« Préserve ta ‘awra, hormis vis-à-vis de ton épouse ou de ce qu’a acquis ta main droite. »
On demanda : « Qu’en est-il quand un homme se trouve avec un autre homme ? » – Il répondit : « Si tu peux faire en sorte qu’il ne la voie pas, fais-le. »
Je dis : « Et lorsqu’un homme est seul ? » – Il répondit : « Allah est plus digne que l’on éprouve de la pudeur à Son égard qu’à l’égard des gens. »
‘Âʾicha – qu’Allah l’agrée – évoqua le Messager d’Allah ﷺ et la façon dont ils se comportaient ; elle déclara : « Jamais je ne l’ai vu ainsi, ni lui ne m’a vue ainsi. »
Cinquièmement – À la lumière de ce verset, les savants ont, de manière explicite, interdit d’entrer dans le hammam sans porter de pagne (miʾzar).
Il est rapporté d’après Ibn ‘Umar qu’il dit : « La meilleure dépense qu’un homme puisse faire est le dirham qu’il paie pour le hammam lorsqu’il s’y trouve à l’écart. » Il est également authentiquement rapporté qu’Ibn ‘Abbâs entra dans le hammam, alors qu’il était en état d’iḥrâm, à al-Juhfa.
Il est donc permis aux hommes d’y entrer à condition de se couvrir d’un pagne, de même qu’aux femmes en cas de nécessité – pour se laver après leurs menstrues, leurs lochies ou une maladie – mais il leur est préférable, lorsque c’est possible, de se laver chez elles.
Aḥmad b. Manî‘ rapporta : al-Ḥasan b. Mûsâ, Ibn Lahî‘a, puis Zabban, d’après Sahl b. Mu‘âdh, d’après son père, d’après Umm ad-Dardâ’ : Le Messager d’Allah ﷺ me rencontra alors que je sortais du hammam et dit : « D’où viens-tu, ô Umm ad-Dardâ’ ? » – Elle répondit : « Du hammam. » – Il dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, aucune femme n’ôte ses vêtements en un lieu autre que la maison de l’une de ses mères (ses parentes proches) sans qu’elle n’ait déchiré tout voile entre elle et le Tout-Miséricordieux – glorifié et exalté soit-Il. »
Abû Bakr al-Bazzâr rapporta, d’après Ṭâwûs, d’après Ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée – que le Messager d’Allah ﷺ dit : « Prenez garde à une demeure que l’on appelle “le hammam”. » – Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, on y enlève la saleté ! » – Il répondit : « Alors tenez-vous couverts. »
Abû Muḥammad ‘Abd al-Ḥaqq dit : « C’est la chaîne de transmission la plus authentique à ce sujet, même si beaucoup le rapportent de façon mursal d’après Ṭâwûs. Quant aux récits qu’Abû Dâwûd a produits, qu’ils traitent de l’interdiction ou de la permission, aucun n’est valable en raison de la faiblesse de leurs chaînes, et il en va de même pour ceux qu’a rapportés at-Tirmidhî. »
Je dis : S’agissant d’entrer dans les hammams à notre époque, c’est illicite pour les gens de vertu et de piété, tant l’ignorance a gagné les gens ; ils se permettent, dès qu’ils arrivent au milieu du hammam, de jeter leurs pagnes, si bien qu’on voit un homme respectable, aux cheveux grisonnants, debout, bien droit, à l’intérieur ou à l’extérieur du hammam, la ‘awra découverte, serrant ses cuisses, sans que personne ne l’en reprenne. Voilà ce qui se passe entre hommes ; que dire alors des femmes ! Cela est d’autant plus vrai dans les contrées égyptiennes où leurs hammams sont dépourvus de cloisons qui protègent des regards. Il n’est de puissance ni de force qu’en Allah, le Très-Haut, l’Immense !