Sixième point – Les savants ont dit : si l’on se couvre, qu’il n’entre au bain qu’en respectant dix conditions :
- Ne pas y pénétrer si ce n’est avec l’intention de se soigner ou de se purifier de la sueur due à la fièvre.
- Choisir les moments de solitude ou ceux où la fréquentation est réduite.
- Voiler sa ‘awra au moyen d’un pagne épais et opaque.
- Baisser le regard vers le sol ou faire face au mur, afin que sa vue ne tombe pas sur ce qui est interdit.
- Corriger avec douceur tout acte répréhensible qu’il constaterait, en disant : « Couvre-toi, qu’Allah te couvre ! »
- Si quelqu’un le frictionne, il ne lui permettra pas d’exposer sa ‘awra – partie comprise entre le nombril et les genoux – hormis à son épouse ou à sa servante. Les juristes ont divergé pour savoir si les deux cuisses font partie de la ‘awra ou non.
- S’acquitter d’un prix connu, fixé soit par condition préalable, soit selon l’usage des gens.
- Verser l’eau uniquement selon les besoins.
- S’il ne peut entrer seul, qu’il s’entende avec des personnes préservant leur religion pour louer le bain à tour de rôle.
- Se remémorer, à cette occasion, le châtiment de la Géhenne.
S’il ne lui est pas possible de réunir toutes ces conditions, qu’il se voile au mieux et s’applique à baisser son regard.
Al-Tirmidhî, Abû ‘Abd Allâh, rapporte dans Nawâdir al-Uṣûl, d’après Ṭâwûs, d’après ‘Abd Allâh b. ‘Abbâs – qu’Allah les agrée – que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit :
« Redoutez une demeure que l’on nomme “le ḥammâm”. »
On lui dit : « Ô Messager d’Allah, il débarrasse de la saleté et rappelle le Feu. » Il répondit :
« Si vous devez absolument y entrer, faites-le en étant couverts. »
Il est également rapporté d’après Abû Hurayra que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit :
« Excellente demeure que celle où entre le musulman : le ḥammâm ; car lorsqu’il y pénètre, il demande à Allah le Paradis et cherche protection auprès de Lui contre le Feu. Et détestable demeure que celle où l’homme entre : la maison nuptiale ; car elle l’attache à la vie d’ici-bas et lui fait oublier l’Au-delà. »
Abû ‘Abd Allâh (al-Tirmidhî) commente : « Cela concerne les gens inattentifs : Allah a fait de ce bas monde, avec ce qu’il contient, une cause de rappel pour les distraits afin qu’ils se souviennent de leur Au-delà. Quant aux gens de la certitude, l’Au-delà est déjà dressée devant leurs yeux ; ni la maison de bain ne les trouble, ni la maison nuptiale. »