Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« … sur telle chose », c’est-à-dire : « je l’ai dominé. »

La majorité des lecteurs maintiennent la wāw de « ʿawrāt » muette, la voyelle étant jugée lourde sur cette consonne. Il est toutefois rapporté d’Ibn ʿAbbās qu’il la prononçait ouverte, à l’instar de « jafnatin, jafanātin ». Al-Far­raʾ précise qu’il s’agit là de la langue de Qays, où l’on dit « ʿawārāt » avec wāw ouverte.

Al-Naḥḥās ajoute : tel est d’ailleurs ce qu’exige l’analogie, puisque le mot n’est pas un adjectif, comme on dit « jafnatun / jafanātun » ; cependant, la forme la plus correcte reste la wāw non vocalisée dans « ʿawrāt » et ses semblables, car, si la wāw est mise en mouvement alors que la consonne précédente l’est aussi, elle se transforme en alif, et le sens s’en trouverait altéré.

Dix-huitième question
Les savants ont divergé sur l’obligation de couvrir, pour l’enfant impubère, toute autre partie que le visage et les deux mains. Deux avis :

  1. Cela ne lui est pas imposé, car il ne relève pas encore de la charge religieuse ; tel est l’avis correct.
  2. Cela lui est imposé, car il peut éprouver du désir, tout comme la femme peut ressentir du désir pour lui ; s’il atteint l’âge proche de la puberté, il est alors assimilé à l’adulte et la dissimulation devient obligatoire.

De même, concernant le vieillard dont le désir s’est éteint, deux opinions existent – comme pour l’enfant – et l’avis juste, selon Ibn al-ʿArabī, est le maintien de la sacralité de son corps.

Dix-neuvième question
Les musulmans ont unanimement reconnu que les deux parties honteuses (avant et arrière) sont ʿawra, pour l’homme comme pour la femme, et que la femme entière est ʿawra, à l’exception de son visage et de ses mains, sujet sur lequel ils ont divergé.

La plupart des juristes affirment que, chez l’homme, ce qui se situe entre le nombril et les genoux est ʿawra et ne doit pas être vu. Ce point a été traité de façon détaillée dans la sourate al-Aʿrāf.

Vingtième question
Les juristes hanafites tiennent que la ʿawra de la femme devant son esclave s’étend du nombril aux genoux.

Ibn al-ʿArabī réplique : on dirait qu’ils l’ont prise pour un homme, ou qu’ils ont pris l’esclave pour une femme ! Or, Allāh – exalté soit-Il – a, de manière absolue, interdit la femme au regard et au plaisir, puis Il a fait exception pour l’époux et le possesseur par le droit de propriété, puis Il a encore fait exception pour l’exhibition de la parure devant douze catégories de personnes, parmi lesquelles figure l’esclave. Pourquoi donc mêler ces questions ? C’est une opinion corrompue et un effort d’interprétation fort éloigné de la rectitude.

Certaines personnes – parmi elles Saʿīd b. al-Musayyib – ont interprété la parole divine « ou celles que possèdent leurs mains droites » comme se rapportant exclusivement aux esclaves-femmes et non aux esclaves-hommes. Comment donc appliquer le verset aux esclaves-hommes et les assimiler ensuite aux femmes ? Cela est très éloigné ! (fin de citation d’Ibn al-ʿArabī.)

Il a été encore avancé que le sens implicite serait : « ou ce que possèdent leurs mains droites parmi ceux qui ne sont pas doués de désir, ou parmi les suiveurs ne disposant pas de désir parmi les hommes » ; cette explication est rapportée par al-Mahdawī.

Vingt-et-unième question
La parole du Très-Haut : « Et qu’elles ne frappent pas de leurs pieds » – c’est-à-dire : qu’une femme ne frappe pas le sol de son pied en marchant afin de faire entendre le tintement de son bracelet de cheville. Faire entendre le son de la parure est comparable à en dévoiler la vue, voire plus grave encore.

