Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

S’il en vient à lui crever l’œil, il est tenu de l’indemniser ; toutefois le hadith en question est abrogé, car il remonte à une époque antérieure à la révélation de la Parole du Très-Haut : « Et si vous châtiez, châtiez donc comme on vous a châtiés » (an-Naḥl, 126). Il se peut encore que le propos ait été formulé sous forme de menace dissuasive et non à titre d’obligation effective ; or, lorsqu’une information (khabar) contredit le Livre d’Allāh – exalté soit-Il –, il n’est pas permis de s’y conformer.

Il arrivait en outre que le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allāh soient sur lui – prononce des paroles dont l’apparence diffère de l’intention réelle. Ainsi, selon le récit rapporté, lorsque ʿAbbās b. Mirdās le loua, il dit à Bilāl : « Lève-toi et coupe-lui la langue », voulant seulement lui remettre quelque chose et non la couper littéralement. De même, la mention du crevage de l’œil peut s’entendre comme l’injonction d’agir d’une manière telle que l’intrus n’ose plus jamais regarder dans la maison d’autrui.

D’aucuns ont déclaré qu’il n’y a ni garantie financière ni représailles à encourir, et c’est l’avis correct – si Allāh le veut – conformément au ḥadith d’Anas qui sera cité plus loin.

Deuxièmement : la cause de la révélation de ce verset est ce qu’ont rapporté aṭ-Ṭabarī et d’autres d’après ʿAdiyy b. Thābit : une femme parmi les Anṣâr dit : « Ô Messager d’Allāh, il m’arrive d’être chez moi dans un état que je n’aimerais pas que quiconque voie, ni père ni enfant. Or mon père entre sur moi, et il ne cesse d’entrer chez moi tel ou tel membre de ma famille alors que je suis dans cette situation ; que dois-je faire ? » C’est alors que le verset fut révélé.

Abū Bakr – qu’Allāh l’agrée – demanda : « Ô Messager d’Allāh, qu’en est-il des caravansérails et des logis sur les routes de Syrie dans lesquels n’habite personne ? » Allāh, exalté soit-Il, fit alors descendre : « Vous ne commettrez aucune faute en entrant dans des demeures inhabitées » (an-Nūr, 29).

Troisièmement : le Très-Haut a étendu l’interdiction de pénétrer dans une maison qui n’est pas la tienne jusqu’à l’achèvement d’une condition : l’isti’nās, c’est-à-dire la demande de permission (isti’idhān). Ibn Wahb rapporte que Mâlik a dit : « Selon nous – et Allāh sait mieux – isti’nās signifie isti’idhān. » On lit de même, dans la récitation d’Ubayy, d’Ibn ʿAbbâs et de Saʿîd b. Jubayr : « … jusqu’à ce que vous demandiez permission et que vous saluiez ses habitants. »

Il a également été dit que le sens de « tasta’nisû » est « tastaʿlimû », c’est-à-dire vous renseigner sur qui se trouve dans la maison. Mujâhid explique : par un léger raclement de gorge ou tout autre moyen possible ; on attend ensuite le temps nécessaire pour s’assurer que l’on a été remarqué, puis l’on entre. C’est le sens retenu par aṭ-Ṭabarī, d’où la Parole du Très-Haut : « Si vous constatez (ânastum) chez eux une maturité… » (an-Nisâ’, 6) c’est-à-dire si vous en avez acquis la certitude.

Quant au poète, il a dit :
« Elle perçut un bruissement qui l’alarma… »
– le vers se poursuit –
« … à l’heure de l’asr, alors que le soir approchait. »

