Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’agit d’une affirmation catégorique en guise de réponse. Le verset commence par l’injonction de baisser le regard avant d’ordonner la préservation de la chasteté, car la vue est l’éclaireur du cœur, tout comme la fièvre est l’annonciatrice de la mort.

Un poète s’est inspiré de ce sens et a dit :
« Ne vois-tu pas que l’œil est le guide du cœur ?
Ce que les deux yeux apprivoisent, le cœur s’y attache. »

Dans le hadith : « Le regard est une flèche empoisonnée parmi les flèches d’Iblîs. Quiconque baisse son regard, Allah fait naître en son cœur une douceur. »

Mujâhid a dit : « Lorsqu’une femme s’avance, Satan s’assied sur sa tête et l’embellit aux yeux de celui qui la regarde ; quand elle s’en va, il s’assied sur sa croupe et l’embellit encore à celui qui la regarde. »

Khalid ibn Abî ‘Imrân rapporte : « Ne laissez jamais un regard en suivre un autre ; il se peut qu’un serviteur lance un regard qui gangrène son cœur, comme la peau qui se gâte et devient inutilisable. »

Ainsi Allah – Exalté soit-Il – a ordonné aux croyants et aux croyantes de baisser le regard de ce qui n’est pas licite. Il n’est donc pas permis à l’homme de regarder la femme, ni à la femme de regarder l’homme ; leur inclination réciproque est semblable, et l’intention de l’un envers l’autre est identique.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû Hurayra, le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Allah a prescrit au fils d’Adam sa part d’adultère ; il l’atteindra immanquablement : les deux yeux commettent l’adultère et leur adultère est le regard… » (fin du hadith).

Al-Zuhrî, à propos du regard porté sur celles des femmes qui n’ont pas encore eu leurs menstrues, dit : « Il n’est pas permis de regarder quoi que ce soit d’elles lorsqu’elles suscitent le désir, même si elles sont petites. » ‘Atâ’ désapprouvait qu’on regarde les jeunes esclaves vendues à La Mecque, sauf si l’on a l’intention de les acheter.

Dans les deux Ṣaḥîḥ, il est rapporté que le Prophète ﷺ détourna le visage d’al-Faḍl de la femme khath‘amite lorsqu’elle l’interrogea, tandis qu’al-Faḍl se mettait à la regarder.

Il ﷺ a également dit : « La jalousie fait partie de la foi, tandis que le midhâ’ fait partie de l’hypocrisie. » Le midhâ’ consiste pour un homme à réunir femmes et hommes puis à les laisser se caresser mutuellement ; le terme est tiré du maddhî (liquide pré-séminal). Certains ont dit qu’il s’agit d’envoyer les hommes vers les femmes, comme dans l’expression « j’ai lâché la jument paître ». Tout mâle émet du maddhî et toute femelle sécrète un liquide analogue.

Il n’est donc pas licite à une femme croyant en Allah et au Jour dernier d’exhiber sa parure, si ce n’est devant celui à qui elle est permise ou devant celui qui lui est à jamais interdit (maḥram). C’est plus sûr, car son penchant ne s’éveillera pas envers elle, ayant perdu tout espoir à son sujet.

