît ; l’alif revient donc, de même que revient le yāʾ lorsque tu t’arrêtes sur « muḥillī » dans la Parole du Très-Haut : « … ghayra muḥillī al-ṣaydi » (Al-Mâʾidah, 1). Cette divergence que nous venons de mentionner se retrouve également dans les versets : « yā ayyuhā al-sâḥir » et « ayyuhā al-thaqalān ».

« Et mariez les célibataires d’entre vous, ainsi que les vertueux parmi vos serviteurs et vos servantes. S’ils sont pauvres, Allâh les enrichira de Sa grâce ; Allâh est Immense, Omniscient. » (An-Nûr, 24 : 32)

Ce verset comporte sept questions juridiques :

Premièrement : cette injonction relève de la sauvegarde et de la rectitude ; autrement dit : mariez ceux et celles d’entre vous qui sont sans conjoint, car c’est la voie de la chasteté. L’ordre s’adresse aux tuteurs. D’autres ont dit qu’il vise les époux eux-mêmes, mais la première opinion est la plus juste ; car, s’il avait visé les époux, le terme aurait été « wan­kiḥû », sans hamza, l’alif n’étant alors qu’une voyelle de liaison. Ce verset prouve donc que la femme ne peut se marier elle-même sans tuteur ; c’est l’avis de la majorité des savants. Abû Ḥanîfah, cependant, estime que si la veuve ou la vierge contracte elle-même son mariage sans tuteur convenable, le contrat est valable. Cette question a été exposée en détail dans la sourate Al-Baqarah.

Deuxièmement : les savants ont divergé au sujet de cette injonction en trois positions. Nos maîtres disent que le statut juridique varie selon la situation du croyant : crainte ou non de la déviation, aptitude ou non à la patience. S’il redoute sa perte dans la religion ou dans la vie d’ici-bas – ou les deux –, le mariage devient obligatoire. S’il ne craint rien et que la situation est neutre, Al-Shâfiʿî dit : le mariage est simplement permis ; tandis que Mâlik et Abû Ḥanîfah soutiennent qu’il est recommandé. Al-Shâfiʿî se fonde sur le fait qu’il s’agit de satisfaire un plaisir et le considère donc licite, comme manger ou boire ; nos savants, eux, se fondent sur le hadith authentique : « Quiconque se détourne de ma Sunnah ne fait pas partie de moi. »

Troisièmement : la Parole du Très-Haut « al-ayâmâ minkum » désigne ceux, hommes et femmes, qui n’ont pas de conjoint ; au singulier, on dit « ayyim ». Abû ʿAmr dit : « ayâmâ » est l’inversion de « ayâyim ». Les linguistes s’accordent à dire que le mot « ayyim » à l’origine

اللَّعَسُ: لَوْنُ الشَّفَةِ إِذَا كَانَتْ تَضْرِبُ إِلَى السَّوَادِ قَلِيلًا، وَذَلِكَ يُسْتَمْلَحُ، يُقَالُ: شَفَةٌ لَعْسَاءُ وَفِتْيَةٌ وَنِسْوَةٌ لُعْسٌ. وَبَعْضُهُمْ يَقِفُ " أَيُّهْ" . وَبَعْضُهُمْ يَقِفُ " أَيُّهَا" بِالْأَلِفِ لِأَنَّ عِلَّةَ حَذْفِهَا فِي الوصل إنما هو سُكُونُهَا وَسُكُونُ اللَّامِ، فَإِذَا كَانَ الْوَقْفُ ذَهَبَتِ الْعِلَّةُ فَرَجَعَتِ الْأَلِفُ كَمَا تَرْجِعُ الْيَاءُ إِذَا وَقَفْتَ عَلَى " مُحِلِّي" مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: " غَيْرَ مُحِلِّي الصَّيْدِ " «١» [المائدة: ١] . وَهَذَا الِاخْتِلَافُ الَّذِي ذَكَرْنَاهُ كَذَلِكَ هُوَ فِي " يا أيها الساحر «٢» " . و " أيه الثقلان «٣» " . [[سورة النور (٢٤) : آية ٣٢]] وَأَنْكِحُوا الْأَيامى مِنْكُمْ وَالصَّالِحِينَ مِنْ عِبادِكُمْ وَإِمائِكُمْ إِنْ يَكُونُوا فُقَراءَ يُغْنِهِمُ اللَّهُ مِنْ فَضْلِهِ وَاللَّهُ واسِعٌ عَلِيمٌ (٣٢) فِيهِ سَبْعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- هَذِهِ الْمُخَاطَبَةُ تَدْخُلُ فِي بَابِ السَّتْرِ وَالصَّلَاحِ، أَيْ زَوِّجُوا مَنْ لَا زَوْجَ لَهُ مِنْكُمْ فَإِنَّهُ طَرِيقُ التَّعَفُّفِ، وَالْخِطَابُ لِلْأَوْلِيَاءِ. وَقِيلَ: لِلْأَزْوَاجِ. وَالصَّحِيحُ الْأَوَّلُ، إِذْ لَوْ أَرَادَ الْأَزْوَاجَ لَقَالَ " وَانْكِحُوا" بِغَيْرِ هَمْزِ، وَكَانَتِ الْأَلِفُ لِلْوَصْلِ. وَفِي هَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الْمَرْأَةَ لَيْسَ لَهَا أَنْ تُنْكِحَ نَفْسَهَا بِغَيْرِ وَلِيٍّ، وَهُوَ قَوْلُ أَكْثَرِ الْعُلَمَاءِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِذَا زَوَّجَتِ الثيب أو البكر نفسها بغير ولى كفيا لَهَا جَازَ. وَقَدْ مَضَى هَذَا فِي " الْبَقَرَةِ" «٤» مُسْتَوْفًى. الثَّانِيَةُ- اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي هَذَا الْأَمْرِ عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ، فَقَالَ عُلَمَاؤُنَا: يَخْتَلِفُ الْحُكْمُ فِي ذَلِكَ بِاخْتِلَافِ حَالِ الْمُؤْمِنِ مِنْ خَوْفِ الْعَنَتِ، وَمِنْ عَدَمِ صَبْرِهِ، وَمِنْ قُوَّتِهِ عَلَى الصَّبْرِ وَزَوَالِ خَشْيَةِ الْعَنَتِ عَنْهُ. وَإِذَا خَافَ الْهَلَاكَ فِي الدِّينِ أَوِ الدُّنْيَا أَوْ فِيهِمَا فَالنِّكَاحُ حَتْمٌ. وَإِنْ لَمْ يَخْشَ شَيْئًا وَكَانَتِ الْحَالُ مُطْلَقَةً فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: النِّكَاحُ مُبَاحٌ. وَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ: هُوَ مُسْتَحَبٌّ. تَعَلَّقَ الشَّافِعِيُّ بِأَنَّهُ قَضَاءُ لَذَّةٍ فَكَانَ مُبَاحًا كَالْأَكْلِ وَالشُّرْبِ. وَتَعَلَّقَ عُلَمَاؤُنَا بِالْحَدِيثِ الصَّحِيحِ: (مَنْ رَغِبَ عَنْ سُنَّتِي فَلَيْسَ مِنِّي) . الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (الْأَيامى مِنْكُمْ) أَيِ الَّذِينَ لَا أَزْوَاجَ لَهُمْ مِنَ الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ، وَاحِدُهُمْ أَيِّمٌ. قَالَ أَبُو عَمْرٍو: أَيَامَى مَقْلُوبُ أَيَايِمَ. وَاتَّفَقَ أَهْلُ اللُّغَةِ عَلَى أن الأيم في الأصل
(١). راجع ج ٦ ص ٣١. (٢). راجع ١٦ ص ٩٦. (٣). راجع ج ١٧ ص ١٦٨. (٤). راجع ج ٣ ص ٧٢.

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