Hishâm ibn ‘Urwah, d’après ‘Urwah, d’après ʿÂ’isha.
Abû ʿUmar dit :
ʿAbd al-Malik ibn Ḥabîb rapporte, d’après Ḥabîb, le secrétaire de Mâlik : « J’ai dit à Mâlik : “Sufyân a ajouté, dans le ḥadîth concernant la fille de Ghaylân : (qu’un eunuque efféminé qui se nommait Hît faisait partie de l’histoire), or ton ouvrage ne mentionne pas Hît.” » Mâlik répondit : « C’est exact. Les faits sont tels quels ; le Prophète – que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui – l’a exilé à al-Ḥimâ, un lieu situé à Dhû l-Ḥulayfa, au nord de sa mosquée. »
Ḥabîb poursuivit : « J’ai dit à Mâlik : “Sufyân dit encore, dans ce ḥadîth : ‘Lorsqu’elle s’assied, elle écarte (ses jambes), et lorsqu’elle parle, elle chante.’” » Mâlik répondit : « C’est exact, les choses se sont passées ainsi. »
Abû ʿUmar dit :
Ce qu’a rapporté Ḥabîb, le secrétaire de Mâlik, d’après Sufyân – à savoir qu’il aurait dit dans le ḥadîth de Hishâm ibn ‘Urwah : (qu’un eunuque efféminé nommé Hît y est mentionné) – n’est reconnu par aucun des transmetteurs de ce ḥadîth d’après Hishâm, ni Ibn ʿUyayna ni d’autres. Dans la suite continue du ḥadîth, on ne trouve pas la formule : (qu’un eunuque efféminé nommé Hît). Elle a seulement été citée, après la fin du récit, d’après Ibn Jurayj. Il en va de même pour la parole attribuée à Sufyân : « Lorsqu’elle s’assied elle écarte, et lorsqu’elle parle elle chante. » Cette tournure n’est rapportée, dans le ḥadîth de Hishâm ibn ʿUrwah, ni par Sufyân ni par un autre ; on ne la rencontre que dans la version d’al-Wâqidî. Il est étonnant qu’on l’attribue à Sufyân et qu’on prétende que Mâlik l’approuvait ; c’est ainsi devenu un récit attribué à Mâlik, alors qu’aucun autre que Ḥabîb ne le rapporte de Mâlik, ni ne le transmet de Sufyân. Allah est plus savant.
De plus, Ḥabîb, le secrétaire de Mâlik, est abandonné en matière de ḥadîth ; tous le jugent faible : on n’écrit pas ses récits et l’on ne tient pas compte de ce qu’il apporte.
Al-Wâqidî et al-Kalbî ont rapporté que Hît, l’eunuque efféminé, dit à ʿAbd Allâh ibn Abî Umayya al-Makhzûmî – qui est le frère utérin d’Umm Salama, et dont la mère, ʿÂtika, est la tante paternelle du Messager d’Allah ﷺ – alors qu’il se trouvait dans la maison de sa sœur Umm Salama et que le Messager d’Allah ﷺ entendait :
« Si Allah vous accorde la conquête de Tâ’if, tourne-toi vers Bâdiya, fille de Ghaylân ibn Salama ath-Thaqafî : lorsqu’elle s’avance, elle se présente avec quatre (bourrelets) et lorsqu’elle se retire, on en voit huit, la bouche pareille à la marguerite ; si elle s’assied, elle écarte, et si elle parle, elle chante ; l’entre-jambe semblable à un vase retourné.
Et elle est, comme l’a dit Qays ibn al-Khaṭîm :
Elle subjugue le regard tout en restant distraite,
Comme si la pâleur de son visage provenait d’un saignement. »