جَزْمٍ جَوَابًا. وَبَدَأَ بِالْغَضِّ قَبْلَ الْفَرْجِ لِأَنَّ الْبَصَرَ رَائِدٌ لِلْقَلْبِ، كَمَا أَنَّ الْحُمَّى رَائِدُ الْمَوْتِ. وَأَخَذَ هَذَا الْمَعْنَى بَعْضُ الشُّعَرَاءِ فَقَالَ: أَلَمْ تَرَ أَنَّ الْعَيْنَ لِلْقَلْبِ رَائِدٌ ... فَمَا تَأْلَفُ الْعَيْنَانِ فَالْقَلْبُ آلِفُ وَفِي الْخَبَرِ (النَّظَرُ سَهْمٌ مِنْ سِهَامِ إِبْلِيسَ مَسْمُومٌ فَمَنْ غَضَّ بَصَرَهُ أَوْرَثَهُ اللَّهُ الْحَلَاوَةَ فِي قَلْبِهِ) . وَقَالَ مُجَاهِدٌ: إِذَا أَقْبَلَتِ الْمَرْأَةُ جَلَسَ الشَّيْطَانُ عَلَى رَأْسِهَا فَزَيَّنَهَا لِمَنْ يَنْظُرُ، فَإِذَا أَدْبَرَتْ جَلَسَ عَلَى عَجُزِهَا فَزَيَّنَهَا لِمَنْ يَنْظُرُ. وَعَنْ خَالِدِ بْنِ أَبِي عِمْرَانَ قَالَ: لَا تُتْبِعَنَّ النَّظْرَةَ النَّظْرَةَ فَرُبَّمَا نَظَرَ الْعَبْدُ نَظْرَةً نَغِلَ «١» مِنْهَا قَلْبُهُ كَمَا يَنْغَلُ الْأَدِيمُ فَلَا يُنْتَفَعُ بِهِ. فَأَمَرَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَضِّ الْأَبْصَارِ عَمَّا لَا يَحِلُّ، فَلَا يَحِلُّ لِلرَّجُلِ أَنْ يَنْظُرَ إِلَى الْمَرْأَةِ وَلَا الْمَرْأَةُ إِلَى الرَّجُلِ، فَإِنَّ عَلَاقَتَهَا بِهِ كَعَلَاقَتِهِ بِهَا، وَقَصْدَهَا مِنْهُ كَقَصْدِهِ مِنْهَا. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: (إِنَّ اللَّهَ كَتَبَ عَلَى ابْنِ آدَمَ حَظَّهُ من الزنى أَدْرَكَ ذَلِكَ لَا مَحَالَةَ فَالْعَيْنَانِ تَزْنِيَانِ وَزِنَاهُمَا النَّظَرُ ... ) الْحَدِيثَ. وَقَالَ الزُّهْرِيُّ فِي النَّظَرِ إِلَى الَّتِي لَمْ تَحِضْ مِنَ النِّسَاءِ: لَا يَصْلُحُ النظر إلى شي مِنْهُنَّ مِمَّنْ يُشْتَهَى النَّظَرُ إِلَيْهِنَّ وَإِنْ كَانَتْ صَغِيرَةً. وَكَرِهَ عَطَاءٌ النَّظَرَ إِلَى الْجَوَارِي اللَّاتِي يُبَعْنَ بِمَكَّةَ إِلَّا أَنْ يُرِيدَ أَنْ يَشْتَرِيَ. وَفِي الصَّحِيحَيْنِ عَنْهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ أَنَّهُ صَرَفَ وَجْهَ الْفَضْلِ عَنْ الْخَثْعَمِيَّةِ حِينَ سَأَلَتْهُ، وَطَفِقَ الْفَضْلُ يَنْظُرُ إِلَيْهَا «٢» . وَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (الْغَيْرَةُ مِنَ الْإِيمَانِ وَالْمِذَاءُ مِنَ النِّفَاقِ) . وَالْمِذَاءُ هُوَ أَنْ يَجْمَعَ الرَّجُلُ بَيْنَ النِّسَاءِ وَالرِّجَالِ ثُمَّ يُخَلِّيهِمْ يُمَاذِي بَعْضُهُمْ بَعْضًا، مَأْخُوذٌ مِنَ الْمَذْيِ. وَقِيلَ: هُوَ إِرْسَالُ الرِّجَالِ إِلَى النِّسَاءِ، مِنْ قَوْلِهِمْ: مَذَيْتُ الْفَرَسَ إِذَا أَرْسَلْتُهَا تَرْعَى. وَكُلُّ ذَكَرٍ يَمْذِي، وَكُلُّ أُنْثَى تَقْذِي، فَلَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أَنْ تُبْدِيَ زِينَتَهَا إِلَّا لِمَنْ تَحِلُّ لَهُ، أَوْ لِمَنْ هِيَ مُحَرَّمَةٌ عَلَيْهِ عَلَى التَّأْبِيدِ، فَهُوَ آمَنُ أَنْ يَتَحَرَّكَ طَبْعُهُ إِلَيْهَا لِوُقُوعِ الْيَأْسِ لَهُ منها.
(١). النغل (بالتحريك): الفساد. ونغل الأديم إذا عفن وتهرى في الدباغ فينفسد ويهلك. (٢). فِي الْبُخَارِيِّ:" عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: كَانَ الفضل رديف النبي صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فجاءت امرأة من خثعم، فجعل الفضل ينظر إليها وتنظر إليه، فجعل النبي صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يصرف وجه الفضل إلى الشق الأخر، فقالت: إن فريضة الله أدركت أبى شيخا كبيرا لا يَثْبُتَ عَلَى الرَّاحِلَةِ أَفَأَحُجُّ عَنْهُ؟ قَالَ نَعَمْ".

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