Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je dis : Il est rapporté dans les Sunan d’Ibn Mâjah : Abû Bakr ibn Abî Shaybah nous a relaté, ‑ ‘Abd ar-Rahîm ibn Sulaymân, d’après Wâsil ibn as-Sâ’ib, d’après Abû Sawrah, d’après Abû Ayyûb al-Ansârî, lequel dit : « Nous avons demandé : Ô Messager d’Allah, voici la salutation (as-Salâm). Qu’est donc al-istinâs ? » Il répondit :

« Qu’un homme prononce une tasbîḥa, une takbîra et une taḥmîda, qu’il s’éclaircisse la gorge et qu’il avertisse ainsi les habitants de la demeure. »

Je dis : Ce hadith constitue un texte explicite établissant que l’istinâs est distinct de l’isti’dhân, comme l’ont affirmé Mujâhid et ceux qui partagent son avis.

Quatrième point : Il a été rapporté d’Ibn ‘Abbâs – et certains l’attribuent à Sa‘îd ibn Jubayr – que la formule « ḥattâ tasta’nisû » (« jusqu’à ce que vous vous assuriez de leur présence ») serait une erreur ou une méprise du copiste, et qu’il faudrait lire « ḥattâ tasta’dhinû » (« jusqu’à ce que vous demandiez la permission »). Cette assertion n’est pas authentique d’Ibn ‘Abbâs ni d’un autre, car tous les Maṣâḥif de l’Islâm portent incontestablement la lecture « ḥattâ tasta’nisû », et le consensus est établi à ce sujet depuis l’époque de ‘Uthmân – opinion qu’il n’est pas permis de contredire. Imputer au copiste une faute ou un oubli dans un terme sur lequel les Compagnons se sont unanimement accordés n’est pas une parole correcte venant d’Ibn ‘Abbâs.

Or le Très-Haut a dit : « Nulle fausseté ne l’atteint, ni par devant ni par derrière ; c’est une Révélation émanant d’un Sage, Digne de louange » (Fussilat, 42), et : « En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Rappel, et c’est Nous qui en sommes les Gardiens » (al-Ḥijr, 9).

Il est certes rapporté d’Ibn ‘Abbâs qu’il y aurait, dans ce verset, inversion de l’ordre des mots ; le sens serait alors : « jusqu’à ce que vous saluiez les habitants de la maison et que vous vous assuriez de leur présence », ainsi que l’a mentionné Abû Ḥâtim, dit Ibn ‘Aṭiyya. Toutefois, ce qui réfute l’attribution de cette opinion à Ibn ‘Abbâs et à d’autres est que l’expression « tasta’nisû » est parfaitement pertinente quant au sens et claire dans la langue des Arabes.

Il est en effet rapporté que ‘Umar dit au Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue –, alors qu’il se tenait à la porte de sa chambre : « Dois-je m’istânis, ô Messager d’Allah ? » – hadith bien connu – ; il cherchait ainsi à obtenir la familiarité (al-uns) du Prophète, preuves que la formulation est correcte. Comment dès lors Ibn ‘Abbâs aurait-il déclaré erronés les Compagnons du Messager concernant pareille lecture ?

Je dis : Nous avons cité, d’après Abû Ayyûb, que l’istinâs précède effectivement la salutation, de sorte que le verset demeure selon son apparence, sans inversion ; puis, lorsqu’il entre, il salue. Allah est plus savant.

Cinquième point : La Sunna en matière de demande de permission est qu’elle se fasse trois fois et qu’on ne dépasse pas ce nombre.

Ibn Wahb rapporte que Mâlik a dit : « La demande de permission est de trois (fois). Je n’aime pas que l’on y ajoute, sauf si l’on sait que l’hôte ne l’a pas entendue ; dans ce cas, je ne vois aucun mal à répéter, lorsque l’on est certain qu’il n’a pas entendu. »

La manière de demander permission est que la personne dise : « As-salâmu ‘alaykum, puis-je entrer ? » Si on lui en donne la permission, elle entre ; si on lui ordonne de repartir, elle s’en retourne ; et si l’on garde le silence, elle renouvelle sa demande.