فَإِنْ فَقَأَ فَعَلَيْهِ الضَّمَانُ، وَالْخَبَرُ مَنْسُوخٌ، وَكَانَ قَبْلَ نُزُولِ قَوْلِهِ تَعَالَى: " وَإِنْ عاقَبْتُمْ فَعاقِبُوا «١» " [النحل: ١٢٦] وَيَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ خَرَجَ عَلَى وَجْهِ الْوَعِيدِ لَا عَلَى وَجْهِ الْحَتْمِ، وَالْخَبَرُ إِذَا كَانَ مُخَالِفًا لِكِتَابِ اللَّهِ تَعَالَى لَا يَجُوزُ الْعَمَلُ بِهِ. وَقَدْ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَتَكَلَّمُ بِالْكَلَامِ فِي الظَّاهِرِ وَهُوَ يُرِيدُ شَيْئًا آخَرَ، كَمَا جَاءَ فِي الْخَبَرِ أَنَّ عَبَّاسَ بْنَ مِرْدَاسٍ لَمَّا مَدَحَهُ قَالَ لِبِلَالٍ: (قُمْ فَاقْطَعْ لِسَانَهُ) وَإِنَّمَا أَرَادَ بِذَلِكَ أَنْ يَدْفَعَ إِلَيْهِ شَيْئًا، وَلَمْ يُرِدْ بِهِ الْقَطْعَ فِي الْحَقِيقَةِ. وَكَذَلِكَ هَذَا يَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ ذِكْرُ فَقْءِ الْعَيْنِ وَالْمُرَادُ أَنْ يُعْمَلَ بِهِ عَمَلٌ حَتَّى لَا يَنْظُرَ بَعْدَ ذَلِكَ فِي بَيْتِ غَيْرِهِ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: لَا ضَمَانَ عَلَيْهِ وَلَا قِصَاصَ، وَهُوَ الصَّحِيحُ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى، لِحَدِيثِ أَنَسٍ، عَلَى مَا يَأْتِي. الثَّانِيَةُ- سَبَبُ نُزُولِ هَذِهِ الْآيَةِ مَا رَوَاهُ الطَّبَرِيُّ وَغَيْرُهُ عَنْ عَدِيِّ بْنِ ثَابِتٍ أَنَّ امْرَأَةً مِنَ الْأَنْصَارِ قَالَتْ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنِّي أَكُونُ فِي بَيْتِي عَلَى حَالٍ لَا أُحِبُّ أَنْ يَرَانِي عَلَيْهَا أَحَدٌ، لَا وَالِدٌ وَلَا وَلَدٌ فَيَأْتِي الْأَبُ فَيَدْخُلُ عَلَيَّ وَإِنَّهُ لَا يَزَالُ يَدْخُلُ عَلَيَّ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِي وَأَنَا عَلَى تِلْكَ الْحَالِ، فَكَيْفَ أَصْنَعُ؟ فَنَزَلَتِ الْآيَةُ. فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَفَرَأَيْتَ الْخَانَاتِ وَالْمَسَاكِنَ فِي طُرُقِ الشَّامِ لَيْسَ فِيهَا سَاكِنٌ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: " لَيْسَ عَلَيْكُمْ جُناحٌ أَنْ تَدْخُلُوا بُيُوتاً غَيْرَ مَسْكُونَةٍ" [النور: ٢٩] . الثَّالِثَةُ- مَدَّ اللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى التَّحْرِيمَ فِي دُخُولِ بَيْتٍ لَيْسَ هُوَ بَيْتَكَ إِلَى غَايَةٍ هِيَ الِاسْتِئْنَاسُ، وَهُوَ الِاسْتِئْذَانُ. قَالَ ابْنُ وَهْبٍ قَالَ مَالِكٌ: الِاسْتِئْنَاسُ فِيمَا نَرَى وَاللَّهُ أَعْلَمُ الِاسْتِئْذَانُ، وَكَذَا فِي قِرَاءَةِ أُبَيٍّ وَابْنِ عَبَّاسٍ وَسَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ: " حَتَّى تَسْتَأْذِنُوا وَتُسَلِّمُوا عَلَى أَهْلِهَا" . وَقِيلَ: إِنَّ مَعْنَى: " تَسْتَأْنِسُوا" تَسْتَعْلِمُوا، أَيْ تَسْتَعْلِمُوا مَنْ فِي الْبَيْتِ. قَالَ مُجَاهِدٌ: بِالتَّنَحْنُحِ أَوْ بِأَيِّ وَجْهٍ أَمْكَنَ، وَيَتَأَنَّى قَدْرَ مَا يَعْلَمُ أَنَّهُ قَدْ شُعِرَ بِهِ، وَيَدْخُلُ إِثْرَ ذَلِكَ. وَقَالَ مَعْنَاهُ الطَّبَرِيُّ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَإِنْ آنَسْتُمْ مِنْهُمْ رُشْداً «٢» " [النساء: ٦] أَيْ عَلِمْتُمْ. وَقَالَ الشَّاعِرُ: آنَسَتْ نَبْأَةً وَأَفْزَعَهَا القن ... - اص عصرا وقد دنا الإمساء
(١). راجع ج ١٠ ص ٢٠٠ فما بعد. (٢). راجع ج ٥ ص ٢٦.

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