Douzièmement : Chaque peuple possède, dans la demande d’autorisation, sa formule coutumière (1). Ainsi, Abou Bakr al-Khatîb rapporte avec sa chaîne d’autorité d’après Abou ‘Abd al-Malik, affranchi de Umm Miskîn bint ‘Âsim ibn ‘Omar ibn al-Khattâb, qui dit : « Ma maîtresse m’envoya chez Abou Hourayra ; il partit donc avec moi. Lorsqu’il se tint devant la porte, il dit : “Andar ?” Elle répondit : “Andarûn.” » Al-Khatîb intitula ce passage : « Chapitre de la demande d’autorisation en persan. »
On rapporte d’Ahmad ibn Sâlih qu’« al-Darâwardî », originaire d’Ispahan et établi à Médine, avait l’habitude de dire, lorsque quelqu’un voulait entrer : « Andarûn » ; les gens de Médine, de ce fait, le surnommèrent « al-Darâwardî » (2).
Treizièmement : Abou Dâwoud relate d’après Kalada ibn Hanbal que Safwân ibn Umayya l’envoya au Messager d’Allah ﷺ avec du lait, un faon d’antilope et des concombres sauvages (3), alors que le Prophète ﷺ se trouvait sur les hauteurs de La Mecque. « J’entrai sans dire la salutation ; il me dit : “Retourne et dis : as-salâmu ‘alaykum.” » C’était après la conversion de Safwân ibn Umayya.
Abou’z-Zubayr rapporte de Jâbir que le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui ne commence pas par la salutation, n’accordez-lui pas la permission d’entrer. »
Ibn Jurayj rapporte qu’après qu’il lui eut été transmis par ‘Atâ’ : « J’ai entendu Abou Hourayra dire : Lorsque quelqu’un dit : “Puis-je entrer ?”, sans prononcer la salutation, réponds-lui : “Non, pas avant d’apporter la clé.” J’ai alors dit : “As-salâmu ‘alaykum.” ; il répondit : “Oui.” »
On rapporte qu’un homme vint trouver Houdhayfa, regarda l’intérieur de la maison et dit : « As-salâmu ‘alaykum, puis-je entrer ? » Houdhayfa répliqua : « Par ton œil tu es déjà entré, mais par ton dos tu n’es pas encore entré. »
Quatorzièmement : Relève également de ce chapitre le hadith rapporté par Abou Dâwoud, d’après Abou Hourayra : le Prophète ﷺ a dit : « Le messager qu’un homme envoie vers un autre tient lieu d’autorisation », c’est-à-dire que, lorsque quelqu’un est invité, l’autorisation d’entrer lui est implicitement accordée. Ceci est éclairci par sa parole ﷺ : « Lorsqu’un de vous est convié [à un repas] et qu’il vient avec l’émissaire, cela lui tient lieu d’autorisation. » Abou Dâwoud l’a également transmis d’après Abou Hourayra.
Quinzièmement : Si vos regards se croisent, la salutation devient obligatoire, mais le seul fait de voir l’hôte ne tient pas lieu d’autorisation pour entrer chez lui. Après avoir accompli le devoir de la salutation, puisque vous êtes le visiteur, dites : « Puis-je entrer ? » S’il vous en donne la permission, entrez ; sinon, retournez-vous.
(1) Dans la langue usuelle. – (2) Il s’agit de ‘Abd al-‘Azîz ibn Muhammad al-Darâwardî. – (3) Le faon d’antilope (jidaya) et les « doughâbîs » : variété de concombre sauvage.