قُلْتُ: وَفِي سُنَنِ ابْنِ مَاجَهْ: حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّحِيمِ بن سليمان عن واصل ابن السَّائِبِ عَنْ أَبِي سَوْرَةَ عَنْ أَبِي أَيُّوبَ الْأَنْصَارِيِّ قَالَ قُلْنَا: يَا رَسُولَ اللَّهِ، هَذَا السلام، فما الاستئناس «١» ؟ قَالَ: (يَتَكَلَّمُ الرَّجُلُ بِتَسْبِيحَةٍ وَتَكْبِيرَةٍ وَتَحْمِيدَةٍ وَيَتَنَحْنَحُ وَيُؤْذِنُ أَهْلَ الْبَيْتِ) . قُلْتُ: وَهَذَا نَصٌّ فِي أَنَّ الِاسْتِئْنَاسَ غَيْرُ الِاسْتِئْذَانِ، كَمَا قَالَ مُجَاهِدٌ وَمَنْ وَافَقَهُ. الرَّابِعَةُ- وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَبَعْضُ النَّاسِ يَقُولُ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ: " حَتَّى تَسْتَأْنِسُوا" خَطَأٌ أَوْ وَهْمٌ مِنَ الْكَاتِبِ، إِنَّمَا هُوَ: " حَتَّى تَسْتَأْذِنُوا" . وَهَذَا غَيْرُ صَحِيحٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَغَيْرِهِ، فَإِنَّ مَصَاحِفَ الْإِسْلَامِ كُلَّهَا قَدْ ثَبَتَ فِيهَا " حَتَّى تَسْتَأْنِسُوا" ، وَصَحَّ الْإِجْمَاعُ فِيهَا مِنْ لَدُنْ مُدَّةِ عُثْمَانَ، فَهِيَ الَّتِي لَا يَجُوزُ خِلَافُهَا. وَإِطْلَاقُ الْخَطَأِ وَالْوَهْمِ عَلَى الْكَاتِبِ فِي لَفْظٍ أَجْمَعَ الصَّحَابَةُ عَلَيْهِ قَوْلٌ لَا يَصِحُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، وَقَدْ قَالَ عَزَّ وَجَلَّ: " لَا يَأْتِيهِ الْباطِلُ مِنْ بَيْنِ يَدَيْهِ وَلا مِنْ خَلْفِهِ تَنْزِيلٌ مِنْ حَكِيمٍ «٢» حَمِيدٍ" [فُصِلَتْ: ٤٢] ، وَقَالَ تَعَالَى: " إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحافِظُونَ «٣» " [الحجر: ٩] . وَقَدْ رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّ فِي الْكَلَامِ تَقْدِيمًا وَتَأْخِيرًا، وَالْمَعْنَى: حَتَّى تُسَلِّمُوا عَلَى أَهْلِهَا وَتَسْتَأْنِسُوا حَكَاهُ أَبُو حَاتِمٍ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ. وَمِمَّا يَنْفِي هَذَا الْقَوْلَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَغَيْرِهِ أَنَّ " تَسْتَأْنِسُوا" مُتَمَكِّنَةٌ فِي الْمَعْنَى، بَيِّنَةُ الْوَجْهِ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ. وَقَدْ قَالَ عُمَرُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَسْتَأْنِسُ يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَعُمَرُ وَاقِفٌ عَلَى بَابِ الْغَرْفَةِ، الْحَدِيثَ الْمَشْهُورَ. وَذَلِكَ يَقْتَضِي أَنَّهُ طَلَبَ الْأُنْسَ بِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَكَيْفَ يُخَطِّئُ ابْنُ عَبَّاسٍ أَصْحَابَ الرَّسُولِ فِي مِثْلِ هَذَا. قُلْتُ: قَدْ ذَكَرْنَا مِنْ حَدِيثِ أَبِي أَيُّوبَ أَنَّ الِاسْتِئْنَاسَ إِنَّمَا يَكُونُ قَبْلَ السَّلَامِ، وَتَكُونُ الْآيَةُ عَلَى بَابِهَا لَا تَقْدِيمَ فِيهَا وَلَا تَأْخِيرَ، وَأَنَّهُ إِذَا دَخَلَ سَلَّمَ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الْخَامِسَةُ- السُّنَّةُ فِي الِاسْتِئْذَانِ ثَلَاثُ مَرَّاتٍ لَا يُزَادُ عَلَيْهَا. قَالَ ابْنُ وَهْبٍ قَالَ مَالِكٌ: الِاسْتِئْذَانُ ثَلَاثٌ، لَا أُحِبُّ أَنْ يَزِيدَ أَحَدٌ عَلَيْهَا، إِلَّا مَنْ عَلِمَ أَنَّهُ لَمْ يَسْمَعْ، فَلَا أَرَى بَأْسًا أَنْ يَزِيدَ إِذَا اسْتَيْقَنَ أَنَّهُ لَمْ يَسْمَعْ. وَصُورَةُ الِاسْتِئْذَانِ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ أَأَدْخُلُ، فَإِنْ أُذِنَ لَهُ دَخَلَ، وَإِنْ أُمِرَ بِالرُّجُوعِ انْصَرَفَ، وَإِنْ سكت عنه استأذن
(١). كذا في ط وك. وهو الصواب. وج وا: فما الاستئذان. [ ..... ] (٢). راجع ج ١٥ ص ٣٦٦ فما بعد. (٣). راجع ج ١٠ ص ٥.

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