Sa‘d Ibn ʿUbâdah rapporte :
Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – vint à notre porte et dit : « As-salâmu ʿalaykum ». Ils ne répondirent pas. Il répéta : « As-salâmu ʿalaykum ». Ils ne répondirent toujours pas, si bien que le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – se retira. Lorsque Saʿd n’entendit plus sa salutation, il comprit qu’il s’en était allé ; il sortit donc à sa poursuite jusqu’à le rejoindre et lui dit : « Wa ʿalaykum as-salâm, ô Messager d’Allah ! Nous voulions simplement multiplier tes salutations ; par Allah, nous t’avons bel et bien entendu. » Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – repartit alors avec Saʿd jusqu’à ce qu’il pénétrât dans sa demeure.
Ibn Shihâb a commenté : « C’est de là que l’on a établi la pratique de saluer trois fois. »
Al-Walîd Ibn Muslim rapporte d’après al-Awzâʿî : « J’ai entendu Yahyâ Ibn Abî Kathîr dire : Muḥammad Ibn ʿAbd ar-Raḥmân Ibn Asʿad Ibn Zurârah m’a relaté, d’après Qays Ibn Saʿd : Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – nous rendit visite à la maison et dit : “As-salâmu ʿalaykum wa raḥmatullâh.” Saʿd répondit d’une voix à peine audible. Je (Qays) dis alors : “N’autorises-tu pas le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – à entrer ?” Il répondit : “Laisse-le, il nous multipliera les salutations.” … » Fin du ḥadîth, que rapporte Abû Dâwûd ; la mention d’Ibn Shihâb – « C’est de là que l’on a établi la triple salutation » – n’y figure pas.
Abû Dâwûd ajoute : ʿUmar Ibn ʿAbd al-Wâḥid et Ibn Samâʿah l’ont également transmis d’après al-Awzâʿî sous forme mursal, sans y mentionner Qays Ibn Saʿd.
Septièmement : On rapporte d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah les agrée – que les gens ont délaissé la pratique de la demande d’autorisation. Nos savants – qu’Allah leur fasse miséricorde – disent : la raison en est que les gens ont instauré des portes et se contentent de frapper ; Allah est plus savant.
Abû Dâwûd rapporte d’après ʿAbd Allâh Ibn Busr : Lorsque le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – arrivait à la porte d’un groupe de gens, il ne se plaçait pas face à la porte, mais plutôt sur son côté droit ou gauche et disait : « As-salâmu ʿalaykum, as-salâmu ʿalaykum », car à cette époque les maisons n’étaient pas munies de tentures.
Huitièmement : Si la porte est fermée, il lui est permis de se tenir où il veut devant elle et de demander l’autorisation ; s’il le souhaite, il peut frapper. La preuve en est le ḥadîth d’Abû Mûsâ al-Ashʿarî : Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – se trouvait un jour dans un verger de Médine, assis au rebord du puits, les deux jambes pendantes à l’intérieur ; Abû Bakr frappa à la porte. Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – dit alors : « Laisse-le entrer et annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis. » Ce récit a été rapporté ainsi par ʿAbd ar-Raḥmân Ibn Abî z-Zinâd, et confirmé par Ṣâliḥ Ibn Kaysân et Yûnus Ibn Yazîd, tous trois le transmettant d’après Abî z-Zinâd, d’après Abû Salamah, d’après ʿAbd ar-Raḥmân Ibn Nâfiʿ.