عَلَى كَذَا أَيْ قَهَرْتُهُ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى سُكُونِ الْوَاوِ مِنْ " عَوْراتِ" لِاسْتِثْقَالِ الْحَرَكَةِ عَلَى الْوَاوِ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ «١» فَتْحُ الْوَاوِ، مِثْلُ جَفْنَةٍ وَجَفَنَاتٍ. وَحَكَى الْفَرَّاءُ أَنَّهَا لُغَةُ قَيْسٍ " عَوْراتِ" [بِفَتْحِ «٢» [الْوَاوِ. النَّحَّاسُ: وَهَذَا هُوَ الْقِيَاسُ، لِأَنَّهُ لَيْسَ بِنَعْتٍ، كَمَا تَقُولُ: جَفْنَةٌ وَجَفَنَاتٌ، إِلَّا أَنَّ التَّسْكِينَ أَجْوَدُ فِي " عَوْراتِ" وَأَشْبَاهِهِ، لِأَنَّ الْوَاوَ إِذَا تَحَرَّكَتْ وَتَحَرَّكَ مَا قَبْلَهَا قُلِبَتْ أَلِفًا، فَلَوْ قِيلَ هَذَا لَذَهَبَ الْمَعْنَى. الثَّامِنَةَ عَشْرَةَ- اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي وُجُوبِ سَتْرِ مَا سِوَى الْوَجْهِ وَالْكَفَّيْنِ مِنْهُ عَلَى قَوْلَيْنِ: أَحَدُهُمَا- لَا يَلْزَمُ، لِأَنَّهُ لَا تَكْلِيفَ عَلَيْهِ، وَهُوَ الصَّحِيحُ. وَالْآخَرُ- يَلْزَمُهُ، لِأَنَّهُ قَدْ يَشْتَهِي وَقَدْ تَشْتَهِي أَيْضًا هِيَ، فَإِنْ رَاهَقَ فَحُكْمُهُ حُكْمُ الْبَالِغِ وُجُوبَ السَّتْرِ. وَمِثْلُهُ الشَّيْخُ الَّذِي سَقَطَتْ شَهْوَتُهُ اخْتُلِفَ فِيهِ أَيْضًا عَلَى قَوْلَيْنِ كَمَا فِي الصَّبِيِّ، وَالصَّحِيحُ بَقَاءُ الْحُرْمَةِ، قَالَهُ ابْنُ الْعَرَبِيِّ. التَّاسِعَةَ عَشْرَةَ- أَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى أن السوأتين عَوْرَةٌ مِنَ الرَّجُلِ وَالْمَرْأَةِ، وَأَنَّ الْمَرْأَةَ كُلَّهَا عَوْرَةٌ، إِلَّا وَجْهَهَا وَيَدَيْهَا فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيهِمَا. وَقَالَ أَكْثَرُ الْعُلَمَاءِ فِي الرَّجُلِ: مِنْ سُرَّتِهِ إِلَى رُكْبَتِهِ عَوْرَةٌ، لَا يَجُوزُ أَنْ تُرَى. وَقَدْ مَضَى فِي] الْأَعْرَافِ [الْقَوْلُ فِي هَذَا مُسْتَوْفًى «٣» . الْمُوَفِّيَةُ عِشْرِينَ- قَالَ أَصْحَابُ الرَّأْيِ: عَوْرَةُ الْمَرْأَةِ مَعَ عَبْدِهَا مِنَ السُّرَّةِ إِلَى الرُّكْبَةِ. ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَكَأَنَّهُمْ ظَنُّوهَا رَجُلًا أَوْ ظَنُّوهُ امْرَأَةً، وَاللَّهُ تَعَالَى قَدْ حَرَّمَ الْمَرْأَةَ عَلَى الْإِطْلَاقِ لِنَظَرٍ أَوْ لَذَّةٍ، ثُمَّ اسْتَثْنَى اللَّذَّةَ لِلْأَزْوَاجِ وَمِلْكِ الْيَمِينِ، ثُمَّ اسْتَثْنَى الزِّينَةَ لِاثْنَيْ عَشَرَ شَخْصًا الْعَبْدُ مِنْهُمْ، فَمَا لَنَا وَلِذَلِكَ! هَذَا نَظَرٌ فَاسِدٌ وَاجْتِهَادٌ عَنِ السَّدَادِ مُتَبَاعِدٌ. وَقَدْ تَأَوَّلَ بَعْضُ النَّاسِ قَوْلَهُ: " أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمانُهُنَّ" عَلَى الْإِمَاءِ دُونَ الْعَبِيدِ، مِنْهُمْ سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ، فَكَيْفَ يُحْمَلُونَ عَلَى الْعَبِيدِ ثم يلحقون بالنساء هذا بعيد جدا! [قال ابن العربي «٤» ] وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ التَّقْدِيرَ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُنَّ مِنْ غَيْرِ أُولِي الْإِرْبَةِ أَوِ التَّابِعِينَ غَيْرِ أُولِي الْإِرْبَةِ مِنَ الرِّجَالِ، حَكَاهُ الْمَهْدَوِيُّ. الْحَادِيَةُ وَالْعِشْرُونَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا يَضْرِبْنَ بِأَرْجُلِهِنَّ) الآية، أَيْ لَا تَضْرِبُ الْمَرْأَةُ بِرِجْلِهَا إِذَا مَشَتْ لِتُسْمِعَ صَوْتَ خَلْخَالِهَا، فَإِسْمَاعُ صَوْتِ الزِّينَةِ كَإِبْدَاءِ الزينة وأشد،
(١). في ب وك: ابن عامر. (٢). من ب. (٣). راجع ج ٧ ص ١٧٢. (٤). من ك